Le Majordome / The Butler


Il a fait un carton dans les salles obscures américaines, il a même fait pleurer Barack Obama en personne, il a ainsi un excellent coup marketing que les médias ne cessent d’amplifier mais il est considéré par le fils de Ronald Reagan comme un véritable « tissu de mensonges ». Comme vous pouvez le constater, « le majordome » fait beaucoup parler de lui. Mais le buzz ne nous renseigne en aucun cas sur la qualité de ce film réalisé par Lee Daniels. C’est pour cette raison que nous nous sommes précipités dans les salles de cinéma, afin de répondre à cette question toute simple mais néanmoins importante : « Le Majordome » est-il un film de qualité ?

le-majordome-the-butler-11-09-2013-16-08-2013-18-g

« le majordome », c’est avant tout trois histoires en parallèle, qui évoluent ensemble : celle des présidents des Etats-Unis d’Amérique de Eisenhower à Reagan, celle du combat des droits civiques et enfin celle d’un majordome de couleur noire travaillant à la Maison Blanche. Ces histoires se mêlent, et s’entremêlent pour ne former finalement plus qu’une : celle des Etats-Unis, de 1920 à 2008. Le problème est que tout cela est mal exploité. En lisant le titre du film le spectateur pense qu’il a affaire à une histoire dévoilant l’organisation, l’intimité de la Maison Blanche ainsi que les relations entre de simples employés et la personne la plus importante de l’Etat alors qu’en fait, ce genre de chose passe en second plan. Trop peu de scènes nous dévoilent cette intimité, ce qui peut décevoir un bon nombre de spectateurs. Au final, les présidents ne sont que de simples figurants et forment alors dans ce film qu’une toile de fond, face à la vie privée du majordome, alors prépondérante mais souvent inintéressante, car trop fictive. D’autant plus que les sujets abordés comme les problèmes conjugaux, les relations parents/enfants, qui sont justement des sujets qui peuvent être intéressants pour le spectateur, ne sont pas bien traités. Ici, on ne rentre pas assez en profondeur dans ces sujets, il n’y a pratiquement aucune réflexion qui s‘en dégage.  Nous avons donc l’impression que le film est une succession banale, une simple narration de faits historiques et personnels. Trop de sujets, trop de pistes abordées pour si peu de profondeur.  

le-majordome-the-butler-11-09-2013-16-08-2013-5-g

Cela nous amène à dire que « le majordome » est un film bien trop timide, bien trop consensuel, destiné à plaire à un trop large public. L’équipe du film n’a pris aucun risque. Même dans le combat des droits civiques qui nous est largement décrit tout au long du film : Pas de parti pris, pas de scènes polémiques ou qui dénoncent avec force et dérangement. Le spectateur a le sentiment de regarder quelque chose de déjà vu et revu, alors qu’il aurait aimé découvrir un nouveau point de vue, une autre manière de raconter ces événements.

Mais attention ! Tout cela ne fait pas du « majordome » un mauvais film. Le résultat est correct, même plus que correct ! Le spectateur garde surtout en tête le fait que cette œuvre cinématographique met en avant l’héroïsme, le courage de toute une partie de la population pour faire évoluer leur situation. Aussi, du point de vue historique, nous pouvons dire que « Le majordome » est une sublime fresque qui nous emporte dans tout ce qu’il peut se passer en une seule vie, toute l’évolution que peut connaitre un pays en si peu de temps. Il comporte avant tout de très belles scènes, souvent émouvantes. D’autant plus qu’il est toujours bon de rappeler des faits historiques comme ceux-ci…!

Pour ce qui est de la réalisation, elle reste classique, certes, mais elle est soignée et correcte. Les acteurs sont quant à eux très bons. Forrest Whitaker nous prouve qu’il est un excellent acteur (comme d’habitude…!) et la présentatrice Oprah Winfrey est convaincante. Cela sent l‘Oscar…! C’est aussi un plaisir de revoir Robin  Williams même si son apparition est bien trop courte !

Pour résumer dans son ensemble, « le majordome » est un bon film, même si nous regrettons le fait qu’il n’entre pas réellement au cœur des sujets abordés et que le résultat reste tout de même ultra-consensuel, principalement fait pour attirer un maximum de personnes. D’autant plus que la course aux Oscars est flagrante et finit par dégoûter  « le majordome » est donc ce genre de film comportant de très bons moments, et d’autres qui auraient mérité plus de travail et d’approfondissement.

NOTE : 14/20, pour un film qui avait pourtant le potentiel d’avoir un 18/20.

Par Stanislas  Lefort

Source images : toutlecine.com

______________________________________________________________________________________________

It was a success in the dimly lit american cinemas, it even made Barack Obama himself cry, it has an excellent marketing stunt that the medias accentuate but Michael Reagan considers it as a true  »a bunch of lies ». As one can notice it, ‘The Butler’ is drawing attention. But the buzz doesn’t inform on the quality of that movie produced by Lee Daniels. That’s for that reason that we rushed into the cinema, to answer this simple but important question: Is ‘The Butler’ a good movie ?

‘The Butler’, is first of all three parallel stories that evolve together : the story of the presidents of the United States of America, from Eisenhower to Reagan, the story of the fight for the civil rights and at last the story of the black skinned butler working at  the White House. These stories get mixed up to form finally only one : the story of the United States from 1920 to 2008. The problem is that everything is misused. By reading the title of the movie, the cinema goer thinks it is a story that focuses on the organization, the intimacy of the White House as well as the relations between simple employees and the most important person of the State, whereas it is not really the case. There is a lack of scenes that reveal this intimicy, which can disappoint many viewers. Finally, the presidents are nothing more than simple walk-on parts to form a background compared to the private life of the butler, taking a front seat role but often uninteresting as it is too much fictitious. All the more, the topics tackled are quite commons (marital conflicts, relation parents/ children) and this way can be very uninteresting. In this movie, the topics are not much explored and there is no reflexion emerging from it. Thus, we have the impression that the movie is a banal succession, a simple narration of historic and personal events. 

That’s why we think that  »The Butler » is a way too shy and consensual movie, which aims to please a large public. The crew of the movie didn’t take any risks. Even in the fight for the civil rights is considerably described all along the movie: no stance, no controversial or greatly denouncing scenes, the member of the audience has a feeling of déjà-vu, whereas he would have liked to discover a new point of view, another way of relating these events.

But beware! All of these don’t make « The Butler » a bad movie. The result is correct as a whole ! The viewer mostly keeps in mind that this cinematic work highlights the heroism, the courage of the population to change their situation. « The Butler » is a sublime fresco that takes us in the history, in all the events that can happen in a single life, all the evolution that might reach a country in a short period of time.

Moreover, it is always good to remind historic events like those. As for the production, it remains classic indeed, but it has been taken care of . The actors are, for their part, really good. Forrest Whitaker reveals being an excellent actor and the anchorwoman Oprah Winfrey is convincing. It was also a pleasure to see again Robin Williams, even if his appearance is too brief.

To resume, « The Butler » is a good movie, even if we regret that it doesn’t really explore the topics tackled and that the result remains very consensual. It seems to be a movie which was mainly produced to attract as many people as it can. What is more, the race for the Oscars is obvious and ends up by being disgusting. The Butler is therefore, a movie which includes very good moments, and others which would have deserved to be more explored.

Traduction by Maeva C.

Publicités