FIFIB 2020 : une oasis de lumière dans une année sombre


Dans des périodes complexes et obscures, la culture peut s’avérer être un véritable moyen d’évasion et d’enrichissement, un rempart face aux troubles, où comme l’ont si bien dit les fondatrices du FIFIB cette année, une oasis de lumière. Retour sur une semaine pas comme les autres, qui a été une petite bouffée d’oxygène salutaire.

Comme nous en avions parlé dans notre article publié avant le festival, le programme était alléchant et nous avions hâte de découvrir cette nouvelle édition à la fois pour le contenu de sa programmation mais aussi pour voir ce que cela donnerait dans le contexte de cette année particulière.

Une chose est sûre, la programmation a dans l’ensemble été à la hauteur de nos attentes avec de belles surprises, comme toujours des découvertes intéressantes, des films nous laissant plus sceptiques (voire passablement énervés pour l’un d’entre eux), et des cartes blanches permettant de voir ou revoir de grands classiques, parfois méconnus, sur grand écran. C’était en tout cas cette année plus que jamais une opportunité plus qu’appréciable de laisser le réel en dehors de la salle de cinéma et d’ouvrir d’autres fenêtres sur notre monde, ou sur d’autres mondes, d’autres ailleurs.

Nous retiendrons dans la programmation des longs métrages particulièrement certains films, que nous ne citerons qu’en partie. On pense par exemple à Teddy de Ludovic et Zoran Boukherma, une comédie de loup-garou dans le Lot-et-Garonne drôle, décalée, surprenante et audacieuse, mais aussi Passion simple de Danielle Arbid, splendide adaptation du roman éponyme d’Annie Ernaux. Et enfin, The best is yet to come de Wang Jing, un magnifique film basé sur une histoire vraie qui mérite des éloges sur sa réalisation, son scénario, ses comédiens et comédiennes, ses lumières, ses couleurs, … En bref ce film nous a tous beaucoup plu, nous a ému et nous a marqué par son intelligence, son audace et la force de son propos, nous aurions pu consacrer l’article entier à en parler.

Nous retiendrons aussi Vaurien de Peter Dourountzis mais pas pour des raisons aussi élogieuses, bien au contraire. Si nous aurions pu trouver une longue liste de qualités pour le film de Wang Jing, nous en avions une bien plus longue de critiques à l’égard de ce film, tant le décalage entre les propos de son réalisateur, intarissable pendant la séance de questions/réponses, et le film que nous avons vu était grand. Un film qui s’embourbe à vouloir traiter trop de sujets pour finalement n’en traiter presque aucun, à part de manière caricaturale, et simplement nous donner la sensation de légitimer la violence animale de son personnage principal pour lequel il est difficile d’éprouver la moindre empathie et qui ne nous semble parfois même pas crédible.

Du reste, nous avons trouvé la programmation de cette année très bonne, peut-être une de nos préférées depuis que l’on suit le festival. Si nous avons été bien triste de l’absence du Village Mably et de ses soirées festives, passage incontournable du FIFIB, nous avons eu la chance d’avoir deux bons films en ouverture et en clôture, des cartes blanches et des focus qui nous ont permis de compenser la partie fête par des moments de cinéma qui nous ont semblé être des petits moments de fête dans une période sombre. On vous encourage d’ailleurs vivement à foncer en salles à la réouverture pour découvrir ADN de Maïwenn et L’Origine Du Monde de Laurent Lafitte.

On aurait encore fort à dire sur cette très belle édition et ce chouette festival, qu’on espère retrouver dans des conditions normales et avec son Village Mably pour fêter ses 10 ans l’an prochain. On vous laisse avec le palmarès de cette année, et avec tous les contenus que vous pouvez retrouver sur https://fifib.com/ et sur les réseaux sociaux !

Par Jérémy Mercier.