« AVA » ou l’urgence de vivre


ava

Noée Abita dans AVA, de Léa Mysius

AVA est un premier long métrage fortement habité par la région Nouvelle-Aquitaine. La réalisatrice Léa Mysius dont l’ « enfance est profondément ancrée dans ses paysages » et pour qui « il n’était absolument pas envisageable (…) d’aller tourner ailleurs » [pour en savoir plus, cliquer ici], a usé des paysages du Médoc afin d’illustrer son histoire.

C’est sur une plage du Sud-Ouest saturée de corps colorés que s’ouvre le film jusqu’à ce qu’un grand chien noir vienne la traverser et contraster la lumière vive du soleil pour venir piquer dans la barquette de frites d’une jeune adolescente qui dore au soleil.

Cette adolescente c’est Ava, 13 ans, moue boudeuse et réservée à qui on annonce de façon brutale, dans l’insouciance de son été, qu’elle va perdre la vue bientôt. Pour la jeune fille, son constat est sans appel, celui de n’avoir rien vu de beau,  il y’a donc urgence de vivre et de développer ses autres sens. En effet, plus rien ne la retient, surtout pas sa mère étouffante, fofolle et égoïste. Car AVA est un film en deux temps, dont le rythme s’accélère à mesure que la vue d’Ava décline. La protagoniste, à la découverte de sa sexualité et de sa sensualité, prend pleinement conscience de son corps au fond d’un bunker délabré avec pour toile de fond l’océan. Accompagnée de son nouvel amant sauvage aux cheveux noir de jais, elle s’engage dans un Bonnie & Clyde 2.0 médoquin.

 Le spectateur est transporté dans un mini road trip jubilatoire, une véritable ode à la liberté portée par des personnages hauts en couleur, les images sombres se succèdent sans jamais triompher et nous sortons de la salle de cinéma avec une rage de vivre insatiable et l’envie irrésistible de s’enduire le corps d’argile.

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Bande-annonce de AVA, film de Léa Mysius avec Noée Abita, en salles depuis le 21 juin :

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Par Mélody Bousseton

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