« ROCK’N’ROLL », un paquet d’autodérision chez les Canet/Cotillard


Guillaume Canet revient devant et derrière la caméra en compagnie de Marion Cotillard pour nous partager une réflexion pleine d’autodérision sur le métier d’acteur et l’image publique. 

ROCK N ROLL

Guillaume Canet en mode ROCK’N’ROLL dans son nouveau film ©Jean Claude LOTHER [2017] LES PRODUCTIONS DU TRESOR – PATHE PRODUCTION – M6 FILMS – APPALOOSA CINEMA – CANEO FILMS

C’est un film où ils jouent tous leur propre rôle. Gilles Lellouche, Johnny et Laeticia Hallyday, Yvan Attal et surtout, en tête d’affiche, Marion Cotillard et Guillaume Canet, ce dernier étant aussi à la réalisation, quatre ans après la sortie de BLOOD TIES, son thriller-remake made in USA des LIENS DU SANG. Dans ROCK’N’ROLL, notre coqueluche du cinéma français est en pleine crise de la quarantaine. Obnubilé par son image qu’il juge ringarde et sans sex-appeal après les révélations d’une jeune actrice, notre cher Guillaume décide de changer, sous le regard impuissant de sa femme, de son fils, de ses amis.

Bien qu’il y ait une très grande part de fiction, on suit l’intimité de l’acteur, de son couple, sa vie de tous les jours. Avec beaucoup d’amusement, les acteurs principaux nous livrent leur quotidien dans des séquences parfois drôles, souvent insolites, ou bien surprenantes. Témoins de la descente en enfer de l’un de nos chouchous du cinéma, on rit des idées toujours plus extravagantes qu’il arrive à nous pondre.

En enlevant tout strass, toute paillette, toute superbe, Guillaume Canet nous offre une sorte d’envers du décor, donne par conséquent beaucoup d’authenticité, et donc de réalisme aux situations qu’il met en scène. En ce sens, tout nous parait si vrai qu’on en oublierait presque que c’est un film.

Mais derrière la drôlerie et le haut-degré d’autodérision, Guillaume Canet apporte une réflexion sur le métier d’acteur, l’évolution d’une carrière, la jeunesse qui passe et l’image publique. C’est d’ailleurs cela qui est le plus intéressant dans cette satire gentillette qui semble très simpliste seulement aux premiers abords. Car c’est très fort, et c’est même courageux que de se mettre en scène devant la caméra sans le masque d’un personnage pour développer ce sujet et y mettre un bon petit coup de pied. On assiste donc à la remise en cause artistique et existentielle quasi-perpétuelle d’un acteur ici en baisse de régime, à la pression des producteurs, au poids de la sphère médiatique (journalistes, paparazzis mais aussi anonymes qui peuvent créer le bad buzz), ainsi qu’aux coulisses d’un tournage avec les liens qui unissent acteurs, techniciens, réalisateurs.

Dépassés par la critique, se moquant d’eux-mêmes et de ce que les autres peuvent bien en penser, tous les participants du film – la bande d’amis à Canet ! – semblent heureux, très heureux d’en faire partie, et n’hésitent pas à donner de leur image pour ce film justement basé sur l’image. En tête, Marion Cotillard évidemment, mélange de délire et de sobriété, jusqu’à installer le doute entre une vraie Marion ou une Marion fictive. C’est d’la dérision, c’est d’la rigolade, c’est des messages, c’est sympa. Manque peut-être juste un peu de rock’n’roll…

Découvrez la bande-annonce du nouveau film de Guillaume Canet, prévu en salles le 15 février 

Par Yohann Sed

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