SNOWDEN, l’alerte citoyenne du biopic d’Oliver Stone


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Oliver Stone a encore frappé. Le réalisateur américain, connu pour son avis très acidulé voire piquant sur son pays qu’il ne s’empêcher pourtant d’aimer, s’attaque au FBI, à la CIA, et plus précisément à la NSA pour dénoncer une inadmissible entrave aux libertés fondamentales. Son biopic SNOWDEN revient sur le parcours de l’un des plus célèbres lanceurs d’alerte de ces dernières années, Edward Snowden. Cet homme âgé de 33 ans seulement avait révélé en 2013 que les Etats-Unis d’Amérique surveillent massivement la population mondiale, jusqu’à s’immiscer dans nos vies sans qu’on le sache et que l’on s’en rende compte. Le parti pris du réalisateur de Platoon est donc total, et ne laisse aucunement à la « voix officielle » le moyen de justifier cette méthode jugée dans le film comme liberticide et terrifiante.

On peut reprocher l’héroïsation de cet homme caractérisée à l’écran par l’apparition du « vrai » Ed Snowden, prenant ainsi la place de l’acteur Joseph Gordon Lewitt qui l’incarne. Ou même, symbolisée par la vision de l’américain fier des principes de son pays mais attristé par le saccage qui en est fait. Mais on ne peut que saluer cette retranscription marquante, prenante et instructive des faits qui ont mené ce jeune homme, entre 2004 et 2013, à dévoiler cette manigance secret-défense et à devenir complètement déçu de son pays. De par son aspect documentaire, SNOWDEN est alors cruellement intéressant et civiquement important parce qu’il raconte l’histoire que beaucoup ne connaissent que dans les grandes lignes, et aussi parce qu’il offre de très nombreuses pistes de réflexion : La surveillance de masse est-elle est un bienfait ou une malversation ? Quels sont les pour et les contre ? N’est-ce pas là la naissance du fameux Big Brother ? Quel est le rôle du citoyen dans tout cela ?

Si tout cela parait froid, technique et « prise de tête », la mise en scène ne permet pas à ces aspects de trop s’imposer dans le film, bien au contraire. Car en suivant un moment de la vie du lanceur d’alerte, rien ne nous est épargné ou mis sous silence : certes sa vie professionnelle est prégnante, mais la vie de couple prend également une place très importante dans le fil conducteur de l’œuvre. Et le spectateur se retrouve bien plus aspiré par l’histoire d’amour qui est racontée que par les dénonciations du système lâchées en filigrane tout au long du récit ! Les sourires de Shailene Woodley y sont pour beaucoup, cette actrice apportant beaucoup de tendresse, de douceur et de charme à ce film. Impossible également de passer à côté de l’interprétation de Joseph Gordon Lewitt, qui nous ferait presque oublier qu’il est acteur tellement il arrive à se fondre dans la peau du rôle-titre de ce film profondément citoyen qui scandalise tout autant qu’il émeut.

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