« IRIS », ce polar moyen sauvé par ses perpétuels twists narratifs


Romain Duris et Charlotte Le Bon dans le nouveau de Jalil Lespert, « IRIS »

Bien que sa forme reste ultra-convenue et qu’il est difficile de ne pas nier les scènes beaucoup trop appuyées et parfois invraisemblables, le nouveau film de Jalil Lespert (Yves Saint Laurent) arrive à intéresser le spectateur jusqu’à sa fin parce qu’il ne cesse de retourner les situations. Film sur la manipulation, IRIS est un twist perpétuel dans lequel chaque personnage devient tôt au tard, et à tour de rôle, le pion des autres. Dans les jeux de séduction, d’élégance, de chantages et de dilemmes, se mélangent soumission et domination, celle-ci allant même jusqu’à trouver sa source dans les fantasmes les plus inavouables.

Initialement, IRIS est l’histoire d’une femme, Charlotte Le Bon, qui demande à un inconnu (Romain Duris) de simuler son enlèvement pour qu’elle puisse enfin fuir de son mari, un riche banquier incarné par le réalisateur également acteur Jalil Lespert. Mais l’on comprend très vite que la manigance est louche, et que tout est en fait qu’une histoire de duperie… et d’un plan macabre voué à l’échec. Respectant forcément les codes du thriller, il faut évidemment attendre la scène finale pour savoir lequel de ces trois sujets a gagné la partie.

Charlotte Le Bon, elle que l’on voit souvent dans les rôles de la jolie nana pétillante, prend dans ce film des airs de femme fatale, exhibe les atouts de son physique pour les mettre au service de son jeu, assez intéressant parce qu’enfin différent de ses autres films. Fronçant les sourcils et grinçant des dents constamment, Romain Duris ne livre pas une performance des plus abouties, une sorte de « Ryan Gosling dans Drive » bas-de-gamme qui arrive toutefois à s’en sortir. Un peu, comme ce film finalement qui, malgré ses défauts, reste dans la tradition des bons polars à la française.

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Par Yohann Sed

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