« Réparer les vivants », la mécanique de la vie


L’adaptation cinématographique du roman Réparer les Vivants nous plonge dans la plus bouleversante des réalités : le don d’organe après la vie et pour la vie. 

REPARER LES VIVANTS

Le jeune acteur Gabin Verdet, dans le rôle de Simon

C’est au petit matin, après une virée sur les vagues de Normandie que le destin de Simon (Gabin Verdet) bascule à tout jamais. Maintenu en vie grâce aux machines, ses parents décident au moment des adieux de lancer la procédure du don d’organe…

En adaptant le roman de Maylis de Kerangal, la réalisatrice Katell Quillevère rappelle dans Réparer Les Vivants la magie de la médecine où, à la manière de bricoleurs, les chirurgiens collent et réparent, se servent de la mort pour rafistoler la vie. Il y a quelque chose d’assez mécanique, c’est vrai, dans le rapport à l’être, au corps, et à l’organe, dévoilant le sang-froid obligé des personnes travaillant en milieu hospitalier, dont l’existence des patients ne tient qu’à peu de choses, sinon à leurs mains. C’est presque leur rendre hommage, en se focalisant en détails sur la prise en charge du patient, le dispositif médical mobilisant une communauté qui fourmille au service de la vie. Ils ont des rôles d’accompagnateurs, d’anges, de bourreaux, ou de mécaniciens.
Malgré tout, la réalité de la vie, de sa violence et de ses émotions n’est pourtant pas mise de côté, car justement, malgré la mort, la vie elle, continue. C’est au fond ce qu’il y a de plus bouleversant, de plus dur et de plus fort dans ce film. Le spectateur ne peut donc s’empêcher de flancher, de se laisser porter dans l’émotion la plus sanglotante face à la douleur des parents, à la soudaineté du destin, à la solennité des adieux. Les flashbacks de tous ces moments de jeunesse, de gaité, d’espoir et d’amour poussent un peu plus l’émotion vers l’extrême. 
Réparer les Vivants pêche néanmoins dans des séquences peut-être un peu trop appuyées, souvent accompagnées par la musique d’Alexandre Desplat. Les choix de casting laissent également songeurs : Emmanuelle Seigner ne convainc pas, tandis que le rôle d’Alice Taglioni n’apporte rien au récit.
Il n’empêche que le pouvoir de Réparer Les Vivants reste celui de nous ramener à une vérité que l’on oublie parfois un peu trop : rien de plus fragile mais de plus beau que la vie.

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BANDE-ANNONCE DU FILM « REPARER LES VIVANTS » de Katell Quillevère. Avec Emmanuelle Seigner, Tahar Rahim, Bouli Lanners, Anne Dorval, Alice Taglioni. Sortie en salles le 1er novembre. 

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