OCEAN CLIMAX 2016 – Papooz se la joue décontracte’


Lors de l’Ocean Climax Festival, le groupe Papooz a rencontré l’équipe de Super Bobine avant de faire le show sur scène. L’occasion de faire les présentations, de parler inspirations et création, d’évoquer leurs perspectives d’avenir et de leur ressentiment avant chaque concert…Armand et Ulysse du groupe Papooz sur la pochette de leur album

Armand et Ulysse du groupe Papooz sur la pochette de leur album « Green Juice », sorti le 6 juin dernier

Ocean Climax : Jour 1, Jour 2, Jour 3

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EN GUISE DE PRESENTATION
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Super Bobine : Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Armand : Alors moi c’est Armand [il se tourne vers son coéquipier], lui c’est Ulysse [rires]. Et on vient de Paris. Notre basse-batterie vient du Cap Ferret.

Vous faites une musique très ensoleillée, avec une ambiance cool et tranquille. Comment vous pourriez donc définir votre style ?

Armand : On avait trouvé un terme à la c** : on avait dit que c’était du « Tropical Garage » lorsqu’on avait sorti notre premier EP parce qu’on l’avait fait sur ordinateur sans aucune carte son, vraiment à l’arrache. Et ça a refleté nos influences un peu Bossa Nova, et le logiciel que l’on utilisait un peu à l’époque, c’est à dire Garage Band. Et sinon, on fait de la pop music en anglais !

On y retrouve également beaucoup de sonorités très années 1960 voire 1970. Je suppose qu’il doit y avoir pas mal d’influences de ce côté-là aussi…


Ulysse : On est forcément influencés par nos goûts, déjà. Mais ouais bien sûr, les musiques des années 60 et 70 nous ont clairement marquées. Tous les groupes pop et de rock de ces années-là, qui restent en nous. Mais on écoute de tout, et on mélange de tout. Quand on dit que c’est de la pop, cela signifie que c’est la liberté de pouvoir mélanger tous les styles et d’en faire une chanson un peu différente, qui ne soit pas dans un style typique. Sur l’album, il y a peut-être le morceau « Chubby Baby » qui sonne jazz mais sinon, cela mélange toujours plusieurs genres comme « Ann Wants To Dance » qui mélange le Bossa Nova et un peu le groove. Bref, c’est un mélange de tout ça, avec la musique tropicale, la pop des années 60-70, le jazz, la soul, parfois la musique funk… Mais jamais tomber dans un genre typique…

…pour ne jamais être cloisonné dans un style !

Ulysse: Oui, parce qu’on est pas des puristes, hormis la pop !

Puisque vous êtes un groupe, comment cela se passe au niveau de la création ? Vous cherchez tous les deux en amont ou c’est chacun de son côté ?

Ulysse : Il n’y a aucune règle prédéfinie, ni un mode de fonctionnement qui se répéterait à chaque fois. Au début avec Armand, on composait beaucoup à deux. Cela nous arrive encore, mais avec le temps – puisqu’on bosse de plus en plus – on a la possibilité encore de composer seul. Donc on compose seul, on se rectifie, on corrige, on se relit à chaque fois. Mais en tout cas, cela va toujours repasser par nous deux, et le socle de la chanson est véritablement la grosse structure. Puis on l’amène au groupe, on répète et on va commencer à ranger la basse, la batterie, les claviers, faire un petit arrangement de groupe. Mais d’abord, la mélodie et les paroles, c’est toujours nous deux.

Et puis, on a l’impression que le live vous anime énormément, car même votre album Green Juive a été enregistré en live !

Ulysse : On a voulu faire tout live, sans métronome, et on a pu faire tout dans la même pièce et faire à peu près comme on ferait en live sur une scène. Après, on a évidemment rectifié des choses. Puisqu’on a séparé les pistes, on a pu le produire à notre manière.

On a tout fait dans la maison de vacances de mes parents au Cap Ferret, en live, pour garder cet esprit frais, pas trop surproduit, pas trop parfait, ni aseptisé. Car peut-être qu’on ne sait tout simplement pas parfaitement le faire et qu’on le ferait donc d’une mauvaise manière. Ce sont aussi nos managers qui nous ont poussé à faire ça, je trouve que c’est une bonne chose. C’est cool !

Par rapport au Cap Ferret, on peut supposer que cet environnement vous a indirectement inspiré, non ? Car c’est très ensoleillé…

Ulysse : Les chansons, c’est toujours sur quelque chose que l’on a envie de dire. Donc on peut être n’importe où. Il y a beaucoup de chansons qui ont été écrites à Paris, et puis à vrai dire, l’album a été fait en plein hiver, donc dans un esprit plus japonais, froid, que Cap Ferret tu vois ! [rires] Mais au final, on adore les musiques ensoleillées, que ce soit en hiver, en automne ou en été. On les jouera quand même et on les écoutera quand même malgré les saisons. Donc c’est évidemment quelque chose qui nous ressemble : on aime les musiques joyeuses, les choses qui soient cool et heureuses.

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GREEN JUICE, SOKO ET PERSPECTIVES D’AVENIR
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Maintenant que votre album est sorti en juin dernier, quelles sont vos perspectives d’avenir ?

Armand : Là, on est en tournée pour encore six mois. Et après, on va vite enregistrer un deuxième album.

Ulysee : Le but serait d’enregistrer un album, et même si c’est peut-être un peu prétentieux, on aimerait qu’il soit là avant l’été prochain pour qu’on puisse tourner pour les festivals d’été et d’hiver prochains. On a beaucoup de morceaux et on a hâte de les faire, tout en essayant de ne pas mettre deux ans de faire un album !

Parce que justement, vous avez mis beaucoup de temps à faire votre premier album !

Ulysse : L’album en soit, pas vraiment. A partir du moment où on a décidé de le faire, cela nous a pris six mois à l’enregistrer. Mais après, il faut prendre en compte le temps de le mixer, le remixer, faire les pochettes et tout ce genre de choses. Et après, il y avait un clip, donc tout se retardait.

Et en parlant du clip [Celui de « Ann Wants To Dance], vous l’avez tourné en Grèce… Ca va, ce n’est pas trop « dégueu » comme cadre [rires] !

Armand : Ouais ! [rires]

Ulysse : Oui, mais tu sais, on l’a fait avec très peu de budget le clip. En fait, nous sommes allés en Grèce malgré nous car la réalisatrice Soko était là-bas. Elle n’avait que trois jours de day-off parce qu’elle tournait un film, alors nous en avions profité pour tourner le clip, et nous n’avions pas trop le choix de partir là-bas. C’était bien parce que c’était en Grèce mais malheureusement il n’a pas fait beau tous les jours comme on le voit dans le clip d’ailleurs mais oui, nous étions très heureux d’y aller !

Comment s’est faite cette rencontre avec Soko ?

Ulysse : C’est notre manager qui la connaissait déjà, et on voulait qu’elle fasse notre clip. Et en fait, Soko avait déjà écouté nos morceaux et avait évoqué son souhait de tourner des vidéos pour nous, donc tout s’est dégoupillé parfaitement !

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L’OCEAN CLIMAX ET LA SCENE
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Comme vous le savez, vous êtes ici à l’Ocean Climax qui se veut être un festival très engagé. Est-ce que selon vous tout artiste se doit, justement, d’être engagé ?

Ulysse : Pour moi, instinctivement non. Un artiste fait ce qu’il veut. Nous on ne l’est pas, on ne passe aucun message politique sur nos concerts. On essaye juste d’être heureux, de s’amuser et de rendre aussi les gens heureux au lieu de les marteler avec d’autres idées. On laisse cela aux Politiques ou aux autres. D’autant plus qu’on ne sait peut-être pas bien le faire, alors notre but premier est seulement de faire de jolies choses.

Dans quelques heures, vous allez faire le show sur l’une des scènes de l’Ocean Climax, quel est votre état avant de rentrer sur scène à chaque fois ? Toujours très cool, ou plutôt hyper stressé ?

Ulysse : C’est un doux mélange entre des états où l’on a envie d’être détendu, mais avec un stress qui revient. Sur les premiers concerts, nous étions très stressés. Maintenant, nous le sommes nettement moins, même si le stress est encore un peu là. Mais tant mieux ! Car c’est l’excitation, c’est l’adrénaline. Ma prof’ de théâtre me disait «  si tu n’es pas stressée, c’est que tu n’as de talent », donc je suis heureux d’en avoir encore un peu à chaque fois ! [rires]

Armand : Cela dépend vachement du cadre. Quand tu es à Mulhouse dans une cave, tu peux être un peu plus stressé, mais là c’est magnifique ! On s’est baigné ce matin, on a un mobile-home de couleur, moi je suis ravi ! [rires]

Un grand merci à Armand et Ulysse du groupe Papooz !

CET INTERVIEW SERA DIFFUSE PROCHAINEMENT SUR RADIO CAMPUS BORDEAUX

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