la leçon de vie de « TONI ERDMANN »


Ayant reçu le prix de la critique internationale lors du dernier festival de Cannes, Toni Erdmann a  affolé toute la Croisette. S’il reste brillant, il ne mérite peut-être pas tout à fait les éloges que l’on a pu entendre…

Sandra Hüller et Peter Simonischek

Toni Erdmann, c’est l’histoire d’un père qui – de façon tout à fait inattendue – va rendre visite à sa fille dont le quotidien se résume en un mot : « boulot ». Après quelques jours, il se rend compte qu’elle n’est peut-être pas si heureuse qu’elle le prétend être, et lui réserve ainsi, au moment de son supposé départ, une curieuse surprise…

La réalisatrice Maren Ade prend le temps pour dépeindre un quotidien qui nous parle parce qu’il est d’un réalisme total, et peut-être même qu’il ressemble un peu à beaucoup d’entre nous.
Si le film collectionne longueurs et flottements sans jamais vraiment ennuyer, c’est surtout pour décrire la banalité d’une existence sans réel objectif, d’une vie sans « sens ». Mais aussi, pour donner aux séquences inattendues une formidable intensité. Car ce film est ponctué d’un certain nombre de lueurs drolatiques et imprévisibles.

Doté d’un humour pince-sans-rire, cynique et aucunement maniéré, Toni Erdmann a de quoi faire exploser de rire le spectateur qui s’imagine bien vivre la même chose dans sa réalité à lui. Mais attention, ce n’est pas pour autant une comédie, loin de là. A vrai dire, Toni Erdmann ne rentre dans aucune case, et c’est d’ailleurs ce qui fait son originalité et explique sans doute son pouvoir de se démarquer des autres films du moment.

Quoi qu’il en soit, derrière le délire se cache une jolie petite leçon de vie. Celle qui fait comprendre que l’on est facilement absorbé par les impératifs du quotidien sans jamais vraiment prendre le temps de s’épanouir et de donner un sens véritable à la vie.

A côté de cela, Toni Erdmann exploite les rapports père/enfant de manière faussement simpliste en mettant l’accent sur leur complexité et leurs caractéristiques universelles. Et en montrant qu’à n’importe quel âge, l’enfant peut encore apprendre des parents…

Alors certes, c’est un très beau film. Mais de là à en faire tout un plat… Cela reste encore à débattre. 

BANDE-ANNONCE DU FILM « TONI ERDMANN » DE MAREN ADE

par Yohann Sed

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