« LE MONDE DE DORY » – Un Pixar qui sent le réchauffé


Pixar donne enfin une suite à l’un de ces plus gros succès, Le Monde de Nemo, intitulée tout simplement Le Monde de Dory. Malheureusement, le studio d’animation nous a habitué à mieux… beaucoup mieux.

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Il fut un temps où la sortie d’un film d’animation Pixar s’attendait longuement. Maintenant, à peine on se remet du précédent que le nouveau est déjà sorti. C’est ainsi que l’été dernier nous avions eu droit à l’époustouflant Vice-Versa, à la fin de l’année 2015 au médiocre Voyage d’Arlo, et depuis ce 22 juin au Monde de Dory. Faisant suite au phénoménal succès Le Monde de Nemo sorti en 2003, ce nouvel opus permet de retrouver nos deux poissons-clowns préférés Marin et Nemo dans une toute nouvelle aventure. Cette fois-ci, c’est leur amie amnésique Dory qui est au centre des attentions. Vous savez, ce joli petit poisson bleu et jaune qui ne se souvenait de rien, pas même de ses origines ou de sa famille ! Son problème était par ailleurs si grand qu’elle ne n’arrivait plus à savoir ce qu’elle cherchait… Mais voilà, ici, elle se rappelle miraculeusement enfin que depuis de très nombreuses années, elle recherche tout simplement… ses parents !

Le Monde de Dory tient surtout sa légitimité du fait qu’il permette de comprendre un peu plus la personnalité de ce poisson un poil excentrique, et évidemment, de connaitre les points essentiels de son histoire. Par exemple, sa fameuse chanson « Nage droit devant toi » ne vient certainement pas de nulle part et a sa propre signification, tout comme le langage des baleines qu’elle connait si bien. Mais à côté de tous ces personnages qui nous sont maintenant plus que familiers, apparaissent des nouveaux tous aussi amusants qu’aventureux. Au milieu d’un trop-plein d’images dont la beauté n’a pas d’égal, s’enchainent des séquences qui nous feraient presque sortir le mouchoir et d’autres – bien majoritaires – assez cocasses et délirantes.

Mais dans un Pixar, on attend bien plus qu’une belle qualité d’images ou qu’une histoire rigolote et sympathique. On veut être surpris par son inventivité débordante et les thèmes qu’il explore avec une habilité imparable. Or, ici, ce n’est pas vraiment le cas. Certes, il y a des idées intéressantes, des séquences qui dévoilent tout le potentiel imaginatif des équipes Pixar, mais il n’y a quasiment voire carrément rien d’absolument inédit et de fantastique.
Là où les suites de Toy Story avaient cette faculté à explorer encore plus loin l’univers qui avait été créé dans le premier épisode, Le Monde de Dory n’arrive même pas à égaler Le Monde de Nemo. En d’autres termes, c’est du réchauffé sans véritable intérêt, et il est bien malheureux de constater que, pour un Pixar, la fameuse phrase « on prend les mêmes et on recommence » est bien valable.
Le Monde de Nemo était original parce qu’en prenant appui sur deux simples petits poissons, dans un océan vaste et hostile, il permettait de se questionner sur le dépassement de soi face à l’inconnu, l’adversité. Parallèlement, il explorait des sujets comme la parentalité, la famille, tout en mettant l’accent sur la responsabilité et la force des sentiments créés que cela incombe. Dans Le Monde de Dory, les situations sont tellement peu crédibles et trop faciles que ces thèmes, alors repris, tombe complètement à l’eau. Tout n’est qu’enchainement de gags ou d’actions farfelues qui ne permettent pas, ne serait-ce qu’un petit instant, de prendre véritablement au sérieux cette histoire. Alors, forcément, à peine on sort de la salle que l’on a déjà oublié ce que l’on vient de voir.
Evidemment, les quelques qualités évoquées permettent d’affirmer que Le Monde de Dory est un assez bon film d’animation. Mais les nombreux défauts nous font également dire qu’il est un Pixar moyen. Très moyen.


Bande-Annonce du Monde de Dory de Andrew Stanton. Avec les voix de Céline Monsarrat, Franck Dubosc, Kev Adams, Philippe Lellouche, Mathilde Seigner. Sortie le 22 juin. 


Par Yohann Sed

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