« LA LOI DE LA JUNGLE », y’a pas plus foutraque !


Un peu d’absurde dans ce monde de tarés ne fait pas de mal ! Ca tombe bien, car aujourd’hui sort sur nos écrans La Loi de la Jungle avec Vincent Macaigne et Vimala Pons. Foutraque et bordélique, il ne convainc cependant qu’à moitié. 

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Après s’être intéressé à La Fille Du 14 Juillet, Antonin Peretjatko affronte la Loi de la Jungle. Pour ce deuxième long-métrage, le réalisateur avait un objectif très simple, celui de tourner ailleurs qu’à Paris, et loin de la France métropolitaine. Lui qui est aussi l’un des scénaristes et dialoguistes de ce nouveau film, il avait alors choisi la Guyane, lieu totalement exotique mais dont on ne s’intéresse que trop peu. Tout en jouant sur les clichés et en donnant une image à la fois branchée et hostile de l’endroit, il raconte les péripéties de Marc Châtaigne (Vincent Macaigne), jeune stagiaire du ministère de la Norme dont la mission est de valider la construction du projet Guyaneige, selon les normes européennes. Arrivé sur place, rien ne se passe vraiment comme prévu, et notre pauvre bonhomme finit par se perdre dans la jungle avec Tarzan (Vimala Pons), une jolie nana aux airs nonchalants…

Mais si les personnages principaux s’égarent en pleine jungle, le réalisateur lui, s’est perdu durant l’élaboration de son film.« Foutraque » « bordélique » et « gonflant » sont les qualificatifs qui arrivent tout de suite à l’esprit lors du générique de fin de La Loi De La Jungle.

Ce n’est certainement pas l’originalité de l’oeuvre ni les nombreuses trouvailles gaguesques qui méritent des reproches, mais plutôt cet humour mal dosé qui empêche, par moments, au récit de souffler un peu. Tout avait pourtant presque bien commencé : malgré quelques maladresses plantées ci et là, l’atmosphère légère était séduisante, l’ambiance fun, son univers plutôt cool, ainsi que les situations souvent amusantes. Hélas, après une bonne grosse demi-heure, les gags deviennent ronflants et les scènes fatigantes. Le trop-plein d’absurdité finit par noyer le spectateur. Et puis, il faut le dire : enlever environ vingt minutes aurait sans nul doute permis à La Loi De La Jungle de garder son délice et son efficacité. Car vraiment, 1h40, c’est bien trop long pour un film dont on saisi très rapidement le but, puis qui finit par rabâcher constamment le même message.

Car a côté de la grosse dose d’humour, se cache la critique d’un bon nombre de travers de notre société. : le besoin de créer des normes partout et pour tout est fustigé, tout comme l’exploitation des stagiaires ou les projets grotesques d’une administration/bureaucratie coupée complètement des réalités… et du bon sens. Et il faut bien l’admettre, Antonin Peretjatko a cette façon habile et cinglante de dénoncer par le biais de l’absurde. L’autre bon point revient aux acteurs du film (Vincent Macaigne, Vimala Pons, Pascal Légitimus, Jean-Luc Bideau, Mathieu Amalric) qui, une fois de plus, n’hésitent pas à dévoiler tout leur enthousiasme devant la caméra.


Bande-Annonce du film La Loi de la Jungle, de Antonin Peretjatko. Sortie le 15 juin. Avec Vincent Macaigne et Vimala Pons.


Par Yohann Sed

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