« LES VISITEURS 3 » – ne révolutionne pas la saga


Si Les Visiteurs : La Révolution n’est pas la grosse merdasse que certains veulent nous faire avaler, ce troisième volet tant attendu ne mérite tout de même pas de trop grands éloges.

Christian Clavier et Jean Reno dans la suite tant attendue des Visiteurs

Christian Clavier et Jean Reno dans la suite tant attendue des Visiteurs

Cela fait plus de dix-huit ans que l’on attendait de savoir si Godefroy de Montmirail et Jacquouille La Fripouille allaient revenir pour de bon (et définitivement !) en l’an de grâce 1123. L’enjeu était de taille pour ce troisième épisode qui allait obligatoirement se faire descendre, tellement l’attente était trop importante : les gens en deviennent intolérants, et ce, quelle que soit la qualité du film…! Certes, après un premier volet très réussi (et maintenant culte donc intouchable !), un deuxième nettement moins bon, on pouvait avoir peur, très peur… surtout après tant d’années ! Finalement, quoi qu’en disent certains, les Visiteurs : La Révolution n’est pas la merdasse que l’on voudrait nous faire avaler.

Car il a tout de même des vertus, ce nouvel épisode. Les yeux se baladent dans un univers pas si déplaisant à regarder, aux beaux décors et aux couleurs joyeuses et lumineuses. Il y a un véritable soin porté à la réalisation, ce qui ne fut pas vraiment le cas pour Les Couloirs du Temps : Les Visiteurs II. Et puis, il faut dire ce qui est : nous sommes heureux quand cette musique reconnaissable entre mille se met à retentir, et que nous revoyons Christian Clavier et Jean Reno dans ces accoutrements qui nous sont si familiers. Oui, ils ont un peu vieilli, on le sait, mais que voulez-vous y faire ? Cela n’empêche pas les deux acteurs d’interpréter à merveille leurs personnages. D’autant plus que l’esprit est encore là. Le seul (gros) hic, c’est le scénario…

Les Visiteurs, c’est le voyage à travers le temps de deux gens du Moyen-Age, et qui essayent par-dessus tout d’y revenir, ou presque. Le grand regret pour les spectateurs est de constater que ce troisième volet  se perd pendant 1h30 (sur les 1h50…) dans la Révolution. Ce n’est seulement que dans la dernière partie du film qui se veut assez surprenante et – enfin ! – mouvementée, que l’on s’attarde vraiment sur le sort de Godefroy et de Jacquouille. Le reste ? Vraiment, on se contrefiche de savoir de ce qu’il se passe sous cette période révolutionnaire pour leurs descendants : nos deux héros, postés au second plan, laissent alors patauger toute une clique de nouveaux personnages dans des dialogues insipides, des scènes peu inspirées et finalement pas du tout utiles, mais également, une intrigue dont on ne comprend pas le sens véritable. Alors forcément, ça traîne, ça ne sait pas où ça va… jusqu’à créer des incohérences quelque peu grotesques. Et surtout – surtout ! – le spectateur attend les gags. Si on a pu reprocher au deuxième épisode d’en être bourré à en devenir totalement lourd et étouffant, cette suite n’en comporte que très peu. Et c’est l’emmerde.

On en ressort donc avec une grosse amertume parce qu’on voulait vraiment rire comme des gueux devant toute une ribambelle de péripéties délirantes, mais surtout intéressantes. Inexistantes, elles sont remplacées par tout un baratin qui ne mène à rien, et qui fait oublier le but principal, le cœur de l’histoire : faire retourner ces deux moyenâgeux dans leur temps !

L’erreur de cet épisode est de s’être enfermé beaucoup trop longtemps dans cette période révolutionnaire. Historiquement trop confuse, elle est surtout trop éloignée de notre époque actuelle pour que l’on puisse jouer avec les contrastes, ce qui fait pourtant la force et la richesse de la saga.

Finalement, l’intérêt du film réside dans sa toute fin. Mais avec la réception si outrageusement et injustement assassine de ce troisième opus, il est fort probable que nous ne connaissions JAMAIS la fin véritable de ce voyage à travers le temps : le reproche formulé à l’égard du numéro deux est donc le même que celui que l’on peut faire à cette suite… A moins d’attendre, encore, dix-huit ans ?

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Bande-Annonce des « Visiteurs : La Révolution ». De Jean-Marie Poiré. Avec Christian Clavier et Jean Reno. Sortie le 6 avril 2016.

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Par Yohann Sed

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