« FIVE », dans le mouv’ des jeun’s so 2010


Maladroit et vulgaire au possible, Five, ce film pour les jeun’s, arrive malgré tout à nous fait passer un petit moment sympa. 

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Idrissa Hanrot, François Civil, Igor Gotesman et Margot Bancilhon pour la présentation de leur film « Five » à Bordeaux, le 28 janvier 2016

C’est bien mignon de vouloir payer la quasi-totalité de la coloc’… encore faut-il en avoir les moyens ! Pierre Niney ne les as pas. Ou plutôt, ne les a plus ! Alors, en plus de le cacher à ses amis-colocataires, ce jeune homme un peu menteur sur les bords, décide de gagner de l’argent en… dealant. Ce qui amène un certain lot de cocasseries et de situations quelque peu insolites. 

Five, c’est ce genre de comédie générationnelle qui risque d’amuser certaines bandes de jeunes qui iront dans les salles de cinéma, dans un but tout aussi simple que celui de passer un agréable moment sans avoir à faire marcher le cerveau. Ils vont sans doute s’y retrouver, tant le film du jeune Igor Gotesman est particulièrement réaliste dans certains dialogues, quelques situations, et peut-être même, quelconque connerie. Car il bien le dire, avec sa volonté de faire cool, ses musiques assez vibrantes, son ton déconneur, Five a l’ambition d’être dans le mouv’ des jeun’s so 2010.

Il réussit, c’est vrai… Mais qu’à moitié. S’il s’adresse en particulier à un public jeune, il n’en représente aucunement TOUS les jeunes. Ici, place (encore une fois…) à une bande de jeunes friqués, en dehors des réalités et le cul bordé de nouilles, à un point qu’ile en deviennent totalement irresponsables dans leurs actes, et incroyablement irraisonnés dans les situations. A vrai dire, ils sont bêtes, et cela en devient pénible. Alors, quand on arrive à capter ce petit détail qui devient un défaut, on arrive à découvrir les autres sans difficulté. L’humour pipi-caca fonctionne à certains égards, mais énerve à bien d’autres, tout comme certains dialogues vulgaires qui n’étaient pas toujours nécessaires. Parfois, c’est tout simplement lourd. Voire maladroit, surtout quand on découvre la façon dont la consommation de cannabis est abordé, puisqu’elle en devient presque branchée et légitime (dans un pays où elle est, encore, interdite).
Puis on se dit que c’est sacrément dommage de ne pas avoir poussé les situations dans l’extrême. On ne sent pas la folie d’une histoire qui se veut sur le papier complètement absurde, ni le danger que les personnages ont pourtant à affronter. Finalement, on se contrefiche de savoir ce qui va se passer pour eux, tellement on éprouve si peu d’empathie. Peu attachants, les personnages manquent aussi de caractère. Cela ne fait pas d’étincelles.
Alors, s’il reste timide et maladroit, Five se laisse tout de même regarder… sans doute parce qu’il y a Pierre Niney… Il fait rire. Tout comme François Civil, d’ailleurs. Sans oublier Pascal Demolon, magique dans le rôle d’un père complètement siphonné du bocal.

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« Five », de et avec Igor Gotesman. Avec Pierre Niney, François Civil, Margot Bancilhon, Idrissa Hanrot. Sortie le 30 mars 2016. 

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Par Yohann Sed

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