« AU NOM DE MA FILLE », pour que justice soit faite


Véritable cri contre l’injustice de toute une vie, le nouveau film de Vincent Garenq « Au Nom De Ma Fille » tient surtout par l’interprétation de Daniel Auteuil, d’une grande sensibilité.

Le réalisateur Vincent Garenq et l'actrice Marie-Josée Croze le 29 février à Bordeaux

Le réalisateur Vincent Garenq et l’actrice Marie-Josée Croze le 29 février à Bordeaux

Nous sommes habitués, le réalisateur Vincent Garenq a ce pouvoir de transformer une affaire judiciaire complexe en un frappant polar aux contours certes très classiques, mais toujours efficaces aux yeux des spectateurs.
On le ressent aussi, ce cinéaste à qui l’on doit Présumé Coupable et L’Enquête n’a nullement l’ambition de faire ce que certains appèleraient un « grand film » aux aspects techniques affriolants, mais affiche plutôt cette envie de faire, en toute (fausse ?) simplicité, un film-témoignage qui permettrait de raconter, et pourquoi pas même, de dénoncer.
C’est tout ce que nous retrouvons une fois de plus dans Au Nom De Ma Fille, qui relate, encore, une histoire vraie… Celle d’un père qui, pendant près de trente ans, essayera de faire condamner l’homme qu’il croit être le meurtrier de sa fille. Inutile d’insister sur le fait que le système judiciaire est quelque peu égratigné ou du moins le fonctionnement de celui-ci, même si Vincent Garenq insiste lourdement sur le fait qu’il n’a rien contre la justice, son objectif étant avant tout de « se pencher sur la vie des autres ». Bouleversé et même stupéfait par le livre Pour Que Justice Te Soit Rendue d’André Bamberski qu’il a lu en une nuit, et fasciné par le combat et la force de cet homme, il se devait donc de retranscrire tout cela dans un film qui prend, finalement, les contours d’un documentaire.
Alors, même si l’on reste conscient qu’un film ne peut pas retranscrire de façon véridique les faits et n’est qu’une adaptation, on ne peut s’empêcher de s’émouvoir devant ce récit tragique mais palpitant, et crier à l’injustice aussi fort que le père de famille, dont le parcours suscite admiration et évidemment, compréhension.
Nous avons donc affaire à l’adaptation d’une enquête, et devons s’attendre à ce qu’on nous serve de nombreux mystères qui seront non-élucidés dans le film. D’une part, parce que le réalisateur pense que « c’est bien d’un point de vue cinématographique d’avoir encore des questions », et d’autre part, parce que la véritable enquête elle-même n’a pas tout résolu…
Si l’acteur principal Daniel Auteuil a parfois du mal à nous faire croire qu’il pleure sincèrement, ou à extérioriser la force qui caractérise la personne qu’il doit incarner, le spectateur reste malgré tout capté par sa sensibilité innée qui amène automatiquement à son égard de l’empathie, et bien sûr, de la compassion. Force est de reconnaitre que le film n’aurait pas été si émouvant et touchant s’il n’avait pas été porté par un tel acteur, maintenant habitué à ce genre de rôles (36 Quai des Orfèvres, MR73 pour ne citer que les films d’Olivier Marchal).
Quoi qu’il en soit, si Au Nom De Ma Fille ne balade entre le documentaire et la fiction, il n’en reste pas moins cruellement intéressant pour toute personne qui se sait toujours émue face aux injustices de la vie.

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« Au Nom De Ma Fille », de Vincent Garenq, avec Daniel Auteuil. Sortie le 16 mars. 

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Par Yohann Sed

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