David Bowie, ce garçon pas comme les autres


Il venait de sortir son 25e album, Blackstar, le 8 janvier dernier, jour de ses 69 ans. David Bowie s’est éteint dimanche 10 janvier, après 18 mois de lutte contre le cancer.

Difficile de résumer une discographie et d’analyser un univers musical si riche en un article. Cet article n’en a pas la prétention. Les nombreux hommages et biographies qui pleuvent déjà le feront bien mieux. Aussi, opérons plutôt un retour simple et en musique sur son oeuvre.

Icône pop-rock, légende, star mondiale, musicien-caméléon… Les qualificatifs abondent pour évoquer cet artiste multifacettes. Chanteur, musicien et compositeur bien sûr, mais aussi acteur (il s’est glissé dans la peau de Ponce Pilate, Andy Warhol et Nikola Tesla, rien que cela), comédien, peintre et mime, David Bowie a vécu plusieurs vies. Tour à tour dandy élégant, Ziggy Stardust, the Thin White Duke, ce maître de la métamorphose s’est continuellement réinventé, physiquement comme musicalement. Avec toujours cette touche si personnelle et si moderne. Pour la simple mortelle que je suis, mélomane à ses heures perdues, tout est là : l’expressivité, la technique, la puissance, dans la voix, le style, l’arrangement … toujours là où on ne l’attend pas.

Né le 8 janvier 1947, le Britannique David Robert Jones n’a que 18 ans lorsqu’il adopte son nom de scène, David Bowie. Déjà adepte du chant et du saxophone, il joue dans plusieurs groupes et sort son premier opus éponyme en 1967.

En 1969, Space Oddity et l’errance de l’astronaute Major Tom le révèlent au grand public. C’est ce morceau qu’utilise la BBC quelques jours plus tard, le 20 juillet, pour couvrir l’alunissage d’Apollo 11.

C’est le point de départ d’une véritable carrière mondiale : 25 albums, plus de 140 millions d’albums vendus, et des collaborations à faire pâlir ses confrères. Citons, entre autres, Fame, écrit avec John Lennon en 1975, Under Pressure avec Queen en 1981, ou encore sa reprise de Dancing in the Streets en duo avec Mick Jagger en 1985.

Suivent, en 1971, les albums The Man who sold the world et Hunky Dory, avec en particulier les tubes Changes ou Life on Mars ?

Il devient une véritable icône du glam-rock avec la création de son personnage Ziggy Stardust et l’album du même nom paru en 1972. Avec ses yeux captivants, son allure androgyne et son look sophistiqué, Bowie fascine. Son travail sur l’expression corporelle, la gestuelle, fait figure de révolution.

Les succès défilent, entrecoupés de périodes plus sombres, liées à ses addictions. La star entre ensuite dans sa période « soul-funk », avec notamment le déjà cité Fame, et surtout sa trilogie berlinoise, Low, Heroes et Lodger. Plus tard, Let’s Dance, en 1983, est un hit planétaire. Jusqu’à aujourd’hui, l’artiste continue de se renouveler et de captiver les nouvelles générations.

Lorsqu’il tourne, en 1975, L’homme qui venait d’ailleurs, de Nicolas Roeg, Bowie interprète un extraterrestre naufragé sur Terre. Un rôle taillé pour lui, lui la star planétaire qui semblait parfois venir d’un autre monde, qui chantait les étoiles et « la singularité de l’espace ».

Son dernier clip, Lazarus, paru le 7 janvier dernier, le représente allongé dans un lit d’hôpital. Ultime titre, troublant à réécouter, en forme de message d’adieu.

 

Par Aude Le Gentil

Publicités