« SPECTRE », les fantômes du passé viennent hanter Bond


Son nom est Bond, James Bond, et il est de retour… pour la quatrième fois sous les traits de Daniel Craig. Après le grandiose Casino Royale, le décevant Quantum of Solace et le monumental Skyfall, que doit-on retenir de Spectre ? A priori, du bon… mais pas que. 

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         Après les évènements de Skyfall, James Bond reçoit un message du passé qui l’envoie en mission officieuse à Mexico et à Rome. Pendant ce temps à Londres, le nouveau directeur du Centre pour la Sécurité Nationale, C, décide de supprimer le MI6 au profit d’une surveillance de masse internationale. Alors que 007 devra affronter une fois de plus ses démons intérieurs et ceux du passé, le nouveau M mettra tout en œuvre pour préserver les services secrets britanniques et le programme « 00 » de la dissolution. En traquant son nouvel ennemi, Bond va découvrir que celui ci n’est peut être pas si inconnu que ça.

Pour le 24e opus des aventures du plus célèbre agent secret britannique, on retrouve Sam Mendes à la réalisation. Après l’excellent Skyfall, véritable révolution dans l’univers James Bond, celui ci avait la lourde charge de faire au moins aussi bien. Avec Christoph Waltz en méchant, on s’attend au mieux. Si la première heure sait ravir le spectateur, la deuxième partie du film perd en rythme et en surprises. Le scénario semble chuter pour ne plus nous surprendre et au contraire mener un James Bond à l’ancienne, les surprises et la richesse scénaristique en moins. Après la modernité de Skyfall, l’excellence des deux derniers Mission Impossible, et l’électrochoc Kingsman : Secret Service dans le genre du film d’espionnage, 007 peine à faire ses preuves. Les clins d’oeil aux précédents opus, délectables quand ils sont subtils, sont ici bien trop appuyés pour être appréciables. Le smoking blanc façon Bons Baisers de Russie et l’Aston Martin DB-5 auraient presque suffit.

Au delà d’un scénario relativement faible dans sa deuxième moitié, on regrette aussi certains choix de casting, et l’exploitation faite de ceux ci. En effet, avec un méchant incarné par Christoph Waltz, on s’attend au mieux. L’inoubliable colonel SS Hans Landa d’Inglorious Basterds laissait présager un méchant d’une envergure mémorable. Mais au contraire, celui ci, après une première apparition brillante, devient rapidement sans surprise et un peu mou. Dès lors, toutes ses scènes laissent un goût de trop peu. On est en droit d’attendre beaucoup plus, d’autant que Marco Sciarra (Alessandro Cremona) est beaucoup plus intéressant comme méchant, alors qu’il disparaît assez vite. La déception se fait sentir également quant au peu de place accordé à Monica Belluci, veuve de Sciarra et potentiellement une bonne James Bond Girl. Léa Seydoux pour sa part, apparaît beaucoup trop à l’écran par rapport à l’intérêt de son personnage. Une James Bond Girl assez insipide, qui n’apporte rien d’utile, pourtant dans un rôle de composition : la fille à papa. Malheureusement, elle peine à convaincre avec un jeu assez pauvre et une valeur ajoutée très maigre. Mention spéciale cependant pour certains seconds rôles. M (Ralph Fiennes) et Q (Ben Whishaw) sont tous deux excellents et servent à merveille l’intrigue.

En revanche, on peut sans conteste saluer la qualité exceptionnelle de la réalisation. Sam Mendes nous sert là un film d’espionnage très bien fait, avec des cascades (surtout dans la première moitié) et des scènes d’action impressionnantes et très bien exécutées. Le tout est très bien filmé, le montage est soigné et léché, pour un rendu sombre mais glamour. Daniel Craig, quant à lui, n’a plus rien à prouver : le smoking de 007 est comme une seconde peau pour lui. La profondeur qu’il apporte au personnage et la qualité globale de sa prestation donnent une saveur toute particulière aux James Bond de l’ère Craig.

En résumé, un bon film d’espionnage, mais malheureusement la richesse de la première partie souffre de la faiblesse de la seconde. Un méchant bien mal exploité, une James Bond Girl assez peu utile, mais une réalisation somptueuse. Dans l’ensemble on passe un bon moment, quoi qu’assez long, mais on a qu’une envie à la sortie : revoir Skyfall. Espérons que le 25e opus saura relever les faiblesses de celui-ci et offrir à Daniel Craig l’excellence qu’il mérite pour ce qui sera certainement son dernier Bond.

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Bande-Annonce de « 007 Spectre », réalisé par Sam Mendes. Avec Daniel Craig, Christoph Waltz, Léa Seydoux, Ralf Fiennes et Monica Belucci. Sortie en salles le 11 novembre 2015.

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Par Jérémy Mercier

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