C’était le #FIFIB2015


Du 8 au 14 octobre, c’est le Festival du Film Indépendant de Bordeaux (FIFIB) ! Super Bobine suit l’événement pour vous, et vous propose interviews, comptes-rendus, et critiques des films en compétition. Nous sommes le 14 octobre, et c’est la fin…

La cérémonie de clôture s'est déroulée au Méga CGR Le Français. crédit photo : Jérémie Buccholtz

La cérémonie de clôture s’est déroulée au Méga CGR Le Français.
crédit photo : Jérémie Buccholtz

On ne répètera jamais assez que le temps passe vite…  A peine commencé que le FIFIB est déjà terminé. Cela nous donnerait presque envie de pleurer.

Cette quatrième édition avait commencé sur les chapeaux de roues avec en guise de film d’ouverture, The Lobster mis en scène par Yorgos Lanthimos, qui mérite amplement la mention de chef-d’œuvre tant il brille d’intelligence et d’originalité. C’était jeudi dernier, dans un lieu quelque peu surprenant, le Rocher de Palmer. Quelques jours plus tard, cour Mably, nous nous remettions de nos émotions après la séance de Marguerite et Julien, tout en débattant sur les découvertes que l’on a pu faire précédemment.

Car s’il y a bien un mot pour qualifier le FIFIB, ce serait inévitablement « découverte ». Le FIFIB, C’EST la découverte. La découverte de l’univers riche et grandiose des films indépendants que l’on ne connait pas toujours très bien, la découverte d’histoires totalement dépaysantes qui nous font prendre du recul sur ce que l’on voit ou vit habituellement, la découverte de véritables héros du quotidien qui nous font rappeler qu’ils sont bien plus forts que ceux ayant des super pouvoirs et une cape sur le dos. Dans ce FIFIB 2015, il y a donc eu de belles découvertes. A Peine J’Ouvre les Yeux, Nahid, Bang Gang,… Mais des déceptions aussi. Demon, Androids Dreams,... Il y a surtout eu un énorme coup de cœur, la « nuit rose » avec Nicolas et Bruno, donnant ainsi un peu de souffle, d’humour et de légèreté au milieu de tous ces films aux sujets sérieux. Sans oublier, évidemment, les (trop ?) douces nuits du FIFIB qui donnent au festival son ambiance et son atmosphère.

Bref, autant de découvertes qui ont fait défiler à grande allure ces quelques jours fifibiens. Un an à attendre avant la prochaine édition… C’est long. Très long ! Mais heureusement, le temps passe vite.

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Palmarès du FIFIB 2015

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Grand Prix du Jury « Domaine Clarence Dillon » : Ce Sentiment De l’Eté, de Mikhaël Hers. Mention spéciale à Androids Dream de Ion de Sosa

Prix du jury « Deuxième Regard » : Les Filles Au Moyen-Âge, de Hubert Viel

Prix du meilleur court-métrage : Ma Manman d’Lo, de Julien Silloray

Prix du Syndicat Français de la Critique de Cinéma : Nahid, de Ida Panahandeh

Prix du jury Erasmus+ : À Peine J’Ouvre Les Yeux, de Leyla Bouzid

Prix Aquitaine Film Workout : Le Convoi Des Braves, de Guillaume Brac

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Ce Sentiment de l’Eté de Mikhaël Hers, mérite-t-il la consécration ?

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Au cœur de l’été berlinois, alors que rien ne l’avait annoncé et que la journée battait son plein, Sacha s’écroule dans un parc. Son hospitalisation et les soins d’urgence ne changeront rien, elle meurt quelques jours plus tard. Mais derrière ce destin tragique se pose la question de l’après pour Lawrence, son compagnon et pour sa famille et notamment pour sa sœur Zoé venue de Paris au chevet de sa sœur.  Le réalisateur nous invite à suivre cette reconstruction à travers trois phases et trois lieux différents ; Berlin quelques jours après le drame, Paris un an après et enfin New York deux ans après.

Cinq ans après son premier long métrage,  Memory Lane, Mikhaël Hers récidive avec brio en nous montrant l’inexprimable : la douleur de la perte d’un proche et la nécessité d’avancer, de continuer. Le cloisonnement en trois étapes permet aussi de réinventer les personnages et de les faire évoluer dans un sens parfois contraire à celui que l’on aurait pu imaginer. Ainsi Zoé, la sœur de Sacha, qui semblait ne tenir que grâce à la solidité de son mari dans le volet berlinois va peu à peu s’en détacher dans l’action parisienne.  Ce film, plein de poésie et empreint de la question de la légitimité de continuer à exister après un tel drame, est aussi tiré par un acteur hors pair, Anders Danielsen Lie. Déjà repéré dans Oslo, 31 août, le norvégien impressionne tant par ses capacités linguistiques (il parle parfaitement français et anglais dans le film) que par sa prestation tout en retenue qui évite au long-métrage de tomber dans le pathétique. Mention spéciale à l’apparition tout aussi inattendue que réussie de Mac de Marco qui nous gratifie au passage d’une prestation live des plus réussies.

Pour clore la pluie d’éloges qui en train de s’abattre sur ce film, notons qu’il fait voyager et donne une furieuse envie de prendre son sac à dos et de partir à l’aventure dans l’une de ces trois villes. Paris, Berlin et New York apparaissent sous un jour nouveau et plus intimiste, sublimées par un travail de photographie qui apporte au film ce coté mélancolique et poétique. Récompensé à juste titre par le grand prix du jury Du FIFIB cette année, Ce Sentiment De l’Eté prouve que le cinéma indépendant est toujours capable de produire de grands films et de grands réalisateurs.

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