#FIFIB2015 – L’apothéose d’une dernière journée


Du 8 au 14 octobre, c’est le Festival du Film Indépendant de Bordeaux (FIFIB) ! Super Bobine suit l’événement pour vous, et vous propose interviews, comptes-rendus, et critiques des films en compétition. Nous sommes le 13 octobre, et c’est DEJA la dernière journée…

« Bang Gang »

Nous sommes mardi, et c’est déjà la dernière journée du FIFIB. Avant que le jury ne rende son verdict, deux films en compétition, déjà projetés hier ; étaient rediffusés. Le premier d’entre eux était Bang Gang, d’Eva Husson.

Une histoire d’amour moderne ?

Basé sur un fait réel, où tout un lycée avait été contaminé par la syphilis, à la suite de rapports sexuels débridés et non protégés, Bang Gang raconte l’histoire d’un groupe d’adolescents s’adonnant aux plaisirs de la chair sans complexes et en groupe. La particularité est que l’histoire se déroule au XXIème siècle, et donc dans une société où tout se filme et se diffuse.
Tout d’abord, le film est très stylisé. La réalisation très soignée fait la part belle aux couleurs chaudes (le film se déroule en été, dans une ville balnéaire), avec une photographie très travaillée. Finalement, si le propos du film est plutôt cru, l’image, elle, est très propre. D’autant plus que le film est accompagné par une bande son électro envoutante, ce qui donne un rendu très esthétique.
Si le film prétend raconter « une histoire d’amour moderne » (le sous-titre du film), le propos peut pourtant interloquer de prime abord, tant il semble normaliser des pratiques extrêmes, et donc marginales (sexe en groupe, diffusion de sextape, drogues durs, etc.) Mais ce serait se tromper sur la finalité de l’œuvre. Bang Gang ne dit jamais que cette jeunesse représente TOUTE la jeunesse. Ce sont des jeunes qui, dans une période où l’on se cherche, sont allés plus loin que les autres. Mais le fond est formidablement mis en lumière : un malaise chez certains adolescents, où l’on consomme avant de vouloir. Finalement, le sexe n’est qu’une métaphore d’une société où tout va trop vite, où tout se fait dans l’excès.
En se centrant donc sur un cas particulier, qui peut sembler démesuré, Bang Gang a capté l’essence d’une certaine adolescence. C’est en cela qu’il est brillant.

Le futur selon Androids Dream

Le dernier film en compétition projeté au FIFIB était Androids Dream, de l’espagnol Ion de Sosa.
Adapté du roman de science-fiction Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de Philip K. Dick (qui a inspiré Blade Runner), Androids Dream dépeint un monde futuriste (en 2052), où cohabitent humains et androïdes. Dans ce monde où les animaux disparaissent peu à peu, un homme décide d’abattre des androïdes.
Si l’idée principale peut paraître très intéressante, le résultat final est tout autre. Le thème de la déshumanisation et de la cohabitation n’est en fait jamais exploité, et le film se contente de juxtaposer des plans fixes interminables sur la ville ou sur des vieillards dansants. La succession de ces scènes, sans dialogue et sans action, semble suggérer qu’il y a une symbolique à analyser, mais on la cherche encore.
Ce n’est pas tant l’absence d’action qui gêne, si seulement elle était compensée par une vraie atmosphère. Mais dans Androids Dream, tout sonne faux. On ne croit jamais que l’histoire se déroule en 2052 (même l’ordinateur est sous Windows XP !), et la tension sous-jacente n’est jamais ressentie.
Finalement, Ion de Sosa a peut-être était un peu trop ambitieux avec son film à petit budget, et son histoire d’androïdes qui n’en sont pas aurait pu être traité de bien d’autres manières. Heureusement, il reste un point positif à en tirer : le film ne dure que 61 minutes.

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Critiques de Clément Corbiat

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