#FIFIB2015 – Hubert Viel et « Les Filles Au Moyen-Age » : « Je voulais faire un film sur le mode de la fantaisie »


Du 8 au 14 octobre, c’est le Festival du Film Indépendant de Bordeaux (FIFIB) ! Super Bobine suit l’événement pour vous, et vous propose interviews, comptes-rendus, et critiques des films en compétition. Nous sommes le 11 octobre, et nous avons rencontré Hubert Viel, réalisateur des « Filles Au Moyen-Age ». 

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Hubert Viel © Jérémie Buccholtz

A l’occasion du FIFIB 2015, Super Bobine a fait la rencontre du jeune et talentueux réalisateur Hubert Viel, dont le film « Les filles au Moyen-Âge » est en compétition. Joué quasi exclusivement par des enfants, et tourné en partie en noir et blanc, ce film nous plonge dans un conte lu par le personnage de Michael Lonsdale (qui accompagne donc l’histoire en voix-off), retraçant l’Histoire de la place des femmes dans notre société, des années 400 jusqu’à nos jours….

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Super Bobine : Pouvez-vous résumer votre film en quelques mots ?

 Hubert Viel : C’est un film qui essaye de retranscrire le Moyen-Age d’une manière moins convenu de ce qui s’est fait jusqu’à maintenant. J’ai essayé de faire un Moyen-Age drôle, fantaisiste, libertaire. Il y a un petit côté libertaire, aussi.

Est-ce que votre point de départ était de réaliser un film sur l’évolution du statut des femmes ?

Oui, c’est en effet le point de départ. Je suis tombé sur un article, sur Internet, qui était très étonnant. Puis ensuite j’ai lu d’autres articles et quelques bouquins, et cela m’a tout de suite inspiré. J’ai construit ma trame avec cela, en faisant plusieurs saynètes qui décrivent des moments d’émancipation de la femme pendant les mille ans du Moyen-Age.

Dans votre processus créatif, à quel moment vous est arrivé de tourner avec des enfants ?

C’est arrivé dès le départ. Je savais que je ne voulais pas faire un film historique, réaliste, puisque c’est complique de faire quelque chose de réaliste sur quelque chose qui s’est passé il y a 800, voire mille ans. Je voulais donc faire un film sur le mode de la comédie, de la fantaisie. Donc je me suis dit qu’avec des enfants, cela allait faire en sorte que j’évite de me prendre au sérieux. Il y a beaucoup d’amusement, et de naïveté.

Ce qui fait le charme du film, c’est avant tout la manière dont jouent les enfants. Ils jouent à faire Jésus, à faire Jeanne D’arc… Ils n’interprètent pas directement. Quels conseils leur avez-vous donné ?

Je donne assez peu de conseils, à mes acteurs en général. Or ici, je m’attendais à en donner beaucoup puisque ce sont des enfants et qu’ils ont besoin d’être dirigés. Mais finalement, j’avais le scénario avec un texte très écrit. Avec cela, ils se sont débrouillés « dans leur coin ». Je les ai assez peu dirigés. Ils ont très vite compris le ton, que c’était une comédie, que l’on s’amusait et que l’on ne se prenait pas au sérieux, et tout s’est fait naturellement.

Le film est bercé par la voix narrative de Michael Lonsdale, comment l’avez-vous approché, à quel moment avez-vous décidé qu’il participerait au film ?

Dès le début, je voulais un narrateur, ou plutôt, un conteur d’histoires. Je suis fan de Michael Londasle, alors je me suis qu’il fallait que j’essaye de le convaincre. J’ai appelé son agent, lui aussi. Je n’ai pas lâché l’affaire. Puis au bout d’un moment, ils ont accepté et j’étais très content de l’avoir. D’autant qu’il joue aussi un peu dans le film. J’étais très fier… d’autant plus qu’il est forcément bon ! On ne peut pas se tromper avec lui ! [rires].

Vous êtes en compétition au FIFIB. En quoi est-ce que c’est important pour vous d’être dans un festival de cinéma indépendant ?

Je suis content d’être au FIFIB parce que je sais qu’ils défendent ce genre de cinéma-là. Le film a eu du mal à trouver sa place dans les festivals, parce qu’il est trop – ce n’est pas un gage de qualité – en dehors des normes, même au sein des films indépendants. Il y a un côté un peu hommage au Moyen-Age, à la tradition, au spirituel, qui n’est pas forcément bien vu. Au FIFIB, les organisateurs l’ont accepté tel quel, et je pense qu’ils ont une vraie indépendance ici. Je suis très fier d’être là.

Pour finir, qu’est-ce que l’on peut vous souhaiter pour l’avenir ?

Que le film trouve son public. Il sort le 27 janvier prochain. Qu’il y ait un petit peu de monde en salles, pour que je puisse continuer de faire ce genre de film. C’est tout ce que je souhaite, également pour les enfants, les techniciens, le compositeur et ma boite de production Artisans de Films qui est totalement indépendante. Et surtout, que les gens prennent du plaisir, qu’il y a d’autres manières de faire du cinéma que celles qu’ils ont l’habitude de voir.

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