#FIFIB2015 dominical… juste pour le plaisir des yeux (et des oreilles)


Du 8 au 14 octobre, c’est le Festival du Film Indépendant de Bordeaux (FIFIB) ! Super Bobine suit l’événement pour vous, et vous propose interviews, comptes-rendus, et critiques des films en compétition. Nous sommes le 11 octobre, c’est dimanche, et c’est tant mieux !

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« A Peine J’Ouvre Les yeux »… Que j’y vois déjà un grand film

Quelques temps avant le printemps des peuples… l’histoire de Farah, jeune fille passionnée de musique qui n’hésite pas à chanter des textes engagés avec son groupe d’amis, mais aussi à contourner l’autorité de ses parents et du Pouvoir lui-même. Réalisé par Leila Bouzid, A Peine J’Ouvre le Yeux a incontestablement des allures féministes qui risque de ne pas laisser de marbre le jury de cette quatrième édition.

Surtout, A Peine J’ouvre Les Yeux est un portrait bouleversant d’une jeune fille qui ne s’offre aucune limite dans une société macho et traditionaliste qui lui en impose au quotidien. Avec le souci de dépeindre la vérité, ce film de la contestation est certes marquant pour un public français mais l’est d’autant plus lorsque l’on sait qu’il a été fait en Tunisie. Témoignage d’une jeunesse crispée par un pouvoir qui ne lui donne même pas la possibilité de s’exprimer par le biais de la musique, A Peine J’Ouvre Les Yeux donne tout de même une touche d’espoir en l’avenir avec la figure de la mère protectrice qui pousse de plus en plus sa fille à ne pas lâcher ses ambitions.

« Nahid » ou le portrait d’une femme iranienne et moderne

Cette année, le FIFIB nous fait découvrir de très nombreux films-portraits avec pour thème l’héroïsme du quotidien. C’est sans conteste que « Nahid », long-métrage en compétition, rentre dans ce cadre. Celui-ci nous emporte en Iran, pays aux coutumes fondamentalement différentes des notres. La garde de l’enfant, là-bas, revient en effet au père divorcé. Notre femme, Nahid, a réussi à l’obtenir pour une seule condition, celle de ne jamais se remarier. Pourtant, elle aime un homme… et voudrait bien l’épouser.

Nahid marque par l’interprétation et le charisme de l’actrice principale, Ida Panahandeh, qui donne à son personnage une réelle épaisseur et évidemment, une force incommensurable cachant ainsi la touche de vulnérabilité qui sommeille puis se réveille de temps à autre, au grès des circonstances.
Nahid, c’est aussi le portrait d’une femme iranienne qui ressemble à tant d’autres, en proie aux mêmes problèmes, aux mêmes doutes, aux mêmes blessures et souffrances. C’est en cela qu’il est touchant ; d’autant que les sujets abordés – brulants dans cette région du globe –révèlent l’audace de la réalisatrice (Ida Panahandeh, toujours) dont le but était très certainement de dénoncer une réalité difficile à assumer.
Dommage, cependant, que le film se perde dans son atmosphère terne et étriquée. Certes, elle illustre l’ambiance que fait régner la situation et l’état d’esprit de notre femme, mais une simple pointe de légèreté et de souffle manque à ce film. Les 1h45 interminables rendent Nahid étouffant et donnent au récit une allure d’histoire sans fin. Avec cette impression que le film aurait pu durer 3 heures de plus avec une issue similaire.
L’avantage en allant voir Nahid est synonyme de découverte d’une société et de manières de vivre en total décalage des nôtres, ce qui en fait une oeuvre profondément intéressante et enrichissante. C’est en cela que l’on peut remercier le FIFIB qui nous donne à voir des films que nous ne serions sans doute pas allés voir nous-mêmes.

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Par l’équipe de Super Bobine

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