#FIFIB2015 – Samedi bien d’aller y faire un tour, pas toi ?


Du 8 au 14 octobre, c’est le Festival du Film Indépendant de Bordeaux (FIFIB) ! Super Bobine suit l’événement pour vous, et vous propose interviews, comptes-rendus, et critiques des films en compétition. Nous sommes le 10 octobre, troisième jour fifibien.

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Une journée qui commence sous des airs démoniaques…

A 11h était projeté le film en compétition « Démon », du réalisateur Marcin Wrona, décédé le 18 septembre dernier. Relatant l’histoire d’un jeune homme possédé par l’esprit qui occupe les lieux de sa nouvelle maison le soir-même de son mariage, ce long-métrage avait également été présenté au festival de Toronto. Mais vaut-il réellement le coup ? Mériterait-il surtout, d’être récompensé du grand prix de cette quatrième édition du FIFIB ?

Démon est original parce qu’il évite de tomber dans les procédés vus et vus dans des films d’horreur qui la plupart du temps, les utilisent abusivement au péril de leur qualité. Mais avec une telle histoire, n’est-ce pas plutôt ici une faiblesse ? Développer un tel thème de façon plus élégante, plus légère, sur fond de mariage et évidemment, sous un angle mystique puis romanesque est certainement remarquable, mais un peu plus d’angoisse et de séquences flippantes auraient ravi le spectateur. Et aurait sans doute, donné plus de crédibilité et de vivacité à cette histoire qui, dans la vraie réalité, glacerait le sang de n’importe qui – mêmes les plus coriaces ou les plus incrédules ! – ce qui ne semble pas être le cas dans le film, encore moins dans la salle de cinéma. Le film démarre cependant très bien, mais c’est la fin qui laisse le spectateur dans le brouillard le plus épais, qui aurait apprécié des séquences moins maladroites et les sujets plus approfondis. Film juste sympa donc, ça n’ira pas plus loin. Il serait par ailleurs dommage d’avouer qu’il est vite oubliable… Et pourtant…!

… Et qui se poursuit par un retour au Moyen-Âge !

A 14h30, le cinéma Utopia diffusait le troisième film en compétition : Les filles au Moyen-Âge, d’Hubert Viel. Joué quasi exclusivement par des enfants, et tourné en partie en noir et blanc, ce film nous plonge dans un conte lu par le personnage de Michael Lonsdale (qui accompagne donc l’histoire en voix-off), retraçant l’Histoire de la place des femmes dans notre société, des années 400 jusqu’à nos jours.

A la manière d’une kermesse d’école, ce sont des enfants qui rejouent, pendant tout le film, les événements racontés par Michael Lonsdale. Ainsi, ils se déguisent en Jésus, Jeanne d’Arc ou Agnès Sorel, mais sans jamais oubliés qu’ils sont des enfants, et qu’au lieu d’incarner, ils « jouent à ». Cette particularité donne tout son charme au film, puisque l’on se délecte de voir ces enfants réciter des dialogues extrêmement bien écrits, et donc souvent éloignés du langage basique d’un enfant.

Au final, le film est donc une succession de scènes historiques reconstituées par des enfants dans des décors minimalistes, montrant que l’évolution de la place de la femme ne s’est pas faite de façon linéaire, puisqu’à une époque les femmes occupaient une place haute, avant d’être à nouveau aliénée, puis de nouveau émancipée, etc.

La réflexion intelligente, les dialogues très bien écrits et les acteurs/enfants très charismatiques font des Filles au Moyen-Âge un film très plaisant et divertissant. Mais est-ce que cela suffira à gagner la compétition ? Réponse mardi.

Une nuit rose sous le signe de l’humour !

Après une journée essentiellement rythmée par les films d’auteurs, le FIFIB proposait une soirée sous le signe de l’humour, car la cinéphilie, c’est aimer TOUS les cinémas.

C’est ainsi que Nicolas et Bruno, connus pour leurs Messages à caractère informatif à la fin des années 90 sur Canal +, ont animé la Nuit Rose du FIFIB, au théâtre le Trianon. Pour ceux qui ne les connaissent pas, Nicolas et Bruno, outre leur activité de réalisateurs (La personne aux deux personnes et Le grand méchant loup), sont des « doubleurs humoristiques ». C’est-à-dire qu’ils sélectionnent des extraits de films des années 70-80, en font un montage inédit, et remplacent les voix originales par des dialogues complètement loufoques, et qui n’ont rien à voir avec l’histoire originale.

Après l’avoir fait avec des extraits de films d’entreprise dans Messages à caractère informatif, Nicolas et Bruno se sont cette fois attelés au doublage d’un genre cinématographique bien particulier : le film pornographique. Après avoir visionné plus de 2500 films (véridiques) et choisi les extraits les plus improbables (un couple faisant l’amour en roller, un film porno dans un vaisseau spatial, un Cyrano de Bergerac devenant Cyrano de Vergerac, etc.), le duo a compilé tout ceci pour en faire un long métrage inédit : A La Recherche De L’Ultra Sex !

Le résultat est étonnant et avant tout très drôle, la petite voix nasillarde des deux auteurs-comédiens (qui s’efforcent à doubler les hommes, les femmes mais aussi les objets, le tout à la bouche) y étant pour beaucoup. Résultat, le public était plié en deux pendant toute la séance !

Le grand plus de cette soirée « Rose », c’est que Nicolas et Bruno étaient dans la salle et ont fait le show, avant et après la projection. Au programme nous avons pu assister à un cours de « doublage de films de boules », à une danse des deux comédiens déguisés en Robot, et à une fausse interview hilarante.

Avant de projeter A La Recherche De L’Ultra Sex, Nicolas et Bruno avaient décidé de projeter, en première partie et en guise d’apéritif, un autre film bien particulier. Intitulé Vampires En Toute Intimité, il s’agit en réalité de la version doublée en français du film néo-zélandais What We Do In The Shadows. Ce film, réalisé à la manière d’un documentaire nous montre les hauts et les bas d’une collocation de vampires, devant accueillir un nouveau venu. Déjà hilarant en version originale, What We Do In The Shadows prend une autre dimension en VF. En effet, il ne s’agit pas d’une VF classique, puisque les doubleurs n’ont pas simplement traduit les dialogues en français. En fait, Nicolas et Bruno, avec la bénédiction des réalisateurs, ont réécrit entièrement les dialogues, en ajoutant des blagues pour qu’elles correspondent à leur humour, mais en respectant tout de même l’œuvre originale puisque le montage n’est pas modifié et que l’histoire reste intacte. Ainsi, Vampires En Tout Intimité est l’un des rares exemples de films aussi bien en français qu’en VO, car les deux œuvres sont différentes, et donc intéressantes ! En plus, outre les voix de Nicolas et Bruno, la VFO (« version française originale », comme ils aiment à l’appeler) compte dans ses rangs celles d’Alexandre Astier, Fred Testot, Zabou Breitman ou encore Bruno Salomone !

En bref, cette soirée fut un vrai plaisir, un vrai moment de détente, et s’inscrit déjà comme un des moments forts du FIFIB 2015 !

Nicolas et Bruno ont fait le show au Théâtre du Trianon

Nicolas et Bruno ont fait le show au Théâtre du Trianon

L’interview de Nicolas & Bruno à découvrir en cliquant ICI.

Vous voulez en savoir plus sur Vampires En Toute Intimité ? C’est pas ICI les amis ! 

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Par l’équipe de Super Bobine

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