Océan Climax 2015 – Rencontre avec Alain Juppé et Hubert Reeves


Hier a débuté le premier Océan Climax Festival (à Darwin, Bordeaux), un événement créé pour sensibiliser à la protection des océans, à la veille de la COP21, qui se déroulera à Paris au mois de décembre. Outre les concerts de très bonne qualité, les skateurs et les street artistes, le festival accueillait de nombreuses personnalités, préoccupées par les enjeux écologiques.

Super Bobine a rencontré le maire de Bordeaux Alain Juppé et l’astrophysicien Hubert Reeves, président d’honneur de l’association « Humanité et biodiversité ».

Alain Juppé

Pour Alain Juppé, la Cop21 (conférence de Paris sur les changements climatiques qui aura lieu du 30 novembre au 11 décembre) est vitale pour l’Humanité. C’est ainsi qu’il explique qu’il était pour lui très important d’être présent à l’Océan Climax Festival, car dans sa volonté que tous les opinions se mobilisent, la ville doit fournir un travail important. De plus, pour l’ancien premier ministre (de 1995 à 1997) l’océan est un enjeu essentiel, et il est fondamental d’y pointer un projecteur.

Lorsqu’on lui demande ce que peuvent faire concrètement les gouvernements en place, il répond que cela doit tout d’abord passer par la réussite de la COP21. Il explique qu’elle est en partie de la responsabilité de la France, et que les efforts devront être redoublés, puisque pour que des décisions soient entérinées, il faudra un vote à l’unanimité.

Hubert Reeves

A première vue, qu’un astrophysicien s’occupe d’écologie, cela peut surprendre. Pourtant, président d’honneur depuis 2000 de l’association « Humanité et biodiversité » (ancien « Rassemblement des opposants à la chasse », dont il a modifié le nom pour élargir le combat, et ne pas être dans une attitude d’opposition) Hubert Reeves utilise son image publique pour faire avancer les choses. « Si vous êtes connu, vous êtes plus écouté », dit-il. L’action de lobbying de son association s’éloigne des clivages droite-gauche pour rappeler aux politiques de respecter leurs promesses. En 15 ans, divers résultats ont étés perçus, comme la suspension d’un projet de mine d’or industrielle en Guyane, utilisant du cyanure.
C’est donc tout naturellement qu’il accepté d’être présent à l’Océan Climax Festival. Pour lui, ce rassemblement est « un peu la réalisation d’un rêve », car « pendant longtemps on a eu l’impression que l’écologie était une affaire de vieux ». Pour lui, ce festival prouve donc le contraire, qui plus est à Darwin, « un endroit actif et pas déprimant ».
Hubert Reeves souhaite profiter de sa présence pour alerter l’opinion publique, en se questionnant sur l’avenir de l’humanité. En astronomie, dit-il, il est possible de prévoir comment sera Jupiter dans 50 ans, ce qui n’est pas possible pour la Terre. Mais il veut rester dans une dynamique d’espoir, qui passe notamment par les attentes envers la COP21, sur les émissions de CO2. « Il faut se dire : nous allons gagner », dit-il, avant d’établir un parallèle avec Churchill, qui, dans les années 40 a « tapé du pied, a dit qu’il fallait tenir ». Il souhaite retrouver cette même attitude cette fois non pas dans une guerre, mais bien dans le combat écologique. Pas avare en citation, Hubert Reeves rappelle la phrase de Jean Monnet (un des pères fondateurs de l’Union Européenne) « l’important ce n’est pas d’être optimiste ou pessimiste, mais d’être déterminé ».
Hubert Reeves, qui explique s’être occupé d’écologie pour l’avenir de ses 8 petits-enfants, déclare enfin qu’il faut « toujours être du côté de la vie », s’occuper d’écologie ne justifiant pas des comportements radicaux (comme la suppression totale des voiture), mais bien la mesure des risques.

Corbiat Clément.

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