« LA BELLE SAISON » avec Cécile de France et Izia, petit bijou féministe signé Catherine Corsini


La Belle Saison de Catherine Corsini est une histoire d’amour entre deux femmes (Cécile de France et Izia), au tout début des années 1970. Un film qui se veut faire l’écho entre cette période et la nôtre.

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Cécile de France et Izïa amoureuses, dans « La Belle Saison »

La Belle Saison est un film de tous les contrastes. L’homme et la femme, la ville et la campagne, le conservatisme et le progressisme, la liberté et l’obligation. Contrastes qui n’ont jamais été aussi bien représentés que dans les années 1970, période où se déroule l’histoire du film.

Nous sommes donc au début de cette décennie aux nombreuses transformations sociales. Delphine, interprétée par Izia Higelin, vit à la campagne. Avec ses parents, elle travaille à la ferme. Elle est jeune, belle, célibataire… et aime secrètement les filles. Et puis un jour, elle part vivre à la capitale, où elle rencontre Carole (Cécile de France), une jeune militante pour le droit des femmes…

Catherine Corsini

Catherine Corsini, réalisatrice du film

« Je voulais raconter lhistoire des femmes, avoir le Brokeback Mountain féminin » nous a précisé la réalisatrice Catherine Corsini. Et il est vrai qu’avec un tel synopsis, c’est plutôt réussi. Les noms des deux protagonistes rappellent par ailleurs étrangement les féministes Carole Roussopoulos et Delphine Seyrig. Mais c’est surtout dans la juste retranscription des mentalités (notamment des gens de la campagne) et des événements pour le combat des femmes, que l’on se rend compte du long chemin menant à leur émancipation. Retranscription qui a permis à Catherine Corsini de se plonger dans de nombreuses archives, non sans envie et intérêt.

L’objectif de la réalisatrice est donc atteint, elle qui voulait « mettre en écho cette histoire avec ce quil se passe aujourdhui ». Et montrer, au fond, que la société était « beaucoup plus consumériste ». « Avant, selon elle, il y avait un refus, et les hommes pensaient que les femmes prenaient beaucoup de place. Ces années-là étaient très innovantes, très drôles ». A cela, elle rajoute que c’était une « époque où lon pensait que lavenir allait changer. Il y avait une solidarité. Aujourdhui, on est plus dans l’émotion, l’événement, la peur. La foi dans un avenir meilleur (depuis 1983, début de la crise) que lon a perdu ».

Catherine Corsini voulait aussi que l’on n’oublie pas combien l’homosexualité « était difficile à dire ». Rien de tel, d’ailleurs, que la campagne pour mettre en scène cette idée, tant ce milieu reflète les traditions et reste plus en retrait face aux changements que peut subir la ville. En ce sens, la parisienne Carole se sent plus libre et assume plus rapidement que la fermière Delphine, ayant peur des réactions de son entourage, des villageois qui ne comprendraient pas. Il lui faut ainsi du temps, beaucoup de temps, pour assumer complètement.

Malgré tout, l’alchimie est bien présente entre les deux personnages. Chose qui se remarque très vite à l’écran, grâce au talent des comédiennes dont les rapports étaient « tendres et complices », selon Cécile de France qui ne « connaissait même pas ce que faisait Izia en tant que chanteuse » ! En plus de cela, la réalisatrice et ses deux actrices ont été très minutieuses dans l’élaboration du film : « On cherche, on travaille, et tant que lon a pas le résultat, on y va ! », nous a dit Cécile de France avant de confier qu’elles étaient « dans une quête de grâce » et dans un total « plaisir de recherche », même si ce fut « épuisant, physique et très intense ». Il n’empêche que leur travail a porté ses fruits, tant La Belle Saison respire la tendresse, la sincérité, et l’amour… Quelles que soient les attirances.

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Bande-Annonce du film « La Belle Saison » de Catherine Corsini. Avec Cécile de France et Izia Higelin. Sortie le 19 Aout.

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© crédit photo de Catherine Corsini : Jacques Bourguet / TeleStar / Mondadori France

Par Yohann Sed

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