REGGAE SUN SKA 2015 – Jour 1


C’est en descendant du tram B que l’impression nous submerge. C’est un océan de jaune, rouge et vert qui nous accueille. T-shirts, pantalons, bracelets, tout rappelle les couleurs du reggae. Et, de temps à autre, comme un saumon remontant le courant, on croise quelqu’un qui nous fait nous demander ce qu’il fait là. C’est cette ambiance uniforme, et en même temps si particulière, qui nous fait comprendre que l’on a atteint notre destination : bienvenue au Reggae Sun Ska 2015, jour 1.

En 2014, le RSS avait abandonné son terrain de jeu traditionnel de Pauillac, pour s’installer « à la ville », dans la capitale bordelaise. D’un point de vue pratique, installer l’un des plus gros festivals musicaux de France dans un lieu étudiant, bien desservi, semblait logique. Mais, pour certains, c’était aussi s’éloigner des valeurs authentiques, et, d’ailleurs, l’édition 2014 avait laissé une partie des festivaliers sur leur faim. 2015 devait donc être l’année de la confirmation, celle qui mêlerait ambiance conviviale et facilité d’accès. Et, à ce titre, le premier jour a comblé les attentes (élevées) des fidèles de l’évènement. Organisation maîtrisée, météo au rendez-vous (la pluie a sagement attendu la fin du dernier concert pour s’inviter à la fête), et programmation audacieuse, tous les ingrédients étaient réunis pour faire du campus bordelais, the place to be.

Alpha Blondy

Il y avait en effet quelque chose de vraiment plaisant à voir des véritables reggaemen de légende côtoyer des tauliers français, autour des amphis et salles de cours, sur les pelouses habituellement désertes de mai à septembre. C’est ce mélange qui a permis de satisfaire les habitués, mais aussi d’émerveiller les novices, qui se sont notamment passionnés pour le beatbox et l’accordéon de Winston McAnuff et Fixi, notre coup de cœur de la journée. On a pu également apprécier le reggae classique de Mykal Rose (ex-Black Uhuru), les cuivres de Sinsémillia, les morceaux dansants de Taïro, ou encore le talent et le pacifisme d’Alpha Blondy. Ces prises de position politiques, bien que parfois un peu naïves, sont d’ailleurs revenues à chaque concert, donnant à l’ensemble une connotation touchante et réconfortante.

C’est d’ailleurs cette atmosphère qui a contenté le public, venu en masse pour cette journée d’ouverture. La générosité a d’ailleurs dicté le comportement du public, tant sur le plan matériel que dans la richesse des discussions. Si les jours suivants sont au même niveau, le millésime 2015 du Reggae Sun Ska devrait être un grand cru.

Photos Campagnie Valentin Photographie, page du RSS.

Par l’équipe festivalière de Super Bobine.

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