Festival d’Avignon OFF 2015 – Ben répond à nos questions


Non, Super Bobine n’est pas allé à Avignon seulement pour danser sur un pont… mais aussi pour assister au festival Off ! Nous avons croisé le chemin de Ben, que vous avez certainement vu dans le Jamel Comedy Club ou On Ne Demande Qu’A En Rire

1419332800_photo_hd_22377

Après ses premiers pas sur scènes au FIELD et ses passages remarqués dans le Jamel Comedy Club et On n’Demande Qu’a En Rire, ainsi que deux premiers spectacles, Ben revient avec son troisième spectacle « éco responsable ». Surnommé le roi de l’absurde, Ben nous offre son regard sur le monde et sur l’écologie et l’environnement. Lors du festival d’avignon dans lequel il se produit, il a accepté d’accordé quelques minute a Super Bobine.

______________

SB : Bonjour Ben ! Comment vas-tu ? Comment se passe le festival ? Est-ce ton premier Avignon ?

B: Ca va, cela se passe bien, c’est mon premier Avignon en solo. Je l’avais déjà fait y a 11 ans. J’avais joué dans une pièce.

SB : Tu vas tracter dans la rue pour faire venir le public ?

B : Non, je ne vais pas tracter, c’est quelque chose qui me met extrêmement mal à l’aise, je sais pas trop faire. On l’a un peu fait au début, mais j’aime pas ça…

SB : en même temps tu n’as pas besoin de cela pour remplir ta salle…

B : oui c’est sûr que si on remplissait pas je me forcerais un peu, mais là, on a de la chance que cela se remplisse un peu tout seul !

SB : Pour revenir un peu sur ton parcours, qu’est-ce qui t’a motivé à monter sur scène y a quelques années, et à écrire ?

B : J’avais une vingtaine d’années quand j’ai commencé à m’intéresser à tout cela. Je savais pas du tout quoi faire de ma vie, je n’ai pas trop fait d’études, je ne voyais pas trop quelle direction pouvait prendre ma vie. J’ai rencontré par le plus grand des hasards un cours de théâtre qui était à coté de chez moi. J’y suis allé au départ pour rencontrer des gens comme je connaissais personne à Paris, et parce que j’étais un peu timide, je pensais que cela me ferait du bien… et j’ai complètement accroché. Dans ce théâtre, il y avait une scène ouverte, j’ai commencé à y écrire des sketches.

SB : As-tu tout de suite commencé à écrire de l’absurde ou c’est venu après ?

B : C’est venu assez naturellement, et j’ai été encouragé par quelques personnes à continuer dès le début, c’est la première fois de ma vie où j’avais un projet sur le long terme et qui m’intéressait vraiment.

SB : En absurde, nous connaissons Rollin, les Monty Python… Quelles ont été tes références ?

B : Au début j’en avais pas trop j’avais pas vraiment cette culture, puis j’ai découvert François Rollin qui est devenu une grosse référence. Ce qu’il faisait ressemblait vraiment a ce que moi j’avais envie de faire. Puis j’ai découvert les Monty python, et je me suis dit, si on doit avoir une famille de la quelle on se réclame, pour moi c’était ces gens là. Mais après quand on fait de l’humour l’idée est toujours de se distancier.

SB : On peut dire que l’absurde est un genre qui est particulièrement risqué et difficile, il y a un vrai travail de comédien. Ce travail est venu à quel moment pour toi ?

B : Je pense que quand on fait de l’absurde, il faut pas trop jouer à mon avis. C’est pas ce qui y a de plus difficile, tout est dans le texte, même si il faut quand même des compétences de comédien. Mais moi, j’ai commencé par l’écriture, je savais pas du tout jouer. J’étais hyper timide, je misais tout sur l’écriture. Puis, j’ai fait énormément de scènes ouvertes car les cours de théâtre étaient chers, et c’est ça qui m’a permis de muscler mon jeu. C’est une très bonne école même si c’est un peu violent parfois.

SB : Dans ton dernier spectacle, intitulé Eco-Responsable, l’écologie est un thème récurrent. Comment es-tu arrivé à centrer  ton spectacle là-dessus ? Tu avais un message à faire passer ?

B : Il fallait vraiment que j’écrive un nouveau spectacle, donc j’ai commencé à chercher de nouvelles idées. Assez naturellement, on est arrivé sur l’écologie. Je suis un peu concerné par ce sujet, je suis porté la dessus. Ça revenait souvent dans les conversations et j’avais déjà sur la fin de mon ancien spectacle amené quelques idées.

SB : On le sait, l’humour peut servir à dénoncer, critiquer… Est-ce ton but ? Ou est-tu dans l’humour purement et simplement ?

B : Idéalement oui, un spectacle doit être drôle mais tu peux ressortir avec un message. Moi, je ne me pose par trop de questions, quand je vais sur un thème j’y vais car j’ai envie de parler de ça, c’est la thématique, le point de départ de la création.  J’ai peut être des allures du militant écologiste du dimanche, mais quand même un peu, donc je dirais que c’est un spectacle légèrement engagé. L’idée n’est pas de faire du militantisme, de saouler les gens, mais de me servir de mes préoccupations et de ce que j’ai envie de mettre en avant de moi.

SB : On peut remarquer que les humoristes sont très présents sur les réseaux sociaux, toi pas beaucoup…

B : Je ne me sens pas très à l’aise avec ça.  J’ai un peu décroché depuis myspace… On essaye quand même de garder une page facebook, on se dit qu’on va s’y mettre, mais j’ai pas le réflexe d’y aller souvent. Et puis dès que j’y passe un peu trop de temps ça me déprime plus qu’autre chose. J’ai pas trop envie de partager le coté off de ma carrière avec mon public.

SB : Nous te connaissaons pour le Jamel Comedy Club, et surtout pour On Ne Demande Qu’A En  Rire (ONDAR) qui a fait connaître ton nom au grand public. Est-ce qu’on a commencé à te reconnaître dans la rue rapidement et surtout est-ce que ça a changé quelque chose sur ta perception du métier ?

B : Cela fait quelques années qu’on me reconnaît un peu dans la rue. J’avais la sensation d’être connu pour très peu de gens mais depuis pas mal de temps. Mais c’est vrai que ONDAR a apporté ce nouveau truc : d’un coup, plein de gens m’attendaient devant le théâtre, voulaient des photos et des autographes. Il y avait ce syndrome « fan groupie », et ce coté m’a dérangé un peu. Les gens que j’ai rencontré et que je rencontre encore sont très sympas donc ça m’embête de dire ça, on m’a déjà offerts des cadeaux, parlé de ce que je fais, donc  je sais qu’il y a vraiment pire. Mais c’est vrai que j’ai un peu changé depuis quelques années. Il y a 10 ans, cela ne m’aurait pas du tout dérangé. Au contraire ! Mais avec l’âge, ce n’est pas ça que j’ai envie de faire, surtout que je me sens de moins en moins humoriste. J’ai envie d’aller vers un vrai projet de théâtre qui raconterait une histoire, certes avec de l’humour car je ne suis pas un tragédien.

SP : Donc il n’y a pas de groupie de Ben…

B : j’ai posé très vite mes distances pendant ONADR, car j’ai vu qu’on pouvait vite en arriver là comme c’est arrivé à des copains à moi. J’aime pas trop faire des photos même si j’ai du mal à dire non car encore une fois les gens sont sympas. Mais il y en a qui aiment ça et que ça dérange pas ! C’est comme la cuisine, il y en a qui aiment ça, d’autres qui n’aiment pas !

SB : Avignon 2016 pour toi ?

B :  Rien n’est moins sûr, la saison risque d’être bien pleine donc si c’est le cas – et je l’espère – je pense qu’au mois de juillet prochain ça sera « vacances » ! En attendant, ma rentrée sera en octobre au Lucernaire à Paris.

SB : As-tu des spectacles à conseiller sur Avignon ?

B : Monsieur Fraize. On a vu le porteur d’histoire même si sa qualité n’est plus un secret. On nous a recommandé un clown qui s’appelle Peter Shub. Et puis je conseillerais Olivier Soton.

SB : Merci beaucoup Ben !

B : Merci a toi !

_______________

Ben dans On Ne Demande Qu’A En Rire :

_______________

Par Camille Pineau

Publicités