Milkshake #1 – Uber or not Uber ?


Tous les vendredis, l’équipe de l’émission Milkshake (Radio Campus Bordeaux) prend les commandes de Super  Bobine, en attendant son retour à l’antenne le 11 septembre ! Aujourd’hui, nous parlons Uber  Pop ! Et on est pas contents du tout, du tout…

An illustration picture shows the logo of car-sharing service app Uber on a smartphone next to the picture of an official German taxi sign in Frankfurt, September 15, 2014. A Frankfurt high court will hold a hearing on a recent lawsuit brought against Uberpop by Taxi Deutschland on Tuesday.  San Francisco-based Uber, which allows users to summon taxi-like services on their smartphones, offers two main services, Uber, its classic low-cost, limousine pick-up service, and Uberpop, a newer ride-sharing service, which connects private drivers to passengers - an established practice in Germany that nonetheless operates in a legal grey area of rules governing commercial transportation. The company has faced regulatory scrutiny and court injunctions from its early days, even as it has expanded rapidly into roughly 150 cities around the world.   REUTERS/Kai Pfaffenbach (GERMANY - Tags: BUSINESS EMPLOYMENT CRIME LAW TRANSPORT)

L’affaire Uber m’a énervée. Pour plein de raisons. Surtout pour son traitement de l’innovation.

L’un des arguments principaux des chauffeurs de taxis est que le problème UberPOP va arriver dans tous les domaines professionnels très prochainement. Morale de l’histoire : on demande la dissolution d’UberPOP. Est-ce donc ainsi que nous comptons répondre à chaque innovation qui arrivera sur notre territoire ? Est-ce donc ainsi que nous comptons nous targuer d’encourager l’innovation et les pratiques numériques ? Si c’est le cas, alors c’est bien triste…

Un problème apparaît : une industrie professionnelle – les taxis – jusque-là en situation de monopole, voit arriver une concurrence particulièrement efficace et virulente et en certains points déloyale. Tel un enfant voyant arriver un petit frère avec qui il doit partager ses jouets, le géant lobby taxi fait une crise de nerfs, se fâche tout rouge et tape sur son concurrent.

Sur ce, les parents arrivent et après un silence particulièrement bruyant, décident finalement d’aller ramener le dernier né à la maternité. Est-ce réellement la bonne solution ? Ne vaudrait-il mieux pas tenter d’adapter la législation et les règles en vigueur de façon à ce que les deux concurrents se battent sur un terrain d’égalité ?

Les médias ont commencé à parler d’« ubérisation » pour évoquer l’arrivée prochaine de ces nouvelles pratiques innovantes dans tous les domaines de la société. Nous allons donc nous heurter à ce même problème dans différents domaines dans les mois et années à venir. Allons-nous réellement lutter corps et âmes à chaque fois que de tels événements se produiront ? Ou allons-nous nous pencher sur la question afin de rééquilibrer le marché et de garantir une situation juste qui n’empêche pas pour autant l’innovation ?

Uber Technologies Inc. signage stands inside the company's office prior to Senator Marco Rubio, a Republican from Florida, speaking in Washington, D.C., U.S., on Monday, March 24, 2014. Rubio addressed the need to adapt antiquated government regulations to increase economic opportunities for the 21st century and outdated regulations limit consumer choice. Photographer: Andrew Harrer/Bloomberg via Getty Images

Photographer: Andrew Harrer/Bloomberg via Getty Images

Finalement, Uber a envoyé un message à tous ses utilisateurs comportant, entre autres, les lignes suivantes :

« Dans un souci d’apaisement, nous avons donc décidé de suspendre UberPOP, et de nous en remettre à la décision que le Conseil constitutionnel rendra d’ici le 30 septembre prochain ».

Mais quelle que soit la réponse apportée le 30 septembre, pour moi le mal est fait. La France sera une fois de plus vue comme un terrain de blocage administratif où l’innovation est freinée et où les lobbys ont le pouvoir.

Dans nos sociétés contemporaines dans lesquelles nous recherchons l’instantanéité et la réactivité à tous prix, Uber est un parfait outil pour se sentir en contrôle du temps. L’usager commande le taxi le plus proche de lui et le voit arriver en temps réel grâce à son GPS intégré. Le deuxième point qui fait les yeux doux aux utilisateurs est le fait que l’application entre parfaitement dans les critères de la « sharing economy », l’économie du partage qui séduit de plus en plus de personnes dans le monde entier : covoiturage, prêt de matériel, échanges de services, troc… Uber a donc su s’adapter à une société en pleine mutation dans ses pratiques économiques. Forts de ce constat, ne pouvons donc nous pas tenter de trouver des solutions pour adapter ce concept à la législation en vigueur ?

Dans ce conflit je ne prends pas partie. Je comprends les taxis étouffés par les charges qui se sont retrouvés rongés par la colère quand cette concurrence déloyale s’est installée. Je comprends aussi Uberpop et ses chauffeurs souhaitant arrondir les fins de mois facilement grâce à une pratique innovante et dans l’air du temps.

Finalement, ce que je ne comprends pas ce sont les autorités de chaque côté.

Les dirigeants d’Uber ne se sont pas inquiétés de la particularité du système dans lequel ils tentaient de s’implanter et les élus n’ont pas su voir l’arrivée de cette application comme une innovation de notre temps avec laquelle il faudrait compter. Pourquoi ne pas avoir engagé une réflexion autour de la question ? En réponse à Uber, une compagnie de taxis bordelais a mis en place une application qui tel Uberpop, permet à ses utilisateurs de se mettre en contact avec le taxi professionnel le plus proche. Ne serait-ce pas le début d’une solution ?…

Un jour il y aura concertation et réflexion avant confrontation. Mais pas demain. Car demain, on doit parler de la Grèce…

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ET N’OUBLIEZ PAS ! DES LE 11 SEPTEMBRE…

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Par Laura Khassouf

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