« VICE-VERSA », ou tout le génie de Pixar en un seul film


Avec un scénario original et un univers incroyablement dingue, Vice-Versa est incontestablement la preuve que Pixar peut encore créer, innover… et nous bluffer.

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© Pixar Disney

Pixar, c’est le studio qui nous fait croire que nos jouets bougent quand on a le dos tourné, que les monstres dans nos placards vivent de nos frayeurs, qu’un robot sauvera l’humanité, et maintenant, que nos émotions sont déterminées par des petits bonhommes logés bien confortablement dans notre tête.

Car dans Vice-Versa (Inside Out) leur nouveau bijou aux prouesses techniques absolument folles, nous faisons la connaissance de Joie, Tristesse, Dégout, Peur et Colère. Autrement dit, les émotions qui se cachent dans la tête de la petite Riley, toujours souriante et croquant la vie à pleines dents…. Jusqu’à l’arrivée d’un événement majeur dans sa vie : le déménagement à San Francisco, qui a l’effet d’un véritable cataclysme sur elle. C’est ainsi que l’on devient le spectateur de ce qu’il se passe dans sa tête, de la façon dont ses émotions tentent de remettre de l’ordre pour vivre bien paisiblement comme avant.

C’est dans un rythme effréné, où l’on a à peine le temps de tout savourer tellement l’univers est vaste et les détails si nombreux, que l’on se rend compte de tout le génie du studio Pixar. Ou plutôt, que l’on se demande où les créateurs de Vice-Versa ont pu dénicher toutes ces fabuleuses idées. Car dans ce nouveau film d’animation, il n’y a pas de « déjà vu », tout est création. L’imagination des créateurs ne peut être que débordante et ingénieuse pour faire de l’univers abstrait des émotions un monde tout à fait concret.

Il faut en effet avoir à l’esprit que Vice-Versa, au-delà de voir des émotions incarnées en personnages, nous donne une explication certes imaginaire et poétique mais surtout rationnelle et concrète à tout ce qui ne l’est pas : l’oubli d’un souvenir, l’imagination, le subconscient, la fabrication d’un rêve, le passage marquant d’une vie, voire même, ces refrains entêtants qui nous reviennent de temps en temps de façon inexpliquée.

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© Pixar Disney

Le génie tient essentiellement dans le fait qu’en plus de nous montrer les émotions, il nous les fait vivre. Dans Vice-Versa, on sourit aux éclats grâce à un humour dont seul Pixar connait les ingrédients, on pleure comme une madeleine à certains moments, on a peur de l’issue de cette aventure, on ressent le dégoût ou la colère en même temps que la petite fille. Le film est d’autant plus efficace qu’il dépeint des quantités de situations que l’on a forcément vécu un jour, par exemple, celle où l’un de nos parents veut nous faire goûter un aliment jusqu’alors inconnu.

Mais Vice-Versa se veut surtout être un film sur la mélancolie, et en profite par ailleurs pour dépeindre une sorte de déterminisme des émotions, où toutes nos actions du quotidien ne seraient que le résultat de nos états d’âme. Pour couronner le tout, la petite morale de l’histoire, qui se construit tout au long du film et éclot lors de la scène finale…

En somme, Vice-Versa est un nouveau chef d’œuvre signé Pixar, sans doute le meilleur depuis Là-Haut. On trouve par ailleurs une grande similitude absolument essentielle avec ce dernier… celle d’être un film pas vraiment adapté aux plus petits, mais surtout apprécié par les plus grands.

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Bande-Annonce de Vice-Versa (Inside Out) réalisé par Pete Docter (Monstres et Cie, Là-Haut), en salles dès le 17 juin.

Avec les voix de Charlotte Le Bon, Mélanie Laurent, Marilou Berry, Pierre Niney et Gilles Lellouche

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Par Yohann Sed

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