Sense8, la série démente des Wachowski


Disponible depuis le 5 juin sur Netflix aux States et en France, Andy et Lana Wachowski, réalisateurs déjantés de science-fiction livrent une série incroyablement habile et personnelle.

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On connait la trilogie culte Matrix, on connait Cloud Atlas ou récemment Jupiter-Le Destin de l’Univers. Mais Netflix a lancé un pari dingue aux frère et sœur Wachowski, celui de réaliser une série de science fiction en 12 épisodes. Le résultat ? Sense8, une série qui sort du lot. Certains fans affichent leur déception; mais il est interdit de dire que Sense8 ne s’inscrit pas dans la folie et la créativité innovante des Wachowski. La mise en scène est audacieuse, et surtout, Sense8 c’est un scénario de fou ! Dès le pilote, le téléspectateur est happé par le rythme imposé, par le nombre de personnages et leur importance dans le récit. Sense8 pourrait faire penser à Cloud  Atlas avec sa narration entremêlée de flash-backs et d’ellipses, or dans la série ce sont huit personnes, qui au même moment et à travers le monde, se retrouvent connectées. Le destin de ces huit individus, appelés sensitifs, sont reliés à celui d’une femme, leur mère, Daryl Hannah, la marquante Elle dans Kill Bill. Mais, très vite dans l’intrigue elle se tire, malheureusement une balle dans la tête, (ceci n’est pas un spoil !),  pour sauver le cercle des huit, qui risque d’être chassé et torturé par une organisation secrète. Dur à suivre n’est ce pas ? Ces huit personnes expérimentent de drôles de choses, des apparitions, des hallucinations. Elles sont toutes reliées psychiquement les unes aux autres, sorte de télépathie surréaliste.

Ce qu’on aime et dont on devient vite addict, c’est l’universalité du propos qui relie huit êtres humains à travers le globe. Il y a Ryley, une islandaise DJ qui traîne dans la drogue, Wolfgang, un cambrioleur de diamants berlinois, Sun, une femme d’affaire coréenne soumise à son père, Lito, un acteur gay de drama mexicain,  Will un flic de Chicago, Kala une indienne forcée au mariage, Capheus un chauffeur de bus kényan qui se bat pour soigner sa mère du sida, puis il y a Nomi, une trans blogueuse qui milite pour les droits civils, interprétée par Jamie Clayton, vrai transsexuelle dans la vie. Et c’est ce qu’on aime aussi, le parti pris des Wachowski, à la recherche d’une utopie où l’humanité pourrait s’accorder. Les réalisateurs sont militants et affichent la différence comme une normalité, d’où l’idée utopiste qui peut sembler niaise, mais  à quoi servirait la fiction si le cinéma et la télévision ne peuvent être le manifeste d’un monde meilleur ?  Sense8 est une série transgenre, et sa force se trouve dans la choralité de ces personnages. Imaginez qu’on peut se trouver dans la tête d’une personne qui se situe de l’autre coté de la Terre, qu’on puisse ressentir ses émotions, sa colère et sa joie?  Filmé dans des décors réels, les Wachowski, du Kenya aux montagnes islandaises, nous emmènent dans un voyage psychique et aberrant, un voyage plein d’action qui ne nous laisse pas indemne. Quand une série est réussie, c’est quand on devient accro et que l’on réclame une deuxième saison, c’est le cas pour Sense8. In the meantime, les 12 épisodes de la saison 1 sont sur Netflix.

Par Gabriel De Bortoli

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