« JURASSIC WORLD », décevant


Le quatrième opus de la légendaire franchise réalisé par Colin Trevorrow déçoit les critiques mais s’annonce être un carton au Box-Office mondial pour cet été. Une injustice !

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JURASSIC-WORLD-Chris-Pratt-Bryce-Dallas-Howard

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C’est la nostalgie qui vous prend car on sort de la salle, enfin, si l’on reste jusqu’à la fin ! On se souvient du premier Jurassic Park de Spielberg, si terrifiant et mystique à la fois. Il y a 22 ans, qui n’était pas traumatisé par le T.Rex bouffeur d’humains? Personne ! Eh bien dans le Jurassic World, c’est différent, on passe d’un film culte à un blockbuster commercial et bourré de clichés. Dans le même parc d’attraction tout est devenu bling bling, c’est la société capitaliste qu’on célèbre ! L’entertainment au centre des préoccupations, il faut payer pour voir des dinos, payer pour voir du sensationnel. Les dirigeants du parc l’ont compris et ont créé de toute pièce un dinosaure hybride, appelé l’Indominus Rex. D’une intelligence incroyable, il fallait s’en douter, le reptile s’échappe de sa cage et bouffe tout sur son passage, il tue pour le plaisir. Les effets spéciaux sont pas mal, rien à dire sur ce sujet, les images de synthèse coupent le souffle, le film doit cela aux studios Legacy Effetcs. Mais pour le reste, quel carnage ! Les acteurs sont pitoyables,  le mélo, ils adorent. On note la scène du baiser, la plus merdique de l’histoire du cinéma, entre Owen, (Chris Pratt), éleveur de raptors, brute et misogyne et Claire ( Bryce Dallas Howard), docteur working-girl qui n’a pas une minute à accorder à ces neveux venus visiter le parc jusqu’à ce qu’un des deux se fasse à moitié bâfrer par un dino. On a l’impression que le film délivre des messages moralisateurs, mais en réalité ces messages se répertorient sur une longue liste de clichés. Par exemple, cette même Claire, court dans jungle avec des talons de 12 cm et se veut féminine dans n’importe quelle situation. Irrationnel ! Ce n’est pas tout, Claire, femme indépendante et dévouée pour son boulot fini par se faire embobiner par le macho dresseur de raptors,  l’amour rend aveugle et elle conclut que rien n’est plus important que de faire des enfants ! Une claque à tous les féministes ! Puis il y a aussi le coté green-écolo du film, comme une publicité anti-OGM, celle qui dit «  l’Homme ne doit pas modifier Mère Nature ». En même temps quelle idée de ressusciter des dinosaures ?

Seul point fort du film, et non coupé au montage, notre Omar Sy national, qui à l’air de s’éclater dans cette super-production. On est surpris de l’entendre lâcher quelques mots en français, du type, « Oh merde » ou «Fais chier ».  Mais pour finir, c’est bien la nostalgie qui porte le film, on retrouvera quelques clins d’œil aux premiers opus ; des vieux bâtiments abandonnés et une Jeep bidouillée portant le vieux logo sur sa carrosserie. Puis notre bon vieux T.Rex, comme pour tirer sa révérence s’avère être la vraie star du film. Jurassic World, blockbuster le plus attendu de cette année n’est finalement qu’un film sexiste et stéréotypé destiné à un panel de spectateurs, avide d’action et de sensation forte, rien de plus. Dommage. 

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Par Gabriel De Bortoli

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