Rencontre – Camp Claude prend le large


Vendredi 13 février, 19h30. Installée dans la cale de l’Iboat, dans un coin du restaurant qui y a été aménagé, je fais la connaissance de Diane Sagnier, chanteuse du groupe Camp Claude, qui prend ce soir le navire d’assaut dans le cadre du festival Vie Sauvage. Diane rit fort, place des mots en anglais au milieu de ses phrases. Elle possède cette nonchalance et cette malice qu’on retrouve dans tout ce qu’elle produit. L’entretien durera une vingtaine de minutes, le temps de mieux découvrir le monde de Camp Claude et de parler passé, présent et (un peu) avenir avec sa chanteuse. Récit.campclaude_sarahbastin_rockenseine_01

(c) Sarah Bastin

Camp Claude, c’est toi Diane, mais c’est aussi Mike et Leo, membres du groupe Tristesse Contemporaine. Comment est née votre collaboration ?

J’ai rencontré Mike et Leo dans le cadre d’un taf pour Tristesse Contemporaine, parce que je suis à la base photographe et réalisatrice. On a travaillé ensemble pour un clip et on s’est bien entendus. Ils ont vu que j’avais une guitare chez moi, et sachant qu’ils bossent sur plein de choses différentes et qu’ils avaient envie de faire quelque chose de nouveau, ils m’ont proposé de passer à leur studio, d’essayer de voir si on pouvait faire des petites choses et ça a bien marché. En fin d’année 2013, on s’est vus plusieurs fois par mois, on composait, on échangeait, on faisait avancer un peu le truc et quand on a eu peut-être une dizaine de morceaux, on s’est dit « why not, making something ! »

Ce qui est assez incroyable, c’est que Camp Claude n’existe que depuis un an et demi…

C’est parti d’un coup, on a rendu notre musique publique en novembre 2013 et tout s’est enchaîné, on a participé au tremplin des Inrocks alors qu’on n’avait encore jamais bossé les morceaux tous les trois, un de nos titres a figuré sur la compil’ Colette, on a fait la première partie de Queens of the Stone Age à Montpellier, puis Rock en Seine aussi, incroyable… Plein de « awesome coïncidences » (sic), de la chance et de la musique.

Tu es franco-américaine, Mike est anglais et Leo est suédois. Plus jeune, tu as fait un peu de folk, puis tu as fait partie d’un groupe de punk… Très éclectique ! Quelles sont vos influences ?

J’adore le rock, tout ce qui bouge, ce qui est un peu plus électro, la pop, le trip hop aussi… Et c’est pareil pour les garçons, ils ont plein d’influences différentes mais on est d’accord sur une chose, c’est sur l’énergie qu’on veut mettre. Il n’y a pas de groupe qui nous inspire particulièrement, c’est le mélange de nos différentes cultures qui donne Camp Claude (elle le prononce à l’américaine).

Tu es photographe, le rapport avec l’image est donc important, on le voit d’ailleurs dans vos clips. Comment parviens-tu à faire le lien avec la musique ? Est-ce la musique qui t’inspire des images ou l’inverse ?

Ça dépend, toutes les chansons sont différentes. Parfois, Leo propose une prod et on pose des paroles dessus avec Mike, ou bien les paroles sont déjà présentes, les garçons s’inspirent de mes images autant que mes images sont inspirées par leur musique. Ça peut partir d’un riff de guitare tout comme ça peut juste venir d’un moment de vie.

Vous avez signé chez Believe en octobre dernier. Qu’est-il advenu de cette touche « homemade » qui caractérise vos morceaux ?

On a continué à enregistrer l’album de la même manière qu’on a enregistré nos premières démos, parce qu’on est quand même bien dans notre petit studio, on aime bien faire ça « à la maison ». La maison de disques veut juste un bon album, nous aussi, donc on continue, et c’est en bonne route !

Le nom de Camp Claude a beaucoup circulé à Paris l’année dernière mais n’est pas encore vraiment arrivé en province. L’accueil y est différent ?

C’est vrai que c’est à Paris qu’ont lieu tous les showcases, les tremplins, mais on est encore un bébé groupe, presque tous nos concerts de l’an dernier étaient des premiers concerts. Les gens qui venaient nous voir, c’étaient surtout des pros, ou bien des personnes venues voir le groupe d’après… ou nos potes ! Evidemment, on a connu des dates avec moins de public, mais à la fin de l’année dernière, à Lille, pour une de nos dernières dates, on s’est retrouvés face à un groupe de jeunes qui connaissaient certains morceaux, donc c’était marrant. Mais je trouve déjà incroyable que même à Paris, des gens nous connaissent. C’est allé trop vite, c’est tellement chelou !

Et cet album, quand pourra-t-on l’entendre ?

Il devrait arriver en septembre ! Il nous reste à faire quelques prises voix, quelques prises clavier, des choses qu’on ne peut pas faire dans notre petit studio. Ce sera un gros mix, on a des ballades, des morceaux beaucoup plus rock, on en a même un limite trip hop, des trucs presque rappés.

Il y a aussi cette tournée qui se poursuit…

Oui, on a encore quelques dates jusqu’à avril, fin février à Grenoble, le festival Chorus à la Défense en mars, et surtout, le 9 avril, le Point Éphémère ! On va pouvoir encore s’entraîner à jouer nos morceaux jusque là, on est contents. Pour l’instant, on se concentre sur le live, ensuite on fera évoluer notre scénographie, mais tout ça viendra avec le temps.

Avec tout ça, comment fais-tu pour mener conjointement tes activités de chanteuse et de photographe ?

J’ai réussi à trouver un équilibre bien que ça ait été un peu chaotique l’année dernière. C’est beaucoup de boulot tout le temps, c’est difficile d’intégrer une deuxième activité dans un métier qui était déjà à temps plein ! Je dors bien, je sors moins, mais c’est très bien comme ça. En tout cas, on fait avancer Camp Claude au jour le jour, on prend ce qui vient, on fait nos morceaux et on verra qui s’y intéresse après !

Les programmations des festivals commencent à être dévoilées, vous avez participé à Rock en Seine l’été dernier… Il y en a un qui te ferait rêver ? En France ou ailleurs…

Les Eurockéennes de Belfort. Ou Coachella, bien sûr, mais je crois que ça commence à devenir un peu ringard de dire ça, alors je suis mitigée ! Mais tous les festivals qui sont au soleil, en mode bonne ambiance et « cool cadre », je ne vois pas comment ça pourrait être à jeter.

Pour finir, que peut-on souhaiter à Camp Claude pour la suite ?

Une cool année 2015… Que ce soit l’évolution de 2014 et non la régression !

Propos recueillis par Sarah Choteau

(Un grand merci à Diane, Michele pour Believe, le Festival Vie Sauvage et l’Iboat)

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