Une merveilleuse histoire du temps – Une petite pépite d’émotions


Jusqu’à la semaine dernière, lorsqu’on me parlait de Stephen Hawking, je visualisais tout de suite ce physicien brillant et handicapé, paralysé de la majeure partie de son corps ; mais en grand fan des Pink Floyd, son nom m’évoquait surtout deux morceaux du groupe britannique, puisqu’il prête sa voix artificielle, celle qu’il utilise pour communiquer, sur les chansons « Keep Talking », et « Talking Hawking ».

Hier, donc, je suis allé au cinéma, curieux mais sans attente particulière, voir Une extraordinaire histoire du temps (réalisé par James Marsh), un biopic retraçant la majeure partie de sa vie.

L’histoire d’une vie.

Une incroyable histoire du temps, c’est d’abord la rencontre entre un jeune étudiant en science surdoué, et une magnifique étudiante en poésie médiévale. En marge de cette véritable idylle, les premiers signes d’un problème moteur se font pourtant sentir : démarche laborieuse, doigts crispés. Suite à une violent chute, le verdict tombe : Stephen Hawking est atteint de dystrophie neuromusculaire, et il est condamné à ne vivre que 2 ans de plus.

Mais parce qu’il crut en ses rêves, qu’il fut aimé et qu’il ne renonça jamais, il vécut finalement beaucoup plus- il est toujours en vie, âgé de 73 ans – et devint un physicien et cosmologue reconnu dans le monde entier.

Stephen Hawking, un homme ordinaire au destin extraordinaire.

Pour le spectateur, c’est incroyable de voir cet homme qui fléchit physiquement, mais grandit intellectuellement, jusqu’à effectuer des prouesses scientifiques révolutionnaires. Certains diront que ce film est peut-être trop optimiste, et que rare sont les malades capables d’exploits tels que ceux effectués par Stephen Hawking, mais l’objet n’est pas là ! C’est avant tout un film d’amour, d’abord entre un homme malade, et sa femme aimante prête à tout pour l’aider ; puis, après leur rupture, un amour entre des parents et leurs enfants. Le film insuffle vraiment des messages positifs, comme le fait de toujours croire en ses rêves, de ne jamais cesser de se battre malgré les obstacles de la vie, et de ne surtout jamais cesser d’aimer son entourage, car il est le moteur de tout exploit.

Si ce film est tant réussi, c’est parce qu’il manie à merveille le passage entre des moments bouleversants et tristes, et des moments plus tendres, voire franchement drôles. Une grande empathie se crée entre le personnage principal et le spectateur, et l’on se sent presque garant de sa réussite.

La symbolique du temps.

Comme le titre l’indique, le temps a ici une importance majeure.

La vie de Stephen Hawking est tout d’abord une course contre le temps qui s’enfuit. Se croyant condamné à ne vivre que deux ans, il va vivre pleinement chaque instant de sa vie, rattraper ce temps qui lui est compté : il va donc se marier, avoir deux enfants, puis un troisième, et mener une carrière scientifique remarquable.

Car le temps, c’est aussi le sujet d’étude de Stephen Hawking. Ce mot apparaît d’ailleurs dans le titre son ouvrage best-seller Une brève histoire du temps. Le film a la grande richesse de montrer en parallèle la vie privée du cosmologue et ses travaux scientifiques. Pas besoin de s’y connaître en science pour comprendre les théories avancées, car Stephen Hawking lui-même est un très bon vulgarisateur.

Deux acteurs brillants.

Mélange réussi entre épreuves personnelles et exploits professionnels, entre émotion et joie, Une merveilleuse histoire du temps est avant tout porté par deux acteurs brillants. Eddie Redmayne est vraiment épatant dans le rôle de Stephen Hawking. Il arrive à faire passer de très nombreuses émotions, tout en étant limité physiquement. Il passe en effet les ¾ du film sur un fauteuil roulant, sans bouger, mais est transmis par son regard et sa voix. Cette voix, Stephen Hawking en fut privé en 1985 suite à une trachéotomie, et ne put alors s’exprimer ensuite seulement par le biais d’un ordinateur, qui retransmet à l’oral, par une voix synthétique, ce qu’il écrit.
Le rôle est donc très complexe pour Eddie Redmayne, qui relève grandement le défi.

L’autre pilier du film est Felicity Jones, qui campe la femme de Stephen Hawking. Elle crève l’écran par son sourire, qui disparaît d’ailleurs peu à peu, au fil des épreuves que son personnage subit. Elle porte en effet à bout de bras la maladie de son mari, jusqu’à laisser de côté sa propre personnalité. Elle retrouvera le bonheur auprès d’un autre homme, son prof de chorale, et sa séparation avec Stephen Hawking se fit sans heurt, puisqu’ils sont encore amis à l’heure actuelle. Elle reste donc un modèle de femme aimante et incroyablement courageuse, et l’actrice Felicity Jones retranscrit parfaitement toutes ses facettes.

Porté par deux acteurs extraordinaires, et une magnifique réalisation, Une merveilleuse histoire du temps est donc un bijou d’émotion et d’espoir, d’amour et de courage, que je vous encourage vivement à aller voir.

Clément Corbiat.

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