Rencontre avec Géraldine Nakache – « Avec mon frère, on parle de cinéma comme t’en parlerais avec ton cousin »


Vendredi 16 janvier, Géraldine Nakache était présente à Bordeaux pour présenter le film Rendez-vous à Atlit de Shirel Amitaï, dans lequel elle joue. Super Bobine l’a rencontré. L’actrice révélée au grand public par le film Tout ce qui brille nous parle de sa carrière, de ses débuts à la télévision à son succès au cinéma, en passant par Kaamelott et sa relation avec son frère !

Super BobineVous avez débuté votre carrière de comédienne à la télévision, notamment sur Comédie avec la « Téloose ». Quels souvenirs gardez-vous de cette époque ?

Géraldine Nakache : C’était très joyeux, j’avais vraiment l’impression que personne ne le voyait sauf nous.

Moi je regardais !

Ha beh c’est vous qui regardiez en fait, on a trouvé le seul spectateur ! (rire) Non, c’était super joyeux. Y’a à boire et à manger, et à vomir aussi parfois, mais c’était super car on travaillait dans une énergie super, on était des potes, et on fabriquait. On apprenait tous un peu sur le terrain. Donc c’était un peu approximatif, mais c’est une bonne école.

Comment se passaient les séances d’écriture, avec autant de comédiens ?

Personne n’était comédien, c’est pour ça que ça se passait bien. Personne n’était auteur, on écrivait tous, puis on faisait valider par les producteurs, et on enchaînait avec le tournage. C’était un rythme un peu trépidant, qui laissait donc parfois passer des truc un peu de mauvais goût, mais quand c’était bien, c’était super ! Et puis surtout ça nous a apprit, surtout pour ceux qui sont devenus comédiens par la suite, à pas trop se regarder, donc c’était pas mal.

Vous aimeriez refaire des sketchs à la télévision ?

Je l’ai fait, par exemple dans Le Débarquement sur Canal +. Et puis dans certaines comédies, comme Le Marsupilami par exemple (de Alain Chabat, 2012, NDLR), pour moi c’était comme des sketchs, même si c’était de la fiction, avec un axe narratif, c’était un prolongement, en fait.

Et en télévision vous avez fait des choses marquantes, comme Kaamelott, même si ce n’était que trois épisodes.

Oui Kaamelott, c’était génial à faire. On m’en parle très très souvent. En plus c’était des épisodes particuliers, c’était des épisodes longs. Après ils ont étés morcelés je crois, mais ils ont étés beaucoup diffusés, et c’était super. En plus je l’ai fait juste après Comme t’y es belle, donc je n’avais pas beaucoup d’expérience. Et je m’étais éclaté ! Ça faisait assez flipper car il fallait tourner beaucoup de « minutes utiles » par jour, car l’industrie de la télé ne permet pas de prendre plus de temps, comme au cinéma par exemple. Mais c’était super, super !

Dans Kaamelott, avec Alain Chabat.

Un film Kaamelott devrait se faire. Vous savez si vous allez avoir votre place dedans ?

Ha non je ne sais pas du tout. J’ai joué dans l’Astérix d’Alex Astier, je faisais une voix, et je sais pas si je serai dans Kaamelott. En même temps je ne suis pas du tout un rôle récurant, donc je ne sais pas pourquoi j’y serais. Mais j’irai le voir en tout cas !

Vous avez donc débuté au cinéma en 2006 avec Comme t’y es belle, puis vous avez fait un court-métrage Tout ce qui brille, avant le long-métrage. C’était un projet que vous aviez depuis longtemps ?

En fait on a triché un peu. Souvent on fait un court-métrage et après on écrit le long-métrage. On a fait croire que c’était venu du court-métrage, mais en fait on a écrit un long-métrage, et comme on savait qu’on sortait de nulle part et que les gens n’allaient pas nous faire confiance, on a fait croire que l’idée était venue d’un court-métrage qu’on aurait eut fait avant. Mais en fait on l’a fait pendant. Comme ça a été très très long à se monter, on s’est dit que c’était normal que les gens veuillent voir comment on tient une caméra, donc on a fait ça pendant. Dans le long-métrage Tout ce qui brille, on n’a pas gardé des scènes du court-métrage. C’était un sorte de préquel. Parce que sinon quand tu dois retourner la séquence pour le long-métrage c’est horrible. C’est les mêmes personnages, mais c’est pas la même histoire. C’est un road-trip parisien. 

 Vous avez été nommé au césar du meilleur premier film en 2011 pour Tout ce qui brille

(elle nous coupe) Et Leïla a eu le prix du meilleur espoir !

Pour une jeune réalisatrice, cette reconnaissance, c’est une pression ? 

On était ravis et fières, d’être reconnus par ses paires c’est génial, mais on ne se rendait pas bien compte, je crois. C’est vachement plus surprenant les gens dans la rue qui viennent te voir et te parler, que ces trucs là qui sont un peu hors du temps. Après c’est super, tu met des belles robes, y’a un tapis rouge et tout, mais c’est un peu compliqué à comprendre. Après le moment est super. Quand Leïla monte sur scène pour récupérer son prix, c’est un moment qui est gravé dans ma tête.

Géraldine Nakache et Leïla Bekhti.

Votre frère a aussi beaucoup de succès (Olivier Nakache, co-réalisateur de Nos Jours Heureux, Intouchable). Est-ce qu’il y a une petite compétition fraternelle entre vous ?

Ha non, c’est pas dans le radar familial la compétition. On parle de cinéma, car on fait la même chose, qu’on est que deux et que nos parents n’ont rien à voir avec ça, forcément on parle un peu de cinéma. Mais on parle de cinéma comme t’en parlerais avec ton cousin. Il n’y a pas de carrière, il n’y a pas de concurrence. C’est mon grand frère, donc forcément c’est lui qui a essuyé les plâtres, c’est lui qui a ouvert la voie. C’est lui quoi.

Est-ce que vous envisagez un projet commun ?

Non c’est pas prévu. Il me donne des conseils quand je lui demande, mais il n’a pas l’audace de s’imposer. On est plutôt assez pudique dans la famille, il y a toujours beaucoup de réserve. Le cinéma c’est pas notre priorité.

En 9 ans de carrière au cinéma, vous avez fait 18 films, dont 3 qui sortent cette année. Quelle est votre meilleur souvenir ?

Mon meilleur souvenir c’est Tout ce qui brille. Parce que c’est que c’est que des premières fois, et c’est ma rencontre avec Leïla Bekhti. Mais à chaque fois il y a des souvenirs qui se greffent. Là, en l’occurrence, sur Atlit c’était la rencontre avec Yaël Abecassis et Judit Chemla, qui sont des personnes importantes dans ma vie. Donc c’est vrai que dans chaque aventure il y a un truc où il se passe quelque chose. Parfois il ne se passe rien mais c’est pas grave car il reste un film et c’est cool !

Et les amitiés du cinéma, c’est des amitiés qui restent ?

T’en penses quoi ? J’ai l’impression qu’avec Leïla Bekhti c’est plus qu’une amitié. C’est la sororité là !

Merci beaucoup !

Merci !

Article et propos recueillis par Clément Corbiat.

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