« WILD » : sur la route de la rédemption avec Reese Witherspoon


Wild s’inscrit comme le road-movie de ce début d’année, qui offre à Reese Witherspoon sa chance d’obtenir la statuette tant enviée des Oscars. Super Bobine est allé s’offrir un voyage à travers la quête d’une jeune femme qui va tout donner d’elle-même le long d’une randonnée…

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Y’a pas à dire, le cinéma canadien se porte très bien. Entre Jean-Marc Vallée, Denis Villeneuve ou le prodige Xavier Dolan, ces réalisateurs ont, ces dernières années, considérablement marqué le 7ème art.

C’est alors qu’après le marquant Dallas Buyers Club, le Québécois Jean-Marc Vallée propose l’adaptation du livre de Cheryl Strayed. Cheryl se lance dans une randonnée solitaire de 1700 km, le Pacific Crest Trail, sur la côte ouest des Etats-Unis. A travers ce périple elle cherche à se reconstruire après un passé tourmenté par la mort de sa mère, un divorce et la drogue.

Wild, ça sonnait encore comme un trip à la Into The Wild de Sean Penn ou aux 127 heures de Danny Boyle. En fait, le film s’inscrit dans une impasse entre les deux. Jean-Marc Vallée privilégie la marche mentale de la jeune femme, qui a le souhait de retrouver une vie seine d’esprit et de corps. Ce film ne cherche pas à en mettre plein la vue au spectateur, le réalisateur se concentre sur Cheryl qui entame une fouille dans sa mémoire afin de se purger. Cette marche est une véritable thérapie pour elle, et ses souvenirs sont renvoyés au spectateur sous forme de flash-back. Les paysages sont alors relégués au second plan, peut-être mal exploités pour en faire un grand film.

Deux heures sur la randonnée d’une femme solitaire aurait présagé un film long, or, son chemin va croiser des personnages et des situations qui vont rendre son parcours intéressant. Suivie d’un renard qui se trouve surement être une projection de sa mère, son chemin périlleux (chaussures trop petites, sac deux fois plus gros qu’elle, chasseurs pervers…) va faire d’elle un personnage attachant et courageux. Les citations qu’elle inscrit sur ses cahiers montrent sa volonté à avancer, à se reconstruire. Elle dit qu’elle veut abandonner son périple toutes les deux minutes mais chaque pas est vu pour elle comme une délivrance, vers un nouveau départ de vie.

El Condor Pasa de Simon and Garfunkel, la BO du film, habille parfaitement ce voyage en terre californienne. La musique donne le rythme au film, Cheryl chante pour occuper sa solitude et chaque titre rend les retours en arrière émouvants.

Cette jeune femme est jouée par la convaincante Reese Witherspoon qui signe ici son meilleur rôle. Elle est juste dans son jeu mais ne dégage pas une émotion particulière. Ce personnage à la recherche de soi-même, lui vaut alors une nomination pour le prix de la meilleure actrice aux prochains Oscars. Est-ce qu’elle le mérite vraiment ? Rien n’est moins sûr, surtout aux vues de ses concurrentes. Selon Super Bobine, ce sera dur de rivaliser avec Julianne Moore pour son rôle dans Still Alive ou Rosamund Pike dans Gone Girl. Reese fait par ailleurs partie des producteurs du film de Fincher) Loin des petites comédies qui l’on révélées, elle efface l’image de « la blonde » et s’impose actuellement comme l’une des femmes les plus puissantes d’Hollywood puisqu’elle est également productrice, ce qui est le cas pour Wild, mais également du dernier film de David Fincher, Gone Girls.

C’est alors sans surprise que le spectateur se retrouve à la fin du film de Jean-Marc Vallée. On s’y est laisse porter, captivé par cette femme perdue dans sa vie. Tout au long de son parcours, le spectateur a peur avec elle, lors de ses différentes rencontres. Luttant chaque instant pour renoncer, c’est avec rage que le personnage incarné par Reese Witherspoon, passe d’une femme paumée à une femme forte. En bref, Wild est une production hollywoodienne comme on les aime.

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Par Sophie Lalagüe

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