Le 11 janvier, l’union fait la force – vos messages


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Camille

 Après trois jours suspendue dans le temps, fixée devant ma télévision, à attendre que l’on nous annonce un nouveau mort, on peut enfin souffler. On peut enfin reprendre notre vie. Les politiques vont reprendre leurs conflits, les chaines de télévisions vont reprendre leur programmation normale, dans leur recherche toujours plus folle de l’audimat, mais surtout, nous allons tous redevenir seuls, individualistes, oubliant l’élan de « vivre ensemble » de ces derniers jours. Beaucoup disent qu’il y aura un après Charlie Hebdo, alors si nous pouvons trouver ne serait-ce qu’un seul changement positif, il est bien là : ne pas oublier que nous sommes ensemble, que nous nous battons pour les même droits et les même valeurs. Nous sommes Charlie depuis 3 jours, mais soyons français, ensemble, au quotidien, et jusqu’à jamais. Utopiste ? Peut-être, mais j’ai envie d’essayer d’y croire.

 Claire

Je n’ai que deux mots en tête à propos des attentats qui ont frappé notre pays ces derniers jours : tristement inhumains. Face à la barbarie, la France s’est relevée, soudée dans un incroyable sursaut d’unité.
J’ai trouvé cette France belle et émouvante. Pourtant, déjà, la vie reprend doucement son cours. Le soir même de l’attentat contre Charlie Hebdo, après m’être rendue l’après-midi au rassemblement, je reprenais mes révisions pour les partiels. Et malgré moi, je pensais : « vivement que ces épreuves soient terminées ». Je retrouvais le confort de ma vie, et ses tracas superflus. Voilà qui est tristement humain. Quelque part, tant mieux. Personne ne peut porter tous les malheurs du monde sur ses épaules. Mais il ne faut pas non plus détourner le regard. Il faut un éveil des consciences. Ce n’est plus possible de faire des amalgames. J’espère simplement que cet élan de solidarité va se muer en un élan de « vivre ensemble ». Quand l’émotion va retomber, quand les colères vont s’apaiser, il ne faudra pas oublier. Nous sommes Charlie et tous les autres : connus ou anonymes, juifs, chrétiens ou musulmans, faisons en sorte qu’ils ne soient pas morts pour rien.

Cédric

 Nous sommes sonnés, nous avons la gueule de bois. L’effroyable attaque dont a été victime Charlie Hebdo porte violemment atteinte à un principe fondamental de notre société qu’est la liberté d’expression. Ces personnes qui ont attaqué la rédaction, ces lâches ne nous ont pas désolidarisés comme ils l’espéraient, ils n’ont fait que nous rapprocher autour de ces valeurs qui nous sont chères et qui valent la peine que l’on se batte pour. Même si Charlie Hebdo ne faisait pas l’unanimité, il était le symbole d’un combat contre le racisme d’une certaine idée de la liberté de la presse. Restons forts. Nous sommes Charlie.

 

 Clément

 Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Honoré, Bernard Maris, Elsa Cayat, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, Frédéric Boisseau, Franck Brinsolaro, Ahmed Merabe. Ils sont tous morts, putain. Cabu et les autres étaient si drôles. De « vrais gentils ». Insolents, irrévérencieux et irritants, mais réellement gentils. Comment peut-on penser autre chose de personnes qui passent leur vie entière à vouloir nous faire rire, et surtout nous informer du monde dans lequel on vit, dénoncer les travers de notre société ? Mais plus que le meurtre abominable d’innocents, ce massacre est un attentat envers nous tous, envers les journalistes, envers la police, envers la liberté, envers la France. On a voulu faire taire la liberté d’expression, s’attaquer au symbole de la démocratie. En France, dans le pays de Voltaire et de l’humaniste Montaigne, on a osé s’attaquer à la figure du journalisme, ce contre-pouvoir parfois sclérosé mais qui se bat pour la vérité. Charlie Hebdo EST un des seuls journaux à réellement oser tout défier : la politique – droite, centre, gauche et extrêmes-, la religion – christianisme, islam et judaïsme -, la pédophilie, le terrorisme, etc… Bien sûr que, parfois, Charlie Hebdo me choquait. Parfois je me disais « rho quand même ils exagèrent là ! » Mais heureusement qu’il y’a encore des gens qui nous choquent ! Le poil à gratter, c’est bon pour ne pas s’endormir, pour ne pas se reposer sur nos lauriers. Il faut sans cesse bousculer, déranger, secouer les entités en place. Jusqu’au 7 janvier 2015, Charlie Hebdo montrait qu’il existait encore une démocratie en France. Et c’est ça qu’on a voulu abattre. La parole, le droit de s’exprimer, de dire ce qu’on pense. Car oui, la pensée unique est insupportable. J’ai lu quelque part : « Ils ont voulu tuer Charlie Hebdo. Ils l’ont rendu immortel ». C’est vrai. Charlie Hebdo ne mourra pas, et la liberté d’expression ne mourra pas. Mis à part quelques abrutis sans cœur, toute la population française et bien plus encore a été unanime, s’est rassemblée d’une même voie. C’est encourageant. Cela veut dire que ce qui s’est passé n’est pas normal, et que cela ne doit plus jamais arriver. Désormais, ne cédons pas à la violence, ne faisons pas d’amalgames. Ils ont voulu nous diviser : ils nous ont soudés.  A l’heure où j’écris ces lignes, un homme, vraisemblablement en lien avec les terroristes de Charlie Hebdo, a tué 3 personnes, dont 2 suite à une prise d’otage. J’ai honte de partager l’étiquette « humain » avec ces individus. J’ai peur aussi. Pas pour moi, mais pour la société dans laquelle je suis en train de grandir. Mais ne plions pas, ils ne gagneront pas. La liberté d’expression vivra, pour toujours. Mais elle est un combat perpétuel.

 

Florian

Croire en quelque chose est essentielle. Croire en un Dieu est une alternative, mais bafouer l’une des règles les plus importantes instaurées par celui-ci fait d’eux des parias, des rebuts ! Il y avait, il y a et il y aura toujours une multitude de religions et croyances avec un objectif commun : la paix ! Il n’existe AUCUNE entité qui prône autant de violence et de sacrifices, seulement que l’homme par son fanatisme interprète le faux !

 

Jérémy

 Je ne lisais pas Charlie Hebdo, du moins je n’allais pas chaque semaine en kiosque l’acheter. Mais j’adorais tomber sur leurs dessins qui m’ont toujours fait rire. Je ne les ai jamais considéré ni comme les chevaliers blancs défenseurs de la liberté de la presse, ni comme des provocateurs. Simplement des dessinateurs de presse, des caricaturistes qui comme nous tous peuvent rire d’absolument tout sans tabou, sans restriction, sans symbolisme, sans limite, sans censure. En ça, et simplement parce que ce sont des vies humaines qui ont été massacrées, je suis Charlie.

 

 Léna

Le 7 janvier 2015 aura marqué ma mémoire à tout jamais. Le matin même, je planchais sur un partiel d’histoire des médias et à sa sortie, cette catastrophe à Charlie Hebdo venait malheureusement compléter l’histoire. La liberté d’expression, pourtant haut clamée et en vigueur, en prenait un coup et je la remettais anormalement en question ce qui me mettait hors de moi. Quand j’ai appris la nouvelle, toutes ces atrocités étaient déjà visibles sur le net. Le choc fut direct, les larmes sont montées et ne réalisant pas, je n’arrivais même pas à expliquer ma réaction. C’était bien la première fois qu’un tel événement me chamboulait à ce point. Effectivement, lors de l’attentat de WTC mes 6 ans m’empêchaient de réagir comme aujourd’hui, j’avais juste été effrayée. Je suis entièrement consciente que des drames comme celui-ci arrivent tous les jours, mais cette fois-ci c’était notre liberté d’expression dans le viseur. Je n’avais jamais senti le danger aussi proche. Une seule chose me tournait en tête : comment ces hommes ont-ils pu être capables d’une telle inhumanité, d’une telle barbarie ? Ecœurée par la dégradation de ce monde dans lequel nous vivons, je ne trouvais pas de solutions. Aujourd’hui, tous ces rassemblements font chaud au cœur et nous continuerons d’y montrer notre soutien et notre mécontentement. Ce qui m’inquiète aussi, c’est la généralisation que certains vont s’empresser de faire sur les musulmans et l’impact qu’elle pourra avoir. Il faut espérer que les citoyens français n’en viennent surtout pas là. Maintenant, quel sera le déroulement de cette affaire ? De toute évidence cela ne peut pas en rester là.

 

Lucien

 Le problème, ce n’est pas que les meilleures choses aient une fin, mais que les pires aient un début. Le type qui a un jour glissé cette phrase à un de ses nombreux amis était un habitué des jolies formules. En quelques mots, et avec un calme exemplaire, il vous envoyait une claque mémorable dans la figure. Il savait trouver les mots pour faire réfléchir, et rire des choses les plus drôles comme les plus affreuses. C’était Stéphane Charbonnier, Charb. Et quelques jours après sa mort, alors que je pensais que certaines choses avaient une fin plus lointaine, ce ne sont bien que ses propos qui me viennent à l’esprit. Je n’ai jamais été un lecteur assidu de Charlie Hebdo, mais j’ai toujours été stupéfait par le comportement de Charb et de ses camarades face aux situations les plus délicates. Menacé de mort à ne plus pouvoir compter les balles dans son courrier, et ce depuis bien trop longtemps, son crayon et sa voix n’en avaient que pour la poursuite des conneries, et d’une expression libre, le tout avec un optimisme et un respect de l’autre indéfectibles. Désormais, ça serait faire injure à ces gens, et à tous ceux qui sont morts avant eux pour que la liberté d’expression demeure, que de succomber à la peur et au silence. Alors, écrivons, dessinons, crions, mais surtout, faisons en sorte que le pire ne commence pas demain.

 

Loick

 ☮ & ❤

 

Nina

 Je suis Charlie, mais pas que. L’horreur et l’incompréhension nous ont tous envahi ce 7 janvier 2015. Charlie Hebdo attaqué ? En France ? En 2015 ? On n’aurait jamais cru ça possible. Pourtant c’est fait. Ils sont morts. Charb, Cabu, Wolinski, Tignous, Honoré. Et les autres ? On les a déjà oubliés. Ils étaient pourtant là eux aussi. Alors oui, je suis Charlie. Mais je suis aussi tous les autres, morts pour rien. Parce qu’ils étaient au mauvais endroit, au mauvais moment. Trois jours que je suis branchée sur les médias. Trois jours que je me demande pourquoi on ne parle pas d’eux, pourquoi ils n’ont pas droit à un portrait, eux aussi. « Ben ils sont pas connus ! » m’a-t-on répondu, le plus naturellement du monde. Et alors ? Quand on n’est pas connu, on n’a pas droit à un hommage. C’est comme ça. Ahmed Merabet – Bernard Maris – Bernard Verlhac – Clarissa Jean-Philippe – Elsa Cayet – Franck Brinsolaro – Frédéric Boisseau – Georges Wolinski – Jean Cabut – Michel Renaud – Mustapha Ourad – Philippe Honoré – Stéphane Charbonnier. A eux. Et aux autres. #JeSuisCharlie et #JeSuisRévoltée.

 

Margot

 Je voudrais fermer les yeux. Espérer très fort que tout ça n’est qu’un rêve, un vieux cauchemar dont je vais me réveiller. Je voudrais fermer les yeux putain. Oublier, me voiler la face, faire comme si de rien n’était. Mais il faut les ouvrir, avancer et se battre. Il faut rester debout. C’est ce qu’ils auraient voulu. C’est ce que la France veut, ce que la Liberté d’expression mérite.

 

Mathieu

 « Imagine qu’il n’y ait aucun pays, ce n’est pas dur à faire. Aucune cause pour laquelle tuer ou mourir, aucune religion non plus. Imagine tous ces gens vivant leur vie en paix » John Lennon, Imagine. C’est après avoir pris du recul que je me suis rendu compte de l’ampleur des choses. Horreur, effroi sont mes mots pour qualifier cet acte ignoble. Comment un tel acte de barbarie a-t-il pu être possible ? C’est une atteinte directe à nos valeurs fondamentales, à notre liberté d’expression, à notre République, à la démocratie. Nous ne devons pas reculer mais bien au contraire s’unir et exprimer vraiment tout ce qui est au fond de nous. Nous devons continuer à vivre comme nous le faisons. Les mots, les dessins, sont là pour nous faire réfléchir, sourire, rire, pleurer parfois alors que serait-on sans ça, sans nos attributs qui nous sont propres ? Pour tout ça, pour l’art et pour nos libertés, je suis Charlie.

 

Sarah

 Combien de fois avons-nous entendu nos grands-parents, nos arrière-grands-parents nous raconter la guerre, les guerres, leurs guerres, celles qui ont marqué leurs vies, combien de conflits avons-nous étudié depuis que nous sommes en âge d’entendre ce genre de choses ? Combien de fois nous a-t-on fait lire la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen en insistant sur cette notion de liberté, valeur si chère à notre démocratie ? Combien de fois, peu importe nos croyances et nos appartenances religieuses, avons-nous entendu que l’amour et la paix devaient être nos seules armes ? Aujourd’hui, notre France a été touchée en plein cœur. Au nom d’un Dieu dont ils n’ont pas compris le message, plusieurs personnes ont tué, blessé, enlevé des dizaines de Français, revendiquant leur volonté de se venger. Bien au-delà de ces dizaines de personnes, ce sont 66 millions de citoyens qui pleurent leurs victimes et vivent dans la crainte. Plus de rires, plus de mots, seulement des tirs et des morts, triste paronomase pour cette France que l’on voit CHIALER pour son CHARLIE. Les cœurs sont lourds, les yeux peinent à se fermer et les mots peinent à sortir. Les rassemblements se multiplient, les cris sont poignants, les stylos sont levés. Charlie n’est pas mort, la liberté d’expression n’est pas morte, la France est debout et nous gagnerons.

 

 Yohann

 Ce mot me pousse à ce rapprochement délirant. Je me souviens. Quand j’étais gosse. Quand je prenais, parfois, ce livre que je feuilletais. « Mais où est Charlie ? ». Un véritable casse-tête ce bonhomme, toujours habillé de rouge et de blanc, toujours avec sa canne et ses lunettes. Et son grand sourire qui me disait « non, tu ne me trouveras pas ». Et il est vrai, qu’en effet, j’ai toujours eu du mal à le trouver. A vrai dire, je ne l’ai jamais trouvé. Depuis maintenant quelques années, ce n’est plus le livre que j’ouvre, c’est la télé que j’allume, c’est sur le Web que je navigue. Je vois rarement des dessins, je vois souvent des photos, des vidéos. C’est ce que l’on appelle les avancées du temps. Et sur ces photos, ces vidéos, celles de ces jours derniers, il y a des foules immenses. Un peu comme sur les livres. Mais maintenant, c’est nettement plus facile de trouver Charlie. Plus besoin de scruter dans les moindres détails. En fait, c’est même trop facile. Ils sont là, partout sur ces photos, sur ces vidéos. Et même autour de moi. Et j’ai enfin compris, qu’en fait, nous sommes tous Charlie. Avant, nous nous faisions discrets. Maintenant, nous n’avons plus peur de nous montrer. Et ce, pour défendre une juste cause. La liberté d’expression.

 

Zoé

 Révoltant, choquant, émouvant, alarmant… Autant de rimes en « ant » qui traduisent ma pensée sur un acte inacceptable dans ce monde libre qui est le nôtre. Si ces personnes pensent pouvoir mettre à genoux la France avec leurs kalachnikovs, ils ne connaissent alors pas le pouvoir du crayon et surtout celui de l’unité. Ce sont nos uniques armes face à cette tragédie. En ces journées de deuil national, je me suis sentie et me sens toujours profondément Charlie. « Je suis Charlie » n’est pas un effet de mode. C’est l’humanité, la fraternité, la solidarité. Bien sûr que cela va disparaître des réseaux sociaux au bout d’un moment, c’est inévitable. Mais il ne faut surtout pas que ces hommes soient morts pour rien. Ils sont morts pour la liberté d’expression, c’est désormais à nous de nous battre contre ceux qui tentent de nous la reprendre. Il faut que cette liberté vive. Il faut que le journalisme vive. Pour ceux qui, eux, n’ont plus la chance de le faire…

 

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