Les classes moyennes d’Afrique au Musée d’Aquitaine


Le musée d’Aquitaine  accueille depuis le 29 novembre l’exposition « Les  Classes Moyennes en Afrique : Sciences sociales et photographie », et ce, jusqu’au 22 février. Notre envoyée spéciale Julia Ortiz y a fait un petit tour…

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Depuis le 29 Novembre, le musée d’Aquitaine de Bordeaux continue d’élargir l’horizon géographique de ses expositions temporaires. Après avoir présenté les oeuvres des « Chicanos » de Los Angeles réunies au sein de la collection du réalisateur et scénariste américain Cheech Marin, vous pouvez découvrir désormais, et ce jusqu’au 22 Février, les classes moyennes d’Afrique à travers de nombreuses photographies.
Pour ceux qui ont eu la chance de pouvoir voyager en Afrique comme moi, vous retrouverez dans cette exposition tout l’éclectisme et la richesse des cultures africaines.

Grâce à l’étude sociale, menée en partenariat avec Sciences Po Bordeaux, et aux reportages de Joan Bardeletti, il est désormais possible de se faire une idée plus nuancée des grandes problématiques qui préoccupent cette nouvelle classe.
Si la notion de classe moyenne évoque chez nous un revenu stable et plus ou moins conséquent lié à un travail avec deux jours de repos, des vacances et des congés payés permettant alors quelques loisirs ; la réalité est tout autre en Afrique, où le revenu de ces classes moyennes oscillent entre 2 et 10 $ par jour. Une fourchette assez large qui côtoie celle de nos classes pauvres européennes, voire même très pauvres… Cela ne veut donc pas dire qu’ils s’en sortent sans trop de peine, et c’est là où l’exposition joue son rôle d’instruction.

1La débrouille devient le mot d’ordre. Malgré cela leurs préoccupations ne sont pas plus éloignées de celle des français actuellement : éducation, santé, logement, alimentation.

Bardeletti nous offre le portrait d’une classe « entre-deux » africaine, en pleine évolution :
Ni riche, ni trop pauvre, elle oscille entre une tradition, symbolisée par les divers costumes à l’entrée, et un rêve de modernité qui peut prendre la forme d’un mariage occidentalisé.
Elle se partage entre un travail et une accumulation de jobs informels : vente de poulet et de produits cosmétiques, petits investissements dans des entreprises locales, location d’une pièce dans la maison familiale… Certains continuent ou reprennent les études, et tenteront de s’offrir un repas de temps en temps dans un grand restaurant, pour goûter au luxe qui ne leur est pas encore réellement accessible.
Le rêve d’une « meilleure vie » est toujours présent…

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Une organisation bien construite pour une immersion totale dans un monde méconnu, permise par des photographies aux formats variés, mais toutes aussi saisissantes les unes que les autres. Les explications synthétiques sont justes, écrites à la première personne, comme si l’Afrique parlait d’elle-même. Les schémas, reportages et feuillets à disposition pour chaque thème nous offre une meilleure compréhension de ce système si différent du nôtre.

N’hésitez pas à vous attarder devant les visages, à découvrir leurs vies grâces aux légendes, ou encore à comprendre leurs divers moyens de débrouilles et projets mis en place expliqués dans des reportages dans la salle audio. Vous trouverez aussi des carnets, des photos de pages Facebook et des couvertures de magazines qui permettent de nous ancrer dans une Afrique actuelle.

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Mon seul petit regret fut peut-être que l’exposition ne concerne pas un si grand nombre de pays (on retrouve surtout le Mozambique, le Kenya, le Cameroun, Madagascar, l’Afrique du Sud et un peu le Maroc), mais il s’agirait là d’un travail considérable… D’autant que cette notion de classe moyenne n’est pas la même selon les pays. J’aurai aimé en voir plus, peut-être avec un autre étage comme pour les Chicanos, mais dans l’ensemble une très bonne exposition, belle et clair qui mérite ses 4€ (2.5 tarifs réduits) et qui nous ouvre les yeux sur une réalité éloignée.

Par Julia Ortiz

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