RENCONTRE – « La French » selon Céline, Cédric, Jean et Gilles


Non, vous ne rêvez pas. Jean Dujardin et Gilles Lellouche étaient ce mois-ci à Bordeaux accompagnés de Céline Sallette et du réalisateur Cédric Jimenez pour présenter La French (sortie le 3 décembre). Super Bobine a eu la chance de les rencontrer, l’occasion d’en savoir un peu plus sur ce film inspiré d’une histoire vraie : sa genèse, le choix des acteurs, et évidemment, l’ambiance sur le tournage…

 

Gilles Lellouche, Céline Sallette, Cédric Jimenez et Jean  Dujardin

Gilles Lellouche, Céline Sallette, Cédric Jimenez et Jean Dujardin étaient à Bordeaux pour l’avant-première de « La French »

La French Connection au cinéma… Pourquoi ?

1975. Nous sommes à Marseille. Le juge Pierre Michel décide de s’attaquer à la French Connection, organisation mafieuse de drogue, incarnée en la personne de Gaetan Zampa. Une affaire passionnante mais terriblement émouvante, du fait de l’assassinat du magistrat en 1981. En 2014, Cédric Jimenez décide de faire revivre cette affaire sur grand écran, avec La French porté par les acteurs français bankable du moment : Jean Dujardin et Gilles Lellouche. Le film bientôt en salles (mercredi 2 décembre), rien de tel qu’une petite visite à Bordeaux pour présenter ce tout nouveau film à l’ambiance très 70’s. Céline Sallette, originaire de la région, et surtout incarnant la femme du juge Michel à l’écran, était également présente.

 Dans ce film, de la drogue, des courses poursuites, des DS, la mafia et le gentil magistrat qui se la joue super-flic. Le tout, sous le soleil éclatant de la cité phocéenne. Une histoire que Cédric Jimenez a toujours voulu raconter…! Pas étonnant, quand on sait que réalisateur, pourtant tout jeune au moment des faits, adore la ville, son histoire « J’y suis né, ce sont mes racines » ce qui lui a procuré cette « volonté de lui rendre hommage », tout en rajoutant qu’elle est « une ville complexe, moi je l’aime et je l’ai filmée telle que je la connais »

 

Quand le Juge Michel et Didier Zampa ressuscitent

Jean Dujardin, prêt à rencontrer le public bordelais (8 novembre)

Jean Dujardin, prêt à rencontrer le public bordelais (8 novembre)

Raconter cette histoire au cinéma… d’accord ! Mais qui pour incarner les deux symboles de cette affaire ? Une question que le réalisateur ne s’est certainement pas vraiment posé, tant le choix de Jean Dujardin et Gilles Lellouche lui a semblé très vite évident. « J’ai écrit pour eux deux, en pensant à eux deux. Jean était proche de ce que j’imaginais du juge : classe, avec un côté rieur et joueur. Et Gilles, sérieux, avec son côté méditerranéen ».

 Pourtant, les deux acteurs auraient très bien pu ne pas adhérer à ce projet. Qu’est ce qui a bien pu les séduire ? Jean Dujardin s’est très vite trouvé emballé : « quand on lit un scénario, on est spectateur. Ce n’est pas tant le fait que les personnages aient existé, c’est surtout l’écriture de ces personnages-là qui était fascinante. Ce sont des personnages complexes, ambigus ». Pour faire revivre le mafieux Didier Zampas mort en 1986 en prison, et tenter de se fondre pleinement dans le personnage, l’acteur a pu rencontrer sa famille.

 Quant à Gilles Lelllouche, c’est sans doute la personnalité de Pierre Michel, de tout ce qu’il a incarné, qui lui a donné envie de jouer dans ce film : « Je les trouve vachement passionnants ces gens-là [les juges]. Le juge Michel est mis à mal, la mafia veut sa peau et il continue. Il n’y a plus de héros moral aujourd’hui ! » Et incarner cela à l’écran,  « pour des acteurs, c’est formidable ! ». Car il faut bien reconnaitre que le Juge Michel a tout du héros à la française, ce que nous confirmé Cédric Jimenez : « Il a fait ce que personne n’avait fait avant. Le principe mafieux est la peur. Le juge Michel a dépassé cela, il n’avait pas peur d’eux, mais ce n’est pas pour autant que le danger est vaincu… ». Un danger ? Quel danger ? De quoi nous mettre en haleine, nous donner envie d’en savoir un peu plus… Un seul moyen : découvrir le film dès le 2 décembre.

 

Sur le tournage : des amis devenus ennemis à l’écran

 Ce qui reste tout de même le plus amusant, le fait de retrouver ces deux acolytes amis dans la vie… ennemis devant la caméra ! Une petite appréhension ? Peut-être. Mais aussi pas mal de joie : « c’est quelque chose de très excitant de se retrouver, comme on se connait. On avait peur de ne pas se prendre au sérieux », notamment dans une scène de duel, nous a confié Gilles Lellouche. Cette peur s’est très vite estompée, puisque les deux comédiens sont restés complètement concentrés dans cette histoire et leurs personnages. De plus, « la confiance qu’il y a l’un envers l’autre » selon le réalisateur, les a beaucoup aidés.

 Sans oublier l’ambiance sur le plateau et la cohésion de tous. Pour Jean Dujardin, « Peu de sentiment d’être sur un tournage, l’équipe technique était formidable ». Une équipe qui par ailleurs, fut boostée par un réalisateur passionné et heureux : « la grande qualité de Cédric, son énergie débordante, sa volonté de plaisir de tous les jours. Tout le monde voulait faire ce film dans une bienveillance. L’énergie de Cédric a fédéré. Un état de grâce dont tout le monde a bénéficié ».

 Pour ce qui est de l’aspect technique, il convient de mentionner de le film a été tourné… en pellicule ! Chose de plus en plus rare, quand on sait que le numérique s’impose de façon inéluctable.

 Quoi qu’il en soit, les spectateurs vont semble-t-il se focaliser sur l’acteur oscarisé, que l’on connait pour ses comédies ou films plus sérieux, espérant ne pas être déçus. Du coté de Jean Dujardin,  un film sérieux rime avec le « sentiment qu’il ne faut pas se planter, sentiment que la notoriété se paye en France. C’est un cliché mais il faut faire attention aux choses »…  Mais Jean Dujardin n’a pourtant pas à s’inquiéter quant à l’opinion des spectateurs déjà (ou bientôt) conquis : une pub Nespresso marrante, un film la French réussi… what else ?

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Bande-annonce de « La French », réalisé par Cédric Jimenez, avec Jean  Dujardin, Gilles Lellouche, Céline Sallette (sortie 3 décembre)

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 Par Yohann Sed

 

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