Rencontre – La « Nouvelle Star » vue de l’intérieur par Julien Granel (saison 10)


Initialement diffusée sur M6, la Nouvelle Star a fait les belles heures de la chaîne avant de disparaître de nos écrans en 2010. Deux ans plus tard, D8, la nouvelle chaîne du groupe Canal+, rachetait les droits afin de donner une seconde vie à ce programme culte. Le doyen des télé-crochets fait son grand retour ce soir. Nous découvrirons les premiers castings, tournés à Lyon et Bordeaux, où les équipes de l’émission n’étaient pas revenues depuis six ans. La cité des merveilles abrite-t-elle la Nouvelle Star 2015 ? Les premiers éléments de réponse à partir de 20h50 ! Mais à quoi ressemble un tel programme côté coulisses ? Super Bobine a rencontré Julien Granel, candidat bordelais de l’édition 2014, éliminé au théâtre, afin de découvrir la Nouvelle Star de l’intérieur.

Julien, 19 ans, fait partie de la « génération Nouvelle Star ». Ces jeunes qui ont grandi avec le programme et qui ont plus d’une fois rêvé de traverser leur écran afin de se retrouver à la place des candidats de l’époque. « Mes parents ont commencé à regarder l’émission dès la première saison. J’étais encore tout petit mais je m’étais dit qu’à 16 ans je passerais le casting. Puis j’ai vite abandonné » se souvient le jeune chanteur. Bien que personne dans sa famille ne fasse partie du monde de la musique, Julien s’est mis à apprendre le piano dès son plus jeune âge. Après douze ans de conservatoire et un certificat d’études musicales en musique classique, il s’est inscrit il y a quatre ans en musiques actuelles. « Depuis l’âge de 15 ans, je fais partie d’un groupe avec mes potes d’enfance. On a fait une cinquantaine de dates à travers le Sud-Ouest. C’est pour les faire rire que je me suis inscrit à la Nouvelle Star » poursuit-il. Quand on lui demande quels anciens candidats toutes saisons confondues ont pu l’inspirer, le jeune homme cite sans une once d’hésitation Julien Doré « pour son côté pile électrique et pour avoir proposé des choses inédites à la télévision » et Benjamin Siksou « pour sa sensibilité soul, ses références et sa façon de s’approprier les chansons ».

« J’ai passé le pré-casting à Toulouse. J’ai débarqué dans la salle d’audition avec une vieille guitare et je me suis retrouvé face à un coach vocal et une personne de la production qui ont bien ri en voyant le petit campagnard des Landes que j’étais ». Julien interprète alors « Let’s burn again » de Gush accompagné de sa guitare. A la demande des pré-casteurs qui cherchaient avant tout un univers, il a chanté « cinq bouts de morceaux a cappella » et a même eu droit « à un exercice du coach vocal en direct ». L’hôtesse n’hésitait pas à faire monter la pression des candidats en leur répétant que « le jury avait fait passer 200 personnes la veille et qu’il n’en avait retenu aucune ». Après avoir exécuté les formalités nécessaires du pré-casting, le remplissage d’un papier officiel et l’interview avec Bijou, qui s’occupait du côté social-TV de l’émission, s’est persuadé que le même sort lui serait réservé que Julien est rentré chez lui.

Il a finalement été contacté pour passer le casting de Marseille le 28 août. Le vrai de vrai. Avant-dernier candidat à passer devant Maurane, Sinclair, André Manoukian et Olivier Bas, il a choisi d’interpréter « Tous les mêmes », le tube de Stromae qui était « sorti la veille ». Il avait de nouveau apporté sa guitare, persuadé que « tous les mecs qui venaient avec une guitare étaient pris ». Distinguant un piano dans les coulisses, Julien se rétracte et se lance dans une reprise de « Baby I’m yours » de Breakbot accompagné de son instrument de prédilection. « Les castings durent environ quinze minutes, on ne voit que l’essentiel à l’écran » raconte-t-il. Les jurés ont choisi d’envoyer Julien au théâtre. 

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« Entre mon casting à Marseille et le théâtre, il s’est écoulé pile un mois. Je me souviens que j’avais dû annuler une date prévue avec mon groupe ». Accompagné de son père car mineur, Julien est arrivé à Paris avec très peu de préparation. « Je ne réalisais pas, je ne voulais pas me prendre la tête » avoue-t-il. La première épreuve était celle des lignes. Redoutable et redoutée. Passé dans les huit premiers candidats, il y a interprété, face aux quatre jurés mais également face aux cent candidats sélectionnés, « Runaway Baby » de Bruno Mars, qu’il pensait avoir « massacrée ». Si le jury délibérait immédiatement, « le résultat n’était pas instantané ». Il fallait donc « attendre toute la journée » avec une certaine angoisse mais dans une ambiance pourtant digne d’une « colonie de vacances ». Une fois les délibérations terminées, « il fallait se dépêcher de dire au revoir aux candidats éliminés car ils partaient directement ».

Le théâtre se voit ainsi délesté de la moitié de ses occupants. Les cinquante candidats restants sont « fatigués », font face à « des montées d’adrénaline » mais doivent « toujours être prêts ». Il faut rapidement enchaîner avec la seconde épreuve, celle des trios. « La plupart des gens ne se connaissaient que par Facebook » relate le jeune bordelais. « J’étais vraiment pote avec Ezra, Pauline et Maxence, et c’est tout naturellement qu’on a décidé de se mettre ensemble ». Mais un trio à quatre, cela ne s’est encore jamais vu. Julien a fini par faire équipe avec Pauline (qui finira demi-finaliste de la saison) et Maxence. Les trois camarades se lancent dans un « choix de chanson improbable ». « On voulait faire du français, alors on a choisi « Dès que j’te vois » de Vanessa Paradis »

Les répétitions de cette épreuve se font dans des endroits plutôt incongrus. Toilettes, couloirs, hall, tout le théâtre est occupé par les trios qui se préparant à passer devant les quatre jurés. Le matin, les candidats s’entraînent « avec le pianiste ». Julien, pianiste de formation, avait ainsi un net avantage sur ses adversaires, celui de pouvoir répéter sans attendre. Pour autant, au sein de son trio, la franche rigolade surpassait le sérieux. Maxence s’est ainsi mis en tête d’exécuter sa dernière note « en mode Beyonce » et tous trois ont mis au point une chorégraphie qui a plutôt semblé amuser les jurés, qui étaient « les seuls à pouvoir assister à cette épreuve ». Un « ménage à trois » qui s’est terminé par une rupture forcée. Le jury a en effet choisi de ne sauver que Pauline, malgré un « gros débat » sur le cas de Julien, qui se doutait pourtant de ce qui allait arriver. « J’étais content de partir sur ça » assure-t-il. 

Après ce bref mais intense passage dans la Nouvelle Star, Julien a rapidement été contacté par Olivier Bas, l’un des quatre membres du jury. « Il m’a dit qu’il était sur Bordeaux une semaine sur deux et m’a proposé qu’on aille boire un café ensemble. Il m’a aussi demandé si je faisais du français ». Le soir-même, le candidat tout juste éliminé a écrit son premier morceau dans la langue de Molière, « Les Boulevards ». « J’étais étonné qu’Olivier s’intéresse à un candidat éliminé aux trios » nous avoue Julien. Il n’a ainsi connu aucun temps mort entre son élimination et la diffusion de l’émission. « Il a fallu constituer un groupe, faire des maquettes, trouver des dates ». Il décrit le programme comme une « aventure humainement merveilleuse ». Cette expérience, aussi courte fut-elle, lui a ouvert de grandes portes, notamment celles du Casino de Paris où il se produira le 13 décembre.

Lorsqu’on évoque le nouveau jury de cette onzième saison de Nouvelle Star, désormais composé d’Elodie Frégé, Yarol Poupaud, Sinclair et André Manoukian, Julien se dit « partagé ». « Si on veut que le public reste, il faut de la fraîcheur, de la nouveauté. Manoukian est le pilier et Sinclair est parfait dans son rôle. Elodie Frégé sera apparemment très proche des candidats, j’attends de voir. Quant à Yarol Poupaud, je trouve son parcours vraiment respectable, c’est un grand musicien » explique-t-il, avant d’ajouter qu’il reste « déçu du départ d’Olivier Bas » qui était pour lui « le plus à même de s’occuper des candidats après l’émission ».

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L’ancien candidat ne se verrait pas refaire un télé-crochet, Nouvelle Star étant à son sens le seul programme à « laisser les artistes entiers, à ne pas les changer ». « On vit des moments bien plus forts artistiquement que sur d’autres émissions comme The Voice » assure-t-il en évoquant les prestations de Florian (saison 9) sur du Woodkid ou de Mathieu (saison 10) sur une version de What’s up au ukulélé. Les choix de morceaux, « libres sur le premier prime », se font en discutant avec la production, « très ouverte ». « On s’intéresse aux artistes en eux-mêmes, on fait ce qu’on veut, on a même le droit de péter les plombs ».

Julien a apprécié le fait que l’étiquette Nouvelle Star soit rapidement décollée. « Aujourd’hui, quand on entend Julien Doré, on ne pense pas immédiatement au gagnant de la Nouvelle Star » dit-il en faisant également allusion à Gaël Faure, demi-finaliste aux côtés d’un certain Christophe Willem. « Un artiste est là pour proposer sa musique, développer son identité. Gaël passe à la radio mais personne ne se rappelle de lui comme d’un ancien candidat ». Souhaitons à Julien un parcours post-Nouvelle Star similaire à ceux de ces deux anciens candidats et espérons que cette nouvelle saison permettra une fois de plus de découvrir des artistes à l’univers hors du commun.

Rendez-vous dans quelques semaines pour un premier bilan des castings de la Nouvelle Star 2015 ! 

Par Sarah Choteau

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