Rencontre – Les Fréro Delavega de retour au pays !


S’ils ont fait un passage remarqué dans la troisième saison de The Voice, le télé-crochet de TF1, les Fréro Delavega, originaires du Bassin d’Arcachon, ont d’abord goûté au succès sur Internet, en partageant régulièrement leurs covers sur Youtube. Pas novice en matière de live, le duo était hier soir de retour dans la région pour la première fois depuis la sortie de son album éponyme et a enflammé le Rocher de Palmer. Nous les avons rencontrés avant leur montée sur scène.

Le concert d’hier soir était celui du retour aux sources. Le duo venait présenter son album au public girondin, public de longue date. Une soirée à la « saveur particulière » pour les deux garçons qui n’avaient « pas envie de décevoir famille et amis ». Une telle date était forcément particulière mais visiblement moins stressante que ce que l’on aurait pu imaginer. « Dans les autres villes, on se dit qu’il va vraiment falloir qu’on foute le feu, on ne sait jamais, à Bordeaux on arrive plus confiants » avoue Jérémy. Les places de cette première tournée post-album ont été vendues à une vitesse phénoménale. Plusieurs salles ont rapidement affiché complet et il a fallu rajouter des dates. Comment ces deux-là font-ils pour vivre aussi bien leur succès ? « On ne le réalise pas mais on s’en sort plutôt bien. Il y a eu un petit raz-de-marée mais on a bien ciblé ce qu’on voulait faire et ne pas faire » confie Flo. « Nous on est à fond dedans, c’est plutôt notre entourage qui a du recul là-dessus » ajoute-t-il. Si leur « rythme de vie est devenu beaucoup plus soutenu », les Fréro Delavega estiment que leur vie est « restée la même ».

Au vu du succès immédiat de cette tournée, une seconde, de plus grande envergure, a été programmée au printemps 2015 : un passage par le Zénith de Paris et la Patinoire Mériadeck est notamment prévu. Le duo « envisage la scène différemment » car cela fait partie de leur évolution : « Avant, on était deux sur scène et on chantait devant une centaine de personnes, maintenant on est cinq et on joue devant des milliers de gens… ». La Patinoire est pour eux « le rendez-vous de 2015 », avant même le Zénith de Paris. Elle leur évoque des souvenirs particuliers, lorsqu’ils n’en étaient qu’à leurs débuts et jouaient « dans des bars rue Sainte-Catherine ».

Jérémy et Flo n’hésitent pas à dire que, pour leur duo, « se faire une place n’a pas été très difficile ». La chance a rapidement tourné grâce au « buzz sur Internet » dont ils ont bénéficié. Le public s’est vite attaché à eux, sans doute grâce à ce « côte nature » que recherchent les spectateurs aujourd’hui, et qu’ils ont trouvé avec les Fréro. Si leur arrivée dans le monde de la musique s’est faite « un peu par hasard », les garçons ne se sont pour autant jamais posé la question de la légitimité. « Les gens ne se disaient pas « ils n’ont pas fait le conservatoire donc ils ne sont pas légitimes ». Certains l’ont fait mais ne veulent pas monter sur scène » raconte Flo.

Leur passage dans la troisième saison de The Voice, au printemps dernier, a permis à Flo et Jérémy de faire « un album digne de ce nom et une belle tournée ». Conscients que bon nombre de leurs prédécesseurs ont eu des difficultés à s’installer sur le devant de la scène française, les garçons avaient envisagé le fait que l’émission représentait « un accélérateur important mais parfois à court terme ». Ils reconnaissent néanmoins avoir été « très bien entourés » par leur équipe déjà formée. « Même si ça ne prenait pas dans The Voice, on avait le reste à côté ».

Même si leur talent n’est plus à prouver, le facteur chance a beaucoup joué dans la réussite des Fréro Delavega. Le public rencontré sur Internet a constitué une base solide qui les suit encore aujourd’hui. Seulement, pour un groupe basant ses concerts sur la puissance du partage avec le public, comment envisager un show dans une salle de 5000 personnes ? « C’est une question que l’on se pose, l’interaction faisant partie de l’identité de notre groupe. Ce n’est pas le fait qu’il y ait 500 personnes ou 5000 qui change quelque chose, c’est l’attitude. On peut avoir un show devant 500 personnes programmé à la seconde avec aucune interaction. »

Lorsqu’on évoque leur prochain album, les deux compères répondent qu’ils préfèrent « se concentrer sur ce qui se passe en ce moment, sur la tournée, il faut du temps pour écrire ». L’amour constitue un véritable champ lexical dans leur premier opus. « C’est ce dont on a besoin en ce moment. Les gens nous donnent de l’amour et on leur renvoie ». Cet amour, il est « grand, il est partout et il sera omniprésent ». Si le contenu sera évidemment différent, la forme ne devrait pas changer. « On ne peut pas se transformer en un album, la transformation se fait tout au long d’une carrière ». Les deux jeunes hommes avouent sans problème faire de la musique « format radio » mais pensent malgré tout proposer « quelque chose de nouveau ». S’il y a une chose sur laquelle ils n’ont aucun doute, c’est que l’anglais n’est pas encore près de figurer sur l’un de leurs opus. « Le français est une langue qu’on a envie de défendre, il y a tellement de choses à dire, on peut jouer avec les mots, les sonorités » dit l’un. Et l’autre d’ajouter « peut-être qu’un jour on fera de l’anglais, peut-être même de l’espagnol… Enfin plutôt de l’espagnol car on ne parle pas anglais, chacun ses faiblesses ! ».

Un amour qui ne se tarira jamais, c’est bien celui qu’ils éprouvent pour la Gironde, leur « petit pays » comme ils se plaisent à l’appeler. Le fait que tous leurs clips aient été tournés dans le Sud-Ouest est dû à une volonté de faire de leur premier album « une présentation ». Impossible pour les deux amis de dire qui ils sont sans évoquer cette région qui leur « tient à cœur » et « fait partie » d’eux. Cet été, le duo est d’ailleurs revenu en terre Aquitaine pour une série de concerts en plein air, dont un au port de Larros à Gujan-Mestras, la ville dans laquelle tous deux ont grandi. « Ça fait bizarre d’avoir passé 24 ans à y faire du vélo et de se retrouver là pour chanter devant des milliers de personnes » raconte Jérémy.

Autre conséquence de ce succès incroyable, une nomination aux NRJ Music Awards 2015. « On ne s’y attendait pas, on n’y pensait pas » disent-ils. « On est contents de voir qu’il y a autant de gens motivés pour nous soutenir, on ne l’a jamais fait pour d’autres artistes, mais le prix ne nous motive pas plus que ça ». Nul doute que leur public fera tout pour les mener à la victoire. Les Fréro Delavega ont leur place « en haut de l’affiche », comme ils le chantaient sur un plateau de la Plaine Saint-Denis il y a quelques mois de cela, et la fin de cette ascension fulgurante semble encore loin… Gageons que le succès sera encore plus fou en 2015 et honorons le rendez-vous qu’ils nous ont fixé en mai prochain à la Patinoire de Bordeaux…

Par Sarah Choteau

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