« Rising Star » – autopsie d’un programme mort-né


Le 25 septembre dernier, M6 lançait en prime-time Rising Star, son nouveau télé-crochet interactif. Présenté par le duo Faustine Bollaert-Guillaume Pley, le programme a rassemblé 3,8 millions de téléspectateurs lors de la première. Un début encourageant. Malgré ces bonnes audiences, le public a rapidement déserté et la chaîne a décidé d’avancer la finale, initialement prévue le 27 novembre, à hier soir, où les huit derniers candidats se sont affrontés en direct. Comment expliquer un tel échec ? Super Bobine a sa petite idée…

Dès la première de l’émission, le public a pu constater à quel point le concept de Rising Star était faible, bien qu’innovant et audacieux. En effet, force est de remarquer que depuis l’arrivée de la version française de The Voice sur la première chaîne de France, les télé-crochets quels qu’ils soient peinent à suivre le rythme. Pourtant, dans Rising Star, il faut bien l’avouer, il y a de la voix, de la vraie, de la belle. La plupart des candidats n’ont pas eu à rougir de leurs prestations, et les huit finalistes méritaient leur statut. Mais si les scores d’une émission dépendaient de ses candidats, cela se saurait… Malheureusement, les présentateurs, les jurés, ces personnes censées porter le programme, n’étaient ici clairement pas à leur place.

  • Le jury

Cathy Guetta, Cali, David Hallyday et Morgan Serrano (directeur des programmes de la radio NRJ) étaient surnommés les « experts ». Sur le papier, ce jury éclectique attisait la curiosité. Une fois en action, ces quatre professionnels de la musique nous ont laissés de marbre. Des prises de bec surjouées, des larmes, beaucoup de larmes, un David Hallyday silencieux, encore des larmes. Morgan Serrano n’a pas hésité à endosser le rôle de « méchant », comme il en faut toujours dans tout jury qui se respecte. Seulement, sans doute l’a-t-il un peu trop pris à cœur, s’adressant de façon souvent virulentes aux candidats dont l’univers ne lui plaisait pas. Cathy Guetta a elle fini en larmes dès les premières minutes de chaque émission.

  • Les présentateurs

Animateur radio sur NRJ, Guillaume Pley a été choisi par M6 pour faire ses premiers pas à la télévision en direct et en prime-time sur Rising Star, aux côtés de Faustine Bollaert. Cette dernière est une habituée du petit écran mais était totalement novice en matière de direct. Si le duo s’est nettement amélioré au cours de ces huit semaines d’émission, ils ont eu du mal à trouver leur rythme de croisière, pas vraiment aidés par les bugs techniques relativement fréquents.

  • La social-TV

Pour la première fois, un télé-crochet proposait aux téléspectateurs d’élire le gagnant de façon totalement gratuite, de la première soirée de casting à la finale. On nous promettait « le plus grand jury de France ». Pourtant, les experts avaient eux aussi la possibilité de voter, et quelle surprise de découvrir que le total de leurs voix pouvait valoir jusqu’à 28% ! Sur les 70% nécessaires pour se qualifier lors des premières auditions, un tel pourcentage ne permettait pas au public de pouvoir pleinement s’exprimer. Seule la dernière prestation de la finale a été jugée par les téléspectateurs seuls. La télévision intégralement interactive n’a pas encore vu le jour…

  • Bilan

Malgré un concept intéressant, M6 n’a pas tenu toutes ses promesses et a déçu plus d’un téléspectateur. Jeudi soir, c’est Corentin Grevost, 19 ans, qui a remporté la première (et dernière?) édition du programme devant 1,7 millions de téléspectateurs. Une audience en légère hausse pour une soirée pas si mauvaise que ça. Larry Linch, Arno Santamaria et Corentin Grevost ont offert de belles prestations et fini tous trois sur le podium. Espérons que ce dernier, qui a signé avec M6 pour un album solo, saura séduire plus de monde que le programme en lui-même.

Par Sarah Choteau

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