« La prochaine fois je viserai le coeur » – rencontre avec Cédric Anger et Guillaume Canet


A l’occasion de leur venue à Bordeaux pour présenter leur film La Prochaine Fois Je Viserai Le Coeur, Cédric Anger et  Guillaume Canet, ont rencontré les journalistes. Super Bobine y était. 

Guillaume Canet en compagnie de Pierre Bénard, directeur de l'UGC Ciné Cité de Bordeaux

Guillaume Canet en compagnie de Pierre Bénard, directeur de l’UGC Ciné Cité de Bordeaux

Pourquoi Cédric Anger a t-il voulu traiter de cette affaire ?

Le réalisateur confie que le personnage l’intéressait en premier lieu, cet individu presque banale, complexe à creuser. « Personne ne sait exactement pourquoi il a fait cela », dira le réalisateur à propos du tueur, Alain Lamare. Il était donc intéressant selon lui de voir se créer toute une empathie secrète chez le spectateur, pour ce personnage glacial, et surtout, négatif.

Il décrit par ailleurs La Prochaine Fois Je Viserai Le Coeur  comme étant « un film de caractère, plus qu’un film d’atmosphère », même si, il faut bien l’admettre, l’atmosphère est un facteur très important quant à la réussite de son oeuvre.

Comment Guillaume Canet a-t-il abordé ce rôle à double personnalité ?

Afin d’incarner ce personnage sec, au visage fermé, l’acteur a beaucoup étudié son côté « gendarmique »,

Il a également trouvé une grande inspiration dans les lieux de tournage, les décors, les lumières, l’atmosphère chargée de l’époque des années 70 : « on est plongé dans un vrai univers de cinéma ! ». Ce qui l’a poussé, dans son jeu d’acteur, à faire ressortir les humeurs et les traits de ce personnage dur.

De plus, le scénario de Cédric Anger a était une base très importante pour l’acteur. Très détaillé, il affirme ainsi que « le portrait se fait grâce à ce scénario admirablement bien écrit ». Le livre Un assassin Au-Dessus De Tout Soupçon du journaliste Yvan Stefanovitch dont le film s’inspire, est la source majeure de la conception du personnage pour l’acteur. Ce journaliste a pu côtoyer le « tueur de l’Oise », Alain Lamare, ainsi que son entourage, ce qui était très inspirant pour Guillaume Canet.

Une scène redoutée, difficile pour Guillaume Canet ?

C’est la scène du premier meurtre d’une auto-stoppeuse, où le personnage est submergé par l’angoisse lors du passage à l’acte. Guillaume Canet raconte qu’elle a été la plus difficile à tourner parce que d’une part, pendant son tournage les conditions météorologiques étaient catastrophiques avec de la pluie en continu et le froid. Puis, l’actrice jouant la première victime, toute nouvelle dans le métier, devait s’adapter au cadre, au jeu de Guillaume parce que c’était ses premières heures sur le tournage. Il est même allé faire part de ses inquiétudes au réalisateur quant à ces réticences pour la scène, mais ce dernier l’a mis en confiance et finalement la scène s’est tournée en une seule prise… et a convaincu Cédric Anger.

Le regard du réalisateur et de l’acteur sur le Tueur de l’Oise :

Pour le réalisateur, son personnage principal est abordé dans son film comme « une cocotte-minute qui a explosé », un individu qui a l’impression de ne pas vivre sa vie, qui a un souci d’exister, qui a besoin de s’extérioriser. Ce personnage n’est pas quelqu’un qui a un traumatisme, aucune raison explique son geste. Alain Lamare avouent même qu’il voulait seulement « redorer le blason de la gendarmerie » , comme nous l’a indiqué Cédric Anger !

Pour Guillaume Canet, « Alain Lamare est plus un malade (schizophrène), qu’un tueur […] enfermé dans sa solitude » puisque très habité par sa fonction de gendarme « notamment quand il essaye de motiver les troupes pour arrêter le tueur ».

 « Il manque ses victimes alors qu’il était un grand tireur », rappelle l’acteur, en évoquant le paradoxe de ce gendarme/tueur totalement pris de panique au moment de tuer, « Un moment qui le met dans un état terrible », ce qui le fait louper ces victimes à plusieurs reprises.

Guillaume Canet nous a également indiqué son regret, celui de ne pas avoir pu rencontrer Alain Lamare, qui se trouve encore aujourd’hui dans un hôpital psychiatrique. Il aurait par exemple voulu avoir son accord pour jouer son rôle, comme il l’avait fait avec Maurice Agnelet pour le film de Téchiné, L’Homme qu’ont Aimait Trop.

La critique du film – sorti le 12 novembre – à lire ICI

Par Sophie Lalagüe

 

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