FIFIB 2014 – Interview d’un des membres du jury – Guillaume Brac


Sur Super Bobine, on vous fait vivre le FIFIB 2014 ! Et aujourd’hui, rencontre avec un des membres du jury, le réalisateur Guillaume Brac.

Super Bobine : L’année dernière vous avez gagné le prix du jury du FIFIB, et cette année vous êtes membre de ce jury. Vous avez-une relation particulière avec ce festival.

Guillaume Brac : Il y a eu 3 éditions du FIFIB, et j’ai la chance de faire partie de 2 éditions, c’est sûr que j’ai une relation particulière avec le festival. Et en plus c’est la première fois de ma vie que je participe à un jury, donc je suis content que ce soit ici. Quand le festival m’a proposé j’ai tout de suite accepté. Et c’est vrai que je trouve ça plus émouvant de participer à un jury dans un festival avec lequel on a déjà une relation. J’espérais secrètement que cette première expérience se fasse dans un lieu qui avait un sens pour moi. Je sais qu’il y a deux festivals en France qui ont compté particulièrement pour moi, c’était Brive pour le moyen-métrage, et Bordeaux pour le long-métrage. Et du coup j’espérais que ce soit l’un des deux qui me propose (rire).

Dans vos deux courts-métrage (Naufragé et Un monde sans femme), tout comme dans votre long-métrage (Tonnerre), vous tournez autour de la thématique de la relation amoureuse souvent chaotique. Vous avez-fait le tour de la question ?

Je pense qu’on ne fait jamais vraiment le tour de la question de la relation amoureuse. Il y a des réalisateurs qui ont fait 30 films sur la relation amoureuse. Cela dit, d’une certaine façon, je pense que mes films ne parlent pas que des sentiments amoureux. J’ai l’impression qu’ils embrassent aussi d’autres choses. Dans Tonnerre, il y a aussi la relation entre un père et un fils qui est très importante. Dans Un monde sans femme il y a aussi la question de la solitude, de l’isolement, et aussi la question du rapport entre Paris et la Province. C’est quelque chose qui compte. C’est vrai que je pense que j’aurais du mal à faire un film dans lequel la question des sentiments et de la relation amoureuse serait totalement absente, mais par exemple dans le nouveau film que je prépare, la question de l’amitié est importante, il y a de nouveau une figure de père assez marquante, il y a évidemment à nouveau la question amoureuse, mais peut-être qu’elle sera moins au centre de l’histoire, que dans les films précédents.

Vous pouvez nous en dire un peu plus sur votre nouveau film ?

Non, j’en ai dit assez ! (rire). Je suis en train de l’écrire.

Vous avez beaucoup tourné avec Vincent Macaigne. Est-ce qu’il fera partie à nouveau de cette aventure ?

En fait le film sur lequel je travaille en ce moment est un film dans lequel les personnages principaux ont une vingtaine d’années, donc j’ai peur que Vincent Macaigne ne puisse pas se glisser dans ce rôle là (rire). Peut-être qu’il y aura un rôle pour lui, je ne sais pas encore. Mais c’est un projet où il n’y a pas la même évidence que dans les films précédents. Et certainement que l’on refera des films ensemble, car moi j’en ai le désir et je pense que lui aussi, mais je pense que si je fais le film que je suis en train d’écrire, ce sera plutôt sans lui.

Vincent Macaigne

Qu’est-ce qu’il vous plait dans le travail avec Vincent Macaigne ?

Beaucoup de choses. C’est quelqu’un qui a énormément compté pour moi. Je suis devenu réalisateur grâce à lui, ou en tout cas avec lui, et j’ai découvert vraiment ce qu’était un acteur grâce à lui, j’ai découvert ce que ça pouvait apporter à un film de filmer quelqu’un avec qui on a vraiment une relation forte d’amitié, pour lequel on a vraiment un sentiment réel. La façon dont ça peut se sentir dans le film. Et cet espèce de compagnonnage, le fait de progresser ensemble, de grandir ensemble. Et puis c’est un acteur comme il y en a assez peu, c’est un acteur rare. Donc j’ai énormément de chance de tomber sur lui dès le début, j’aurais pu beaucoup plus mal tomber (rire).

Votre premier long-métrage, Tonnerre, a été unanimement salué, par la critique comme par les spectateurs. Comment on aborde la suite de sa carrière quand elle démarre par le succès ?

Je sais que le succès relatif d’Un monde sans femme (son moyen-métrage) m’avait à la fois donné des ailes, mais aussi mit une certaine pression. J’avais abordé Tonnerre avec plus la peur de décevoir, avec plus de pression et moins insouciance qu’Un Monde sans femme. Je suis très content du coup d’avoir fait ce film, d’avoir passé ce cap là. D’une certaine façon peut-être que le film porte ça en lui-même, il y a quelque chose de plus grave dans le film, et aussi même le fait que ce soit un film d’hiver, avec une tonalité comique plus atténuée. Et à la fois j’ai l’impression d’avoir aussi mûri en faisant ce film, et d’avoir ouvert des possibilités, d’avoir donné une certaine ampleur. Et j’aborde mon nouveau film avec moins de pression, moins la peur de décevoir, et j’ai envie de renouer avec une veine de comédie, de burlesque et de déjanté, même si il y aura encore une dimension presque tragique. Car ce qui m’intéresse toujours c’est ce mélange entre les deux.

Nous remercions Guillaume Brac.

Article et propos recueillis par Clément Corbiat.

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