FIFIB 2014 – Film en compétition « Bébé tigre »


Cette semaine, c’est le Festival du Film Indépendant de Bordeaux (FIFIB) ! Super Bobine suit l’événement pour vous, et vous propose des interviews, des comptes-rendus, et son avis sur les films en compétition. Aujourd’hui, il est question de Bébé Tigre. 

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Un « Bébé tigre » ?

Comme aime bien le répéter son réalisateur Cyprien Vial, « Bébé tigre » n’est pas un documentaire animalier ! Il s’agit d’une métaphore pour caractériser le personnage principal Many, un jeune indien de 17 ans arrivé en France clandestinement et abandonné à l’assistance publique par son passeur. Deux ans plus tard, il est un modèle d’intégration. Mais sa vie d’adolescent va être bouleversée par sa double culture, indienne et française.

Notre avis :

Pour un premier long métrage, Cyprien Vial a su capter l’intrigue avant la projection du film mais aussi l’attention du public pendant la projection. Le thème principal tourne autour de jeunes clandestins venus en France pour réunir de l’argent destiné à leur famille. Pourtant connu mais peu mis en avant, c’est un sujet qui fait ressentir une certaine empathie pour ces jeunes qui se bâtent tant bien que mal pour subvenir aux besoins de leurs proches. L’approche est intéressante puisque le public n’est pas directement confronté aux familles réclamant de l’argent mais seulement aux difficultés rencontrés et aux efforts fournis par Many et les autres jeunes dans la même situation.
Ici, il est donc question de Many, jeune homme originaire du Penjab qui est totalement déterminé à apporter de l’aide à sa famille restée dans son pays natal. Cette envie le pousse à agir illégalement et ses devoirs le font apparaître très adulte malgré son jeune âge. Le public peut vite se retrouver tout petit face à tant de complexité. Avec l’aide de son éducateur et de sa famille d’accueil, il va pourtant réussir à s’intégrer socialement en France et dans un rythme scolaire qu’il prendra au sérieux. « Bébé Tigre » apparaît donc un exemple de réussite et de combat des clandestins désireux de s’intégrer et d’améliorer leur vie dans un pays qui n’est pourtant pas censé être le leur. Mais la pression que Many se met par sa rage de réussir tant dans son avenir que dans son aide à sa famille le perd. Ce film apparait donc extrêmement réaliste et illustre bel et bien un problème de société actuel. En effet, malgré le fait que Many fasse preuve d’une grande ambition, la formation qu’il désire suivre et ses projets lui son rapidement refusés. Cette séquence montre une controverse redondante de nos jours.
Encore bien jeune et avec autant de poids sur les épaules, Many grandit très vite. En le découvrant au fil des étapes qu’il traverse et des problèmes auxquels il se confronte, le public est porté à vouloir lui venir en aide.
La seule remarque négative à faire sur ce long métrage serait que l’histoire stagne à certains moments bien qu’il soit loin d’être désagréable à regarder.

Cyprien Vial explique que le film s’est réalisé d’une manière plutôt sauvage et de ce procédé de réalisation ne produit que du charme. Les couleurs sont pures et naturelles, et l’authenticité transmise ainsi touche. Les acteurs choisis sont amateurs et ne déçoivent pas, loin de là.

Par Léna Salat

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