Le très stylé « Saint Laurent »


Après Yves Saint-Laurent en janvier, voici Saint-Laurent en septembre ! Qu’en pense Super Bobine ? La réponse, juste en dessous !

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Après sa nomination en compétition officielle au festival de Cannes, il y a quelques jours de ça, Saint Laurent de Bertrand Bonello se voit sélectionné pour l’Oscar du meilleur film étranger, belle revanche pour le réalisateur. En effet, ce dernier n’avait pas reçu l’approbation de Pierre Bergé, contrairement au Yves Saint Laurent de Jalil Lespert, sorti, lui, il y a quelques mois et qui avait amorcé un véritable combat des Saint Laurent. Super Bobine ne fera pas ici une comparaison entre les deux biopics (même si on préfère celui ci). Bonello, livre un film plastiquement beau qui montre la descente aux enfers du couturier…

 Le réalisateur avait déjà imposé son style avec le magnifique « L’Appolonide : souvenir de la maison close », et ce fut un réel plaisir de retrouver cette esthétique et ces plans bien particuliers. Bonello s’attarde ici sur la jeunesse d’Yves Saint Laurent de 1967 à 1976, il montre le créateur tourmentée par la fête, la drogue, la gloire et perdu dans ces angoisses. Saint Laurent est une réflexion sur l’artiste/couturier mais aussi sur le processus créatif.

 Il faut alors aller voir Saint Laurent avant tout parce que Bonello lui rend parfaitement hommage. Même si le côté sombre du couturier ressort, le réalisateur capte parfaitement le génie du personnage. Puis, la mise en scène est captivante, elle rend le film très élégant et plonge ainsi le spectateur dans une époque parfaitement reconstituée. A noter, la scène dans la boite de nuit, où Yves Saint Laurent rencontre celle qui deviendra sa muse, Betty Catroux, jouée par la magnifique Aymeline Vallade, exceptionnel moment où le réalisateur réussit à faire comprendre que le couturier se voyait lui même en cette mannequin. De plus, l’utilisation des contre-plongées avec le jeu de reflet des miroirs est hypnotisant et crée un effet incroyablement somptueux au film. Le style Bonello est magnifique, le réalisateur est frillant des zooms rapprochés qui font rentrer le spectateur dans l’intimité des personnages. Par exemple, la scène du baiser langoureux/échange de cachet entre Yves et Jacques va jusqu’à gêner.

Il faut évidemment souligner la prestation épatante de Gaspard Ulliel, qui éblouit, impeccable dans le rôle du couturier torturé, abordant le rôle tout en subtilité, impressionne en adoptant la même voix que Yves ou même sa posture, et tout cela sans sombrer dans la caricature. Pierre Bergé joué par Jérémie Reynié (Guillaume Galienne, beaucoup plus convaincant dans le premier biopic selon Super Bobine), est mis complètement de côté pour s’attarder sur la relation avec son amant Jacques de Bascher, joué par le séduisant Louis Garrel, qui est parfait en amant pervers.

 Les points négatifs du film sont les sauts dans le temps qui casse un peu le rythme et perd le spectateur. De plus, certaines scènes ne sont pas nécessaires et rend le film long. Puis, même si la bande son des années 1970 est de qualité, elle est un peu trop omniprésente et en devient dérangeante pour le spectateur.

 En bref, Bertrand Bonello réussit à se détacher du biopic en amenant le spectateur vers une oeuvre esthétiquement parfaite. Il réussit avec brio à mythifier le grand Yves Saint Laurent. Son travail de recherche sur le couturier est impressionnant, beaucoup de détails sur la vie du couturier se fait ressentir. Et surtout, Gaspard Ulliel signe ici son plus grand rôle, en espérant qu’il ne se fasse pas hanter par le couturier comme la môme Cotillard.

Par Sophie Lalagüe

La critique de Yves Saint-Laurent à découvrir ICI.

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