Bon rétablissement, le divertissement par Jean Becker


Le 17 septembre sort « Bon Rétablissement » nouveau film de monsieur Jean Becker, avec Gérard Lanvin, Jean-Pierre Darroussin et Claudia Tagbo, mais aussi Fred Testot, Anne-Sophie Lapix et Daniel Guichard (les deux derniers faisant ici leur première apparition au cinéma).

SuperBobine a interviewé l’équipe du film, ICI.

Sur une base de scénario assez simple, Jean Becker donne une dimension populaire à un sujet qui semble anxiogène de prime abord. Après s’être fait renverser par une voiture, un homme (Gérard Lanvin) doit passer plusieurs semaines dans un hôpital. Nous y suivons sa cohabitation avec d’autres patients, ainsi que les différentes visites de sa famille et amis. Entre gags et tendresse, Bon Rétablissement est donc une chronique de la vie à l’hôpital.

En l’espace de deux semaines, Bon rétablissement est le deuxième film français traitant du milieu hospitalier, après Hippocrate. Mais cette fois, au lieu d’avoir le point de vue des médecins, Bon rétablissement est un aperçu de la vie à l’hôpital côté patient, comme nous l’avons déjà tous vécu une fois dans notre vie, que ce soit pour nous-même ou pour un de nos proches. Contrairement à Hippocrate, qui permettait une vraie plongée dans les métiers hospitaliers, avec à la clé une critique du manque de moyens des hôpitaux français, et un aspect de « presque documentaire », le film de Jean Becker offre du pur divertissement, pour un résultat tout aussi réussi.
Car c’est aussi ça la beauté du cinéma. En jonglant d’un film à l’autre, le spectateur passe d’une œuvre engagé à un film simplement distrayant, d’un film scotchant par son action à un film d’auteur, d’un film faisant rire à un film angoissant. En bref, le cinéma est un perpétuel voyage permettant de passer d’une émotion à l’autre. Parfois, il propose un discours, et en tant qu’œuvre complète il devient un objet de réflexion. Mais d’autres fois, il a la simple prétention d’offrir aux spectateurs un moment d’évasion, que ce soit par le rire, le voyage ou la tendresse. Cette dimension, qui n’est en aucun cas moins noble que le fait de faire réfléchir, c’est ce que souhaitait Jean Becker, qui réussit ici amplement son pari, une fois de plus.

Si dans « La tête en friche », ou « Dialogue avec mon jardinier », il proposait une belle réflexion sur l’amitié, ce n’est pas la première fois qu’il préfère se concentrer sur le gag, pour distraire son public. D’un film à l’autre, passant de l’émotion à l’humour, Jean Becker fait toujours du cinéma pour son public. Pour l’amuser, le réalisateur utilise dans « Bon rétablissement » les codes du théâtre de boulevard avec de nombreuses entrées et sorties, et s’appuie sur un (toujours) très bon Gérard Lanvin, dans le rôle d’un râleur qui aimerait enfin être un peu au calme dans sa chambre d’hôpital.

Bon Rétablissement, c’est donc le pari réussi d’un réalisateur qui voulut transformer un lieu angoissant en lieu de comédie, pour dédramatiser ces épreuves jamais très agréables, et partager avec le public un agréable moment.

Clément Corbiat.

Publicités