Les savoureuses « Recettes Du Bonheur »


Vous aimez la bonne cuisine ? Vous aimez le bon cinéma ? Pas de panique, voilà ce qu’il vous faut : Les Recettes du Bonheur, le nouveau petit délice – un poil épicé – de Lasse Hallström.

les recettes du bonheur

Après Le Chocolat, Lasse Hallström enlève son déguisement de chocolatier pour enfiler celui de cuistot, en nous proposant ses Recettes du Bonheur.  Largement plus à l’aise dans son rôle de réalisateur, il nous les dévoile par le biais d’une famille indienne, grande amoureuse de l’art culinaire. Mais les émeutes, la mort de la mère l’oblige à partir vers d’autres contrées… L’Angleterre, puis la France, le pays par excellence de la gastronomie. Pour se retrouver en pleine campagne, près d’un petit village, dans une maison juste en face d’un restaurant étoilé, et non moins prestigieux. Bien que ses enfants fassent tout pour lui en empêcher, le père de famille a l’idée saugrenue d’ouvrir, juste en face de ce restaurant, son propre restaurant. Et c’est là que l’histoire (ou les ennuis ?) commence…

Vous l’aurez certainement deviné, toutes les intrigues du film se tournent donc vers un seul et même thème, l’art culinaire. Les plats typiques des gastronomies française et indienne se chamaillent puis se complètent tout au long de ces deux heures de film, sous les yeux des pauvres spectateurs affamés et des personnages haut-en-couleurs qui se cassent la tête pour concurrencer le voisin d’en face ou faire de leur plat, un vrai délice. De ce fait, Les Recettes du Bonheur est une fantastique ode à la nourriture et à la belle cuisine.

Mais ce film est bien plus que cela. Les Recettes du  Bonheur, c’est aussi un film sur la persévérance. Chaque personnage a un but –avoir une seconde étoile à son restaurant, devenir un grand chef, concurrencer le restaurant d’en face, conquérir le cœur d’une jolie fille – le seul moyen pour l’atteindre est d’y croire. Le spectateur suit le rêve de chacun, et ressort de la salle avec le cœur plein d’espoir.

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Le spectateur, un peu curieux sur les bords, découvre au fur et à mesure une autre facette de cette œuvre : un film sur la confrontation entre deux cultures. Et sur le regard de l’autre. Les clichés sont de la partie, jamais dans l’excès ou le grotesque, seulement pour mettre en scène les étincelles entre deux cultures différentes, qui se détestent, s’apprivoisent puis arrivent à s’aimer. C’est de cette façon que Les Recettes du Bonheur fait honneur aux valeurs indiennes et françaises pour enfin devenir l’hymne des rencontres culturelles.

Mais ce nouveau long-métrage signé Lasse Hallström doit se voir surtout et avant tout comme un récit fantaisiste et ensoleillé qui s’attarde sur les sensations et les ressentis du spectateur. Il est fait de bons sentiments. Une bonne grosse cuillerée d’amour, une pincée de générosité, ajoutez à cela de l’émotion, mélangez le tout avec de l’humour et vous obtiendrez Les Recettes du Bonheur. Rien n’est grotesque, tout est sincère. Forcément, le spectateur tombe dans le panneau à cause se surprend avec un large sourire béat tout en soupirant « si c’est joli »… qu’il en oublie les petits défauts du film.

Quant aux acteurs, on ne peut que reconnaitre une fois de plus qu’Helen Mirren est savoureuse. Charlotte le Bon apporte toute sa fraicheur, le génie de la cuisine Manish Dayal est attendrissant, et Om Puri maitrise parfaitement son rôle de père de famille un peu bourru mais finalement drôlement sympathique.

Niveau budget, on a mis les bouchées doubles ! Pas étonnant, quand on sait que cette adaptation du livre de Richard C. Morais a été portée par Steven Spielberg et Oprah Winfrey, les principaux producteurs. Mention spéciale à la photographie, les lumières, la musique qui ajoutent à cette œuvre un aspect pictural que le spectateur ne peut s’empêcher de contempler, tout en approfondissant l’aspect magique et éclatant de l’histoire.

Bref… Elégant, pétillant et ravigotant, Les Recettes Du Bonheur rime avec soleil. Bourré de vitamines, il est énergisant et nous rend le sourire. Ne faites pas la fine bouche, laissez-vous emporter dans ce trop-plein de bons sentiments qui se dégagent de cette savoureuse œuvre culinaire… enfin non, cinématographique.

Par Yohann Sed

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