« Hippocrate », ou le serment de faire un film sincère et réaliste


Le réalisateur Thomas Lilti et les acteurs Vincent Lacoste et Reda Kateb étaient présents à Bordeaux, pour nous parler de leur tout nouveau film, Hippocrate, en salles dès le 3 septembre. Le compte-rendu de cette rencontre est à découvrir maintenant, sur Super Bobine.

Reda Kateb, Thomas Lilti et Vincent Lacoste sur le balcon du Grand Hotel de Bordeaux

Reda Kateb, Thomas Lilti et Vincent Lacoste sur le balcon du Grand Hotel de Bordeaux

Un film sur les coulisses du monde hospitalier. Il fallait oser. Thomas Lilti l’a fait. Pas étonnant !, quand on sait que ce jeune réalisateur connait bien, même très bien cet univers. Car avant de se tourner vers la caméra,  Thomas Liliti se penchait plutôt sur le problème de ses patients. Et il fallait bien qu’un jour, ses treize ans de médecine se faufilent dans la pellicule de l’un de ses films ! C’est ce qui est arrivé avec Hippocrate, un nom venu tout droit du célèbre serment que tout médecin doit connaitre par cœur… Enfin presque.

Hippocrate, c’est l’histoire de Benjamin, un jeune interne en plein apprentissage, qui découvre qu’être médecin n’est pas une simple partie d’échecs… Jusque-là, tout va bien. Le plus compliqué pour le réalisateur, a été de trouver la bonne thématique pour son œuvre. Fallait-il parler des erreurs de la médecine ? Des décisions thérapeutiques ? Ou de l’accompagnement des malades ? Thomas Lilti a préféré dévoiler les coulisses de l’hôpital d’aujourd’hui. Un film militant, direz-vous ? Pas vraiment : « juste l’envie d’être fidèle à la réalité » selon le réalisateur. Mais c’est sans doute l’acteur Reda Kateb qui a trouvé les mots les plus justes pour décrire le film quand lequel il joue l’un des rôles principaux : « Je ne sais pas si c’est un film militant, mais ce que je sais, c’est que c’est un film en hommage à ceux qui y travaillent. On ressort du film en se disant que la médecine est un sacré travail. La médecine est une malédiction mais surtout une vocation ». L’acteur ira même jusqu’à dire qu’ « Hippocrate est un film d’initiation » tout en étant « un tremplin pour mille débats. Le spectateur peut se reconnaitre dans la vie du médecin, des patients, des stagiaires ».

Et pour arriver à ce résultat-là, chose n’a pas été aisée pour le réalisateur Thomas Lilti, qui avait notamment pour challenge de se détacher des séries américaines et en conséquence, de représenter de façon réaliste les hôpitaux : « pour cela, ne rien lâcher sur le détail. On sait tous à quoi ressemble un hôpital, on enregistre très précisément une multitude de détails et si on ne les reproduit pas, alors on verra que ce n’est qu’une simple reproduction » . Ce sont justement ces détails qui lui ont permis de faire d’Hippocrate « un film sur les coulisses, à la fois réaliste et humain ».

Mais attention, ne vous dites-pas qu’un film sur l’hôpital est forcément morose, car avec Hippocrate, c’est tout le contraire ! Selon le réalisateur, il était important de faire de son film une comédie « car on rit beaucoup à l’hôpital, j’ai voulu mettre du rire dans le sérieux du film, dans les langages de situation ». Avec finalement, peu de tragique, afin d’éviter de tricher avec le spectateur et avec lui-même. « il ne faut pas que l’on veuille en faire trop, il faut que les situations se suffisent d’elles-mêmes ».

C’est ce qui fait d’Hippocrate un film sincère. « C’est ce qui est le plus important », selon Vincent Lacoste qui joue ici le jeune interne. « J’ai pris mon personnage comme quelqu’un qui ne se sent pas légitime d’être là même si son père est chef de service. Il n’a pas confiance en lui. Je n’ai pas joué les maladresses car elles sont dans le personnage, malgré lui ». A ses côtés, un jeune médecin étranger joué par Reda Kateb : « personnage pas calme, avec une certaine rigidité, voire assez psychorigide au début. Quelqu’un tellement peu reconnu socialement, qu’il fait un peu son show quand il arrive dans les chambres, quand il parle aux infirmières ». Ce personnage est par ailleurs inspiré d’un collègue du réalisateur, qui l’a beaucoup aidé à ses débuts dans la médecine. Car même s’il voulait faire de son film une œuvre sincère, réaliste, ayant pour thème les coulisses de l’hôpital, il voulait également rendre hommage aux personnes qui l’ont aidé et formé.  Et pour savoir si le réalisateur a réussi son opération avec brio, rendez-vous dans les salles de cinéma le 3 septembre !

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A découvrir, notre entretien avec Reda Kateb, réalisé au mois de juillet, en pleine coupe du monde…

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Par Yohann Sed

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