« Sils Maria » – Beau… mais sans casser des briques !


Ce mercredi est sorti en salles « Sils Maria », avec en tête d’affiche Juliette Binoche et Kristen Stewart. Pour Super Bobine, l’avis reste plutôt mitigé…

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Sils Maria du réalisateur français Olivier Assayas, présenté en compétition officielle au festival de Cannes est un film cérébral qui reflète les vices de la célébrité. Cette œuvre de dialogues demande alors beaucoup de réflexion ce qui fait passer la mise en scène au second plan.

Maria Enders (Juliette Binoche), star du cinéma ayant connu le succès vingt ans auparavant en incarnant le personnage de Sigrid, jeune arrogante, qui conduit sa maitresse Helena, alors plus âgée qu’elle au suicide. Alors qu’elle se rend en Suisse pour rendre hommage au metteur en scène qui l’a révélée, il meurt subitement. Elle accepte non sans hésiter de rejouer la pièce, mais en tenant cette fois-ci le rôle de la femme mûre, un personnage en totale opposition avec celui qu’elle a interprété par le passé. Elle se retrouve alors au chalet du réalisateur, à Sils Maria, avec son assistante Valentine (Kristen Stewart) pour répéter la pièce auquel une jeune comédienne, Jo-Ann Ellis (Chloë Grace Moretz) doit lui donner la réplique en tant que Sigrid.

L’avis est mitigé entre un film ambitieux, qui met en avant un trio d’actrices brillantes, et une œuvre qui ne fait passer aucune émotion. A la sortie de la salle, Sils Maria apparait comme un film intéressant, mais qui apparait aussi comme une œuvre prétentieuse par ces dialogues interminables qui, au final, font tourner l’intrigue en rond. De plus, le réalisateur a choisi de découper son film en trois parties mais cela est-il vraiment nécessaire ? Assayas réussit cependant parfaitement à marquer la différence entre la génération de Maria et celle d’aujourd’hui. Effectivement, les réseaux contemporains sont omniprésents dans le film et montre une génération du culte de la célébrité à travers internet, téléphones portables et autres tablettes.

La deuxième partie est la plus intéressante, celle qui se déroule au coeur même de Sils Maria (région des Alpes entre les montagnes), où l’actrice et son assistante répètent la pièce de théâtre. La première scène de répétition, entre Maria et Valentine, ou l’assistante se met du coup dans le rôle de Sigrid pour donner la réplique à Helena est très poignante. De là, ces nombreuses scènes de répétition à huit clos marquent une relation ambiguë entre les deux protagonistes où la frontière entre jeu et réalité devient mince. L’actrice et son assistante sont alors menées à travers la pièce de théâtre à s’interroger sur leur propre existence et en particulier sur la vieillesse et la jeunesse. Puis, il y a ce phénomène météorologique qui intervient, le décor devient alors lui-même un protagoniste à l’histoire, comme s’il régissait les deux femmes. Cela se voit notamment dans la scène où l’assistante veut aller à une soirée mais où le serpent de nuage l’en empêche, elle est comme prisonnière de Sils Maria et crée un univers pesant.

La vraie force du film réside dans son trio d’actrices plutôt improbable mais qui fonctionne à merveille. Juliette Binoche réussi à interpréter l’actrice qui a peur du temps qui passe avec justesse et livre une excellente prestation, mais se fait voler l’affiche par la stupéfiante Kristen Stewart. En effet, elle illumine le film et aborde son personnage mystérieux d’une fine justesse. Quant à la jeune Chloé Moretz, elle joue parfaitement le rôle de la jeune actrice arrogante et manipulatrice (cela rappelle d’ailleurs les scandales people autour de Kristen Stewart).

Le film d’Olivier Assayas est une mise en abyme sur les dessous du théâtre réussi mais le spectateur reste sans réponses sur certains points qui aurait pu être plus développés (mais qu’est devenue cette assistante !?). Sils Maria est une œuvre qui demanderais peut être à être revu pour mieux comprendre ses dessous mais est-ce que le spectateur a envie de revoir cette œuvre longue, très longue ? Rien n’est moins sûr, mis à part les personnes qui voient en Sils Maria une œuvre philosophique de réflexion profonde de blablabla….

Par Sophie Lalagüe

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