« Les Combattants », le film qu’il nous faut


Aujourd’hui sort sur nos écrans de France et de Navarre, un film indépendant, essentiellement financé par la région Aquitaine : Les  Combattants. Super Bobine a vu le film, voici son avis.

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Il y en a, aux millions dans les poches ou au box-office, qui devraient en prendre de la graine… Les  Combattants, c’est le film qu’il nous fallait. Loin des paillettes, des « stars » pseudo-talentueuses, du bâclé à la française, le premier long-métrage de Thomas Cailley Transpire la qualité. C’est prometteur.

«  Une collision entre deux personnes, l’eau et le feu », tels sont les propos du réalisateur que nous avons pu rencontrer à Bordeaux, durant l’Avant-Première qui s’est déroulée à l’UGC Ciné-Cité. Dans cette histoire originale dans son écriture, et débordante d’énergie, vous ferez la connaissance d’une jeune artisan (Kévin Azaïs)… qui lui-même fait la connaissance d’une jeune fille garçon-manqué (Adèle Haenel) qui veut vivre « à la dure », comme à l’armée. Mais petit problème, durant son stage à l’armée, les conditions ne sont pas si terribles qu’elle  l’avait imaginée. Alors le jeune homme, au caractère bien différent, va lui faire vivre de vraies sensations. Comme dans la « vraie » armée. Avec un « vrai » environnement… la nature. Le plus dur sans doute, c’est d’y survivre…

Dans ce film, tout est à point. Le jeu toujours juste des acteurs qui cachent un talent certain, une mise en scène sans prétention aucune (c’est ce qu’il fallait) pour un récit réaliste et sans artifices, mais drôlement marquant. Car il ne faut pas oublier que Les Combattants traite avant tout d’un sujet grave… mais de façon légère ! Ce qui en fait sa force.

Le plus intéressant ; l’énergie que l’on ressent. Et cette fougue, et cette étreinte, et cet espoir, même dans les scènes les plus tristes.

Alors bien sûr, on sait qu’il y a des petits défauts. Mais on les savoure, c’est une première œuvre. Qui n’a pas l’ambition de jouer dans la cour des grands, seulement du faire du bon boulot. Problème ! Avec un tel boulot – dont on ressent le travail collectif devant et derrière la caméra, ce qui nous pousse à dire que le film ne tient pas seulement à un réalisateur ou le charisme d’un acteur – on pourrait croire qu’ils sont DEJA des grands. Une caméra qui ne filme pas n’importe quoi, pas n’importe quand. Somptueuse luminosité, notre Aquitaine mise en valeur. Crédibilité des acteurs, ou musique moderne et surtout énergisante.

A côté, il y a avant tout cette histoire qui démarre dans ce qui a de plus banal, de plus quotidien. Des dialogues de jeunes dans des situations de jeunes qui prêtent forcément à rire. Puis une rencontre, un coup de foudre pour une fille au caractère… spécial, pour une aventure insensée mais réalisable, drôle, jolie, émouvante et sincère.

Car Les Combattants ne peut se qualifier autrement que par ce mot, sincère. Sincère dans la réalisation, sincère dans son histoire et les émotions, sincère avec les spectateurs non mécontents d’avoir payé un ticket de cinéma pour un si joli petit conte moderne. Voilà l’ingrédient d’un bon film.

Par Yohann Sed

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