Reggae Sun Ska 2014 – un festival en plein campus


Du jeudi 31 juillet au dimanche 3 Aout, le Reggae Sun Ska a posé ses valises sur le campus de l’Université Bordeaux-Montaigne, à Talence. Super Bobine y a fait un petit tour pour nous partager son avis quant à cette dix-septième édition un peu particulière…

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Vue sur le camping  (photo Super Bobine)

Vue sur le camping (photo Super Bobine)

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Jeudi, ou la tranquillité d’un premier jour de festival

Un campus transformé. Les immeubles qui donnent de la « joie » aux étudiants à longueur d’années se faisaient tous petits derrières les grillages qui les barricadaient, pour faire des infrastructures du Reggae Sun Ska les vedettes du week-end. Route barrées, naissance d’un camping là où d’habitude il n’y a que grandes herbes et sentiers battus acheminant vers les résidences universitaires, terrains de sports devenus scènes de spectacle, et enfin, une maison des arts abritant les forces de l’ordre, la sécurité, le tribunal de comparution immédiate. Et tout en haut de ce bâtiment vert aux quelques graffitis, le nid de Radio Campus très bien placé, avec une vue imprenable sur le festival. Bref, pour sa première édition loin de Pauillac, le Reggae Sun Ska à fait fort : tout était si bien pensé, dissimulé, sécurisé (voire trop !) que personne ou presque n’aurait pu penser que tout se faisait sur le domaine universitaire.

Côté concerts, force est néanmoins de constater que cette première journée de festival fut calme, très calme. Une petite programmation pour se mettre en bouche, pour démarrer en douceur le week-end. Seulement quatre scènes sur six étaient occupées, les deux autres se préparant pour recevoir de grosses pointures du Reggae. Peu de personnes étaient présentes, faisant du lieu du festival une sorte de ville-fantôme… Malgré tout, il faut rester optimiste : le festival démarre en pleine semaine… et ce n’est que le premier jour !

 

Vendredi, peu de monde pour de grosses têtes d’affiche

Shaggy sur la scène

Shaggy sur la scène « Natty Dread »

Le camping se grossit petit à petit, les visiteurs débarquent bien timidement. Mais autant vous le dire tout de suite : les organisateurs espéraient environ 25 000 personnes pour cette grosse journée de festival, le résultat fut moindre puisque à peine la moitié était au rendez-vous. Pas étonnant, quand on sait que la plupart des habitués de ce festival voulaient boycotter cette édition qui se déroulait sur un campus, bien trop près de la ville. Mais il y a tout de même une étrangeté à cela, quand on sait que vendredi était pourtant LA journée des belles programmations.

L’une des grandes icones était présente, Pablo Moses, suivi du populaire Danakil concurrencé par le groupe très 80’s Madness. En enfin, pour clôturer le tout, Mister Shaggy « Bombastik ». Mais voilà, un énorme problème se posait. Ce problème – surprenant -, ce fut le public ! Les festivaliers étaient-ils vraiment-là pour faire la fête ?! à en croire leur comportement, ils n’étaient pas vraiment en forme… Même Shaggy, qui avait tout pour créer une véritable ambiance, n’a pas réussi à faire bouger comme il le fallait ce public, qui plus est, ne comprenait rien à son charabia anglais… et qui a préféré partir en trombe dès les premières gouttes de pluie.

 

 Samedi, au beau milieu du festival

Bunny Wailer

Bunny Wailer

Sans doute moins de monde que la veille ( !), mais une ambiance beaucoup plus chaleureuse et… festivalière, justement. Enfin, en ce samedi 2 aout 2014, Le Reggae Sun Ska prenait des airs de VRAI festival.

Dans le camping, on retrouve des personnes de tous horizons : des habitués de la première heure, des rastas, des nouveaux venus, des étrangers. Tous ont un point en commun, celui de garder la pêche afin de profiter de l’instant au son du reggae… et des cris. Des cris qui scandent à chaque seconde le fameux  « Apéro !!! » que chaque festival connait… une bonne méthode pour faire la connaissance des habitant de la tente d’à côté !

Et comme tout festival, il y a également quelques bavures. La 17ème édition du Reggae Sun Ska a eu le droit à son lot d’interpellations, le tout orchestré par une police à l’affut du moindre petit déparage…

Coté concerts, on ne peut que reconnaitre la formidable soirée que les gens munis de leur pass (environ 100€ les quatre jours, sans compter les 10€ de camping). Ils ont donc pu commencer leur virée musicale tranquillement mais surement avec le groupe des Jolly Boys composé de trois membres âgés d’environ 80 ans avant d’enchainer avec Bunny Wailer ou les Skatalites. Pour couronner le tout, Naaman était également de la partie tout comme Pablo Moses, Winston Jarrett et Ashanti Roy. Mais le coup de cœur revient bien évidemment à la DJ  Elisa Do Brazil, qui a enflammé le dancefloor de par ses mixes de qualité. Par ailleurs, la jeune brésilienne qui a grandi en France a joué dans la nuit pour les personnes munies du bracelet VIP… autre point fort de la soirée, les Easy Stars All Stars, un groupe talentueux qui reprend de grands standards comme Thriller de Michael Jackson ou Karma Police de Radiohead, en version Reggae. Autant dire qu’ils ont mis l’ambiance…

 

Dimanche, le temps du bilan

Tiken Jah Fakoly

Tiken Jah Fakoly

Un festival, cela passe toujours trop vite. Le  Reggae Sun Ska doit déjà dire au revoir au campus. Pour cela, autant le faire comme il se doit avec une digne programmation. Pour ce dimanche, l’on retiendra avant tout Patrice (dont le son du concert n’était pas bien fort…) et surtout Tiken Jah Fakoly, personnalité très appréciée dans le monde du Reggae africain.

Mais un dernier jour de festival, cela signifie que l’heure du bilan a sonné. Et il est difficile de cacher la déception de bon nombre de festivaliers. Certains trouvent l’organisation déplorable, ou ne comprennent pas la programmation de cette année. D’autres sont déçus de l’endroit-même où se tient cette 17ème édition et du changement de concept en prophétisant la mort du festival, tandis que beaucoup de festivaliers se plaignent des nombreux vols dans le camping. Quelques personnes pointent également la trop grande présence des forces de l’ordre. En fait, la plupart a un avis mitigé quant au Reggae Sun Ska de cette année. Paradoxalement, ils gardent le sourire, la « positive-attitude ». Car comme les festivaliers le disent eux-mêmes, il faut surtout retenir l’ambiance, les moments de grand plaisir devant les artistes, les soirées déjantées dans les campings, les instants avec les amis. Mais reviendront-ils pour la 18ème édition ?! Pour le savoir, rendez-vous l’année prochaine au Reggae Sun Ska, qui se tiendra également sur le domaine universitaire de Talence…

Par Yohann Sed

Les photos proviennent de la page Facebook officielle du Reggae Sun Ska, sauf mention contraire.

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