Louis De Funès en 10 films


Super  Bobine revient sur les dix films qui ont marqué la carrière de l’un des plus grands acteurs du cinéma français, et qui ont fait de lui, une légende du rire.

"Les Aventures de Rabbi Jacob", l'un des films les plus populaires de Louis de Funès

« Les Aventures de Rabbi Jacob », ou plutôt celle de Victor Pivert, industriel parisien farouchement raciste… enlevé par un arabe, déguisé en juif ! Le comble.

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Du Gendarme de Saint-Tropez à la Soupe aux Choux en passant par Fantomas, Rabbi Jacob, La Folie des Grandeurs ou la Grande Vadrouille, Louis de Funès est l’un des rares acteurs à avoir inscrit autant de comédies dans le panthéon du cinéma français. Pourtant, le chemin a été long : reconnu très tard par le grand public, Louis de Funès avait déjà une centaine de bobines dans sa filmographie ! « Seulement » les trente derniers ont connu le succès, dont vingt-trois ont récolté plus de deux millions d’entrées dans les salles de cinéma. Le record absolu ? La  Grande Vadrouille et ses 17,2 millions de tickets vendus. Mais personne ne battra le nombre incalculable de rires qu’il a su engendrer chez chacun de nous – toute génération confondue – de par les grimaces, la nervosité et la fourberie de ses personnages. Sur les 120 films qu’il a tourné, une bonne trentaine font la joie des chaines de télévision. Et une dizaine a marqué sa longue carrière. Et ce ne sont pas toujours les plus populaires…

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1 – Ah ! Les Belles Bacchantes : Quand le public découvre De Funès

ah les belles bacchantes

Des grimaces, des grimaces, que des grimaces sur la visage d’un Louis de Funès chevelu

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Tombé dans les oubliettes, Ah ! Les Belles Bacchantes reste pourtant un film important dans la carrière de Louis de Funès. Signé Robert Dhéry, que Louis de Funès retrouvera devant et ederrière la caméra dans Le Petit Baigneur, ce film de 1954 était d’abord une revue avant d’être un film, mettant en scène la troupe des Branquignols, dont Jacqueline Maillan, Pierre Mondy mais encore Annie Girardot. Mais celui qui sortira du lot, c’est Louis de Funès. Pour la première fois, l’acteur crève l’écran et monopolise l’attention du public qui le découvre enfin. Grimaces et nervosité sont déjà au rendez-vous.

La Traversée de Paris : Un grand parmi les grands

Traversée de Paris

De Funès, à la limite de l’hystérie, fait de l’ombre à Gabin et Bourvil à chaque fois qu’il entre en scène

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Vingt-Trois films séparent Ah ! Les Belles Bacchantes et La Traversée de Paris, en seulement deux ans. Souvent des petites rôles, certes. De courtes apparitions. Mais toujours une même précision dans son travail.

En Tête d’affiche de ce film sur fond de guerre, deux immenses pointures du cinéma déjà à l’époque : Jean Gabin et André Bourvil. Relégué en tant que second rôle, stressé par le fait de jouer avec de tels acteurs, Louis de Funès « Jambier » n’hésite tout de même pas à s’imposer devant le charisme de Gabin et le talent de Bourvil. Le public est désormais certain d’une chose : Louis de Funès peut faire partie des grands.

Ni Vu… Ni Connu : Premier « vrai » succès

Ni vu ni connu

Louis de Funès dans la peau de Blaireau, un braconneur

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Ni Vu… Ni Connu. Un titre mensonger ! 2 millions d’entrées, le premier succès de Louis de Funès, qui fait alors la une de France Dimanche : « l’acteur le plus drôle de France ». Dans ce film, nous suivons les aventures de « Blaireau » un braconnier un peu sournois et de son petit chien, en rivalité avec le garde-champêtre du village… Sympathique et amusant, Ni Vu… Ni Connu ne peut que ravir les fans.

Fantômas : l’accès au vedettariat

fantomas

Les relations étaient de plus en plus tendues entre Louis de Funès et Jean Marais, à mesure que les Fantomas s’enchainaient

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Fantomas, un film de Jean Marais qui deviendra celui de Louis de Funès. « Intrépide et Hilare » selon le Monde, « irrésistible, énorme, gogo » pour La Croix… Dès la sortie du film, les critiques se portent sur le talent comique de Louis de Funès, laissant Jean Marais de côté, lui qui était pourtant en tête d’affiche de cette nouvelle réalisation d’André Hunnebelle. La jalousie ne tarde pas à pointer le bout de son nez : c’est évident, le succès de Louis de Funès devient de plus en plus grandissant. Cela se vérifie dans les suites de Fantomas où l’acteur devient chaque fois plus présent, jusqu’à devenir le personnage central dans Fantomas Contre Scotland-Yard, troisième et dernier film de la saga (Le deuxième s’intitule, pour rappel, Fantomas Se Déchaine, et se déroule en Italie). Jean Marais, quand à lui, relégué en second plan…

 

Le Gendarme de Saint-Tropez : De Funès, acteur populaire

le gendarme de saint tropez

Méchant avec les faibles, délicieux avec les plus forts… Voilà un trait de caractère chez le chef des logis Ludovic Cruchot, étrangement similaire aux autres personnages incarnés par De Funès

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Qui ne connait pas la gendarmerie de Saint-Tropez ? Qui n’a jamais entendu parler de Cruchot, Gerber, Fougasse, Merlot, Berlicot, et de Tricard ? En 1964, Louis de Funès endosse pour la toute première fois l’un des rôles les plus populaires de sa vie. Au total, il le portera six fois. Un costume qui lui a fait découvrir New-York, l’amour, les joies de la retraite,  les extra-terrestres, et évidemment, les gendarmettes !

La saga du gendarme, c’est avant tout la collaboration avec l’un de ses réalisateurs fétiches, Jean Girault (Faites Sauter La Banque, Pouic-PouicLe Tatoué, Les Grandes VacancesJo, et La Soupe Aux Choux) mais aussi avec ses meilleurs amis du cinéma, à savoir Grosso et Modo, Michel Galabru et sa biche Claude Gensac…

 

La Grande Vadrouille : Louis de Funès, la légende

la grande vadrouille

Quand un chef d’orchestre (De Funès) rencontre un peintre en batiment (Bourvil), cela fait des étincelles

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Bourvil-De Funès, sans nul doute l’un des plus grands duos comiques du cinéma français, si ce n’est le plus grand. La si belle complémentarité entre ces deux acteurs aux jeux pourtant si différents font de La Grande Vadrouille un chef d’œuvre. Les dialogues font mouche, chaque scène fait sensation : le film fait des étincelles. Encore aujourd’hui.

Le réalisateur Gérard Oury, auteur du Corniaud et plus tard des Aventures de Rabbi Jacob, avait envisagé une troisième collaboration. Malheureusement, le destin en a décidé autrement… Le merveilleux complice de Louis de Funès s’éteint en 1970, des suites d’une longue maladie. C’est finalement Yves Montand qui le remplacera dans La Folie des Grandeurs

 

Oscar : Au théâtre comme au cinéma

Oscar

Louis de Funès accompagné de Claude Gensac (qui fut 6 fois sa femme sur grand écran) et de Claude Rich

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Plus de 500 représentations théâtrales. Chaque soir, la même intensité, la même force, la même énergie. Oscar met en avant tout le talent de Louis de Funès. Il se montre précis, perfectionniste dans ses moindres faits et gestes. Tout est calculé, tout est réfléchi, afin de faire rire le plus possible le spectateur. Il n’est donc pas étonnant de savoir que son adaptation cinématographique est certainement l’un des seuls films avec De Funès où celui-ci exploite toutes ses capacités comiques. 

Pour la petite histoire, le tournage d’Oscar fut un véritable calvaire pour l’équipe du film. Louis de Funès, trop sérieux dans son travail, en devenait insupportable, exécrable envers les autres acteurs, notamment Claude Rich. Mais malgré les quelques embrouilles survenues sur Oscar, cela n’a pas empêché Edouard Molinaro de retravailler avec De Funès sur Hibernatus

 

L’Aile ou la Cuisse : Changement de cap

l'aile ou la cuisse

De Funès ou l’art du déguisement

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1973. Louis de Funès fait un double infarctus. La mort lui envoie un premier avertissement. Il lui faut donc du repos, beaucoup de repos. Finies les représentations théâtrales, terminée la nervosité, adieu le cinéma.

Pourtant, en 1976, Louis de Funès signe son grand retour sur les grands écrans. Enfin. Trois années que le public attendait cela, depuis la sortie des Aventures de Rabbi Jacob. Pour cette renaissance, Louis de Funès joue avec l’un des comiques les plus populaires du moment, Coluche. C’est par ailleurs son fils Olivier (qui joue avec lui dans la comédie policière Fantomas se Déchaine, le gourmet Le Grand Restaurant, le surexcité Les Grandes Vacances, l’histoire d’un homme retrouvé hiberné depuis plus de 60 ans Hibernatus, le médiocre Sur Un Arbre Perché, le très musical L’Homme Orchestre)  qui Mais de Funès n’est plus le même : il reste calme. On le sent diminué, on le voit nettement amaigri. Des médecins prennent soin de lui durant le tournage, l’acteur devant notamment suivre un régime très strict. Une ambulance est même affrétée. Malgré tout, son jeu se renouvelle et y met notamment un peu plus d’émotion. Et finalement, le duo fonctionne, le film cartonne, le succès est une fois de plus au rendez-vous. 6 millions d’entrées pour l’Aile ou la  Cuisse, une comédie signée Claude Zidi.

De Funès revient alors de plus en plus régulièrement au cinéma. S’enchainent alors La Zizanie avec Annie Girardot, Le Gendarme et les Extra-terrestres, et évidemment, la Soupe aux Choux aux côtés de Jean Carmet et Jacques Villeret.

L’Avare : Un rêve, depuis toujours

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Louis de Funès et Michel Galabru, deux grands complices du rire

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Il en a rêvé toute sa vie : incarner Harpagon au cinéma. En 1981, De Funès peut enfin se mettre dans la peau de son personnage préféré. Pourtant, il a eu maintes et maintes fois la possibilité de l’incarner, mais il ne s’est jamais senti prêt. Sauf cette fois-ci. Le moment était venu. Pour la énième fois, il s’entoure de Jean Girault (réalisation), Claude Gensac et Michel Galabru afin de mettre en scène l’Avare le plus fidèlement possible. Louis de Funès n’a sans doute jamais autant montré son bonheur devant une caméra, que devant celles qui ont filmé les scènes de l’Avare

Le Gendarme et les Gendarmettes : La fin

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Loin d’être le meilleur de la saga et encore moins de sa filmographie, Le Gendarme et les Gendarmettes reste pourtant un film hautement symbolique : c’est le dernier film de Louis de Funès. Lui qui a noué des liens forts avec le public grâce au Gendarme de Saint-Tropez, il a dû le quitter pour toujours avec Le Gendarme et les  Gendarmettes. Un beau matin de janvier 1983, Louis de Funès s’est éteint, alors qu’il cultivait les plus belles roses de son jardin. 

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Dans « La Folie des Grandeurs », Louis De Funès joue l’impitoyable ministre espagnol déchu

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